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DOSSIER PICK-UP : Un segment en plein développement

mardi 26 septembre 2017, par Antoine de Viveiros

La réussite d’un segment ou d’un type de véhicule en entreprise est largement conditionnée par ses qualités intrinsèques. Cela étant, la fiscalité pèse tout aussi lourd. C’est la réunion de ces deux éléments qui explique l’essor des ventes de pick-up en France. Plus confortables et plaisants à conduire que par le passé, ils peuvent remplacer avantageusement les gros 4x4 d’antan sans avoir à supporter une pression fiscale insupportable.

- 1 Une fiscalité favorable
- 2 Un marché dynamique
- 3 Des véhicules modernes et confortables
- 4 D’autres nouveautés à venir


1 : Une fiscalité favorable

Alors que les grands monospaces et les gros 4x4 ont disparu des parcs des entreprises, crucifiés par la TVS et le malus tous deux établis sur la base des émissions de CO2, les pick-up continuent à bénéficier d’une fiscalité favorable grâce à leur statut de véhicule utilitaire comme le souligne un responsable de chez Ford : « Les pick up, qu’ils soient à simple cabine, cabine approfondie ou encore double cabine, sont exonérés de la TVS et de malus à l’achat. En plus, les versions simple et supercab ou cabine approfondie, bénéficient de la récupération de TVA ».

Un point de vue partagé par Isuzu France : « L’avantage fiscal est fortement intéressant. Nos pick-up sont dépourvus d’écotaxe, de TVS et la TVA est récupérable sur les modèles Single et Space (cabine simple et approfondie). En plus, la mentalité des clients change, la vitesse et la course à la puissance n’est plus une exigence de nos jours, bien au contraire. Le pick-up complète un mode de vie qui évolue vers le changement ».

Chez Mitsubishi, à l’argument fiscal « pur » s’ajoute celui qu’une « entreprise ou un artisan peuvent profiter des atouts d’un véhicule utilitaire avec le look, l’agrément et les prestations d’un gros SUV ». Il convient néanmoins d’être prudent concernant les versions double-cabines qui, sauf exception, ne permettent pas une récupération de TVA car étant considérés comme des voitures particulières (malgré leur carte grise VU) du fait de leur « usage » et de leurs cinq places. De nombreuses entreprises ayant joué ont dû faire face à une requalification par l’administration fiscale et s’acquitter d’un redressement. Les versions à cabine simple (deux places) et cabine approfondie (deux places + deux strapontins d’appoints) peuvent, elles, bénéficier d’une récupération de TVA dans le cadre d’une utilisation professionnelle.

2 : Un marché dynamique

Le marché des pick-up en France est globalement resté stable ces dernières années. Il était la chasse gardée des constructeurs asiatiques et japonais en particulier. Leur savoir-faire indéniable reste évident mais les choses changent, notamment sous l’impulsion de nouveaux constructeurs qui ont dévoilé des pick-up moins rustiques et plus proches de l’agrément de conduite d’un gros 4x4 que d’un camion. Associé à une fiscalité favorable et au renouvellement récents de tous les modèles (norme antipollution Euro 6 oblige) et cela a donné à segment de marché un tonus inédit.

Acteurs traditionnels vs nouveaux entrants

Les marques historiquement présentes sur le segment de marché du pick-up sont, dans l’ordre alphabétique, Isuzu, Mitsubishi, Nissan et Toyota. A ce quatuor de choc, il convient de rajouter Ford qui est présent depuis de nombreuses années, d’abord via un accord avec Mazda et, depuis le lancement de la dernière génération de Ranger, en totale autonomie. Les stratégies industrielles mondiales des constructeurs ont poussé des marques qui ne s’étaient jamais intéressées au marché du « gros » pick-up, affichant une tonne de charge utile, à lancer leur modèle.

Cela a été le cas de Volkswagen avec son Amarok et, plus récemment, de Fiat avec son Fullback. Tout cela a permis au marché français de connaître un dynamisme sans précédent ces derniers temps. « Le marché a progressé de 34 % en 2016 et poursuit sa hausse avec +25 % sur l’année 2017. Ce dynamisme vient d’un marché qui a été entièrement renouvelé sur 18 mois avec pas moins de 7 lancements, restylages ou nouveaux modèles. Les SUV ont remplacés beaucoup de « vrais » 4x4 et le pick-up est aujourd’hui une alternative. Les pick-up proposent aujourd’hui des niveaux de finition bien supérieurs à ce qui était disponible il y a encore peu de temps sur le marché » explique Yves Le Comte, directeur marketing de Fiat Professionnal.

Chez Ford, on se réjouit des résultats du Ranger puisque le pick-up domine le marché Hexagonal depuis 2015. Cette année-là, sur un marché à 12 732 immatriculations, le Ranger s’est écoulé à 3 669 exemplaires, n°1 des ventes. Idem en 2016 avec 5 348 ventes de Ranger (+ 45 %) sur un marché à 16 639 (+ 30 %) et pour 2017 à fin mai : 6 959 immatriculations (+ 23 %) et 2 156 Ranger, toujours n°1 des ventes à (+ 16 %). Les responsables de la marque à l’ovale bleu expliquent ces résultats par le fait que « Les pick-up, dont le Ford Ranger, sont des véhicules très polyvalents, à la fois utilitaires par leurs capacités d’emport et proches d’un véhicules particuliers grâce à la nette hausse des finitions, le niveau de confort et d’équipements désormais disponibles. C’est le meilleur des deux mondes, notamment pour des artisans, agriculteurs ou petites entreprises, qui doivent utiliser leur véhicule pour des multiples usages ».

Chez Isuzu, même constat sur ce marché : « L’évolution du marché du pick-up en France est positive. Notre gamme D-Max Euro 6 dotée de la technologie sans Adblue est en train de prendre place sur le segment. Cette technologie intéresse beaucoup de clients et certains patientent jusqu’à plusieurs mois pour recevoir leurs véhicules. Cette embellie devrait permettre à Isuzu de retrouver des couleurs après une année 2016 en demi-teinte (1 950 unités vendues) du fait de la transition Euro 5 b+ vers Euro 6. Nous espérons réaliser plus de 2 100 ventes cette année ». Chez Mitsubishi aussi, le constat d’un marché dynamique est évident : « Entre 2015 et 2016, ce segment a évolué de plus de 30 % en volume pour représenter 19 510 immatriculations sur 2016. Sur la période de janvier - mai 2017, l’évolution est de + 23 % vs 2016, ce qui laisse présager que le cap des 20 000 immatriculations sera dépassé sur 2017.

C’est donc un segment de marché extrêmement dynamique et porteur. La marque a écoulé 1 750 pick-up L200 en 2016 et nous prévoyons d’approcher les 2 000 unités sur 2017 ». De son côté, Toyota est l’un des grands noms de ce secteur, depuis plusieurs décennies. Selon les responsable VU de la marque, « En France, le marché du pick-up a poursuivi sa croissance en 2016 (+ 32 %), nourrie notamment par le renouvellement de modèles leaders dont le Hilux. Sur 2017, la croissance se poursuit (+ 1 %) avec une baisse des principaux acteurs notamment Ford Ranger et Nissan Navara. De son côté le nouveau Hilux a enregistré une forte croissance (+ 100 % depuis le début 2017 vs 2016, second du segment avec 23 % de part de marché et leader sur les ventes à société en mars avec 25,3 % de part de marché.

Ce marché 2017 stable est la résultante d’un retour à la normal après deux années de lancements produit très dynamiques. On assiste à un rééquilibrage des forces en présence où trois acteurs détiennent 75 % de part de marché. Volkswagen a été le premier constructeur européen à oser venir batailler sur ce marché des pick-up 1 tonne avec son Amarok. Un modèle qui rencontre un réel succès comme l’explique les responsables de Volkswagen Utilitaire : « Le marché France du pick-up a augmenté de 28 % entre avril 2016 et avril 2017. Durant cette même période, nous avons augmenté nos ventes de 42 % sachant que nous n’avons lancé le nouvel Amarok qu’en septembre de l’année dernière. Les résultats devraient être encore bien meilleurs en septembre 2017 à la fin de la première année de vie du nouvel Amarok. La dynamique du marché s’explique par le renouvellement de l’ensemble des acteurs qui a permis à ce marché de sortir de sa léthargie. La « montée en gamme » Premium assumée de VW et de quelques autres concurrents a également permis d’élargir le segment à des clientèles nouvelles ».

3 : Des véhicules modernes et confortables

L’intégralité des pick-up ont été modifiés, restylés ou remplacés entre 2015 et 2016 afin de pouvoir répondre à la norme antipollution Euro 6. Ces nouveaux modèles affichent tous des consommations en baisse et des prestations de confort en nette amélioration, rendant les pick-up de dernière génération proche de ce qu’offraient les gros 4x4 il n’y a pas si longtemps.

Fiat Fullback : Un italien aux yeux bridés

Pour compléter sa gamme d’utilitaires, Fiat s’est tourné vers Mitsubishi et son L200, à peine modifié, pour donner naissance au Fullback. La gamme du Fullback comprend une version double-cabine mais aussi une version à cabine approfondie (2+2), une version simple cabine ainsi qu’une version châssis-cabine pour accueillir toute sorte de carrosseries. Les lignes sont identiques à celle du L200 à la calandre près. Dans l’habitacle aussi le Fullback ne se distingue du japonais que par son logo au centre du volant.

Sous le capot prend place le moteur du Mitsubishi, un 2.4 l turbo diesel développant 150 ou 180 ch. Logiquement, le Fiat affiche les mêmes performances et les mêmes capacités d’emport que le L200, des valeurs d’ailleurs très bonne. Sur la route, le Fullback reste très sain même si ses suspensions sont davantage faites pour le tout-terrain et pour supporter les lourdes charges que pour aligner les kilomètres sur l’autoroute. Les ressorts à lame arrière aiment à se rappeler au bon souvenir des occupants.

En franchissement, le pick-up Fiat peut compter sur son blocage de différentiel central (en série) et arrière (en option) pour offrir des prestations de premier ordre. De quoi attirer nombre de professionnels d’autant que, pour rassurer ses nouveaux clients (la marque n’a jamais eu de gros pick-up au catalogue), Fiat fait un effort sur les tarifs, le rapport prix/équipement et une garantie 5 ans ou 150 000km.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations  : 2 242 cm3
Puissance  : 154 / 181 ch
Equipements de série : ABS, ESP, volant réglable en hauteur, climatisation manuelle, airbags frontaux, contrôle de traction de la remorque, aide au démarrage en côte, blocage de différentiel AR
Poids tractable maxi  : 3 100 kg
Charge utile : 1 030 kg
L x l x h : 5 205 x 1 815 x 1 780 mm
Dimensions benne : (L x L x h) : 1 850 x 1 470 x 475 mm
A partir de : 28 155 € HT

Ford Ranger : Un goût d’Amérique

C’est l’année dernière que Ford a profité du passage à la norme antipollution Euro 6 pour remettre son Ranger au goût du jour, même si ce modèle n’en n’avait pas réellement besoin compte tenu de son succès commercial. Cette génération de Ranger restylé profite de nombreuses améliorations techniques et d’équipement permettant au Ranger d’afficher des performances élevées et un confort de roulage en progrès, y compris sur route, à condition qu’il soit un peu chargé. Esthétiquement, les changements sont minimes et le Ranger s’inspire encore un peu plus du gros pick-up de la marque vendu aux USA, le F-150.

Il en impose toujours du fait de ses dimensions : 5,40 m de long, 1,86 m de large et 1,80 m de haut. Ces grandes dimensions s’accompagnent d’une capacité d’emport maxi de 1 220 kilos sur la version à cabine approfondie. Le pick-up Ford est naturellement disponible en version simple et double cabine. La version 2016 du Ranger sait aussi se faire plus accueillant. La nouvelle planche de bord s’inspire des dernières productions de la marque et ressemble davantage à une planche de bord de voiture que d’utilitaire.

L’écran de 5 pouces ridicule de l’ancienne version laisse place à un écran tactile de 8 pouces à partir de la finition Limited, un écran identique à ceux des autres voitures de la marque. Le Ranger dispose de deux blocs moteurs : un quatre cylindres 2.2 l TDCi de 130 ou 160ch et un 5 cylindres TDCi 3.2l de 200 ch. Ces versions améliorées des précédentes offrent des prestations en hausse et des consommations en baisse. En tout terrain, le Ranger peut compter sur sa boîte courte et son blocage de différentiel pour passer là ou peu de véhicules peuvent évoluer. Il est enfin possible de choisir son rapport de pont pour ceux qui doivent souvent tracter lourd ou évoluer en tout terrain.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations  : 2 198 cm3
Puissance  : 160 ch
Equipements de série : Direction assistée, 7 airbags, ABS, ESP, antipatinage, aide au démarrage en côte, vitres teintées électriques, climatisation, autoradio Bluetooth, fermeture centralisée avec télécommande, rétros dégivrants…
Dimensions benne : 1,85 x 1,56 m
Charge utile : 1 220 kg
L x l x h : 5 360 x 1 860 x 1 800 mm
Longueur de chargement : 1 847 mm
A partir de : 26 290 € HT

Isuzu D-Max : Un dur à la tâche

L’Isuzu D-Max a été le dernier pick-up de la catégorie à profiter d’un renouvellement de gamme à l’occasion du passage à l’Euro 6. S’il conserve ce qui a fait la tradition de ce modèle (endurance et robustesse) il se pare de nouveaux atours beaucoup plus civilisés. Il reste disponible en simple cabine, cabine approfondie et double cabine. Extérieurement, le restylage porte principalement au niveau de la face avant (calandre, feux de jour à LED…), plus agressive et moderne que par le passé.

A l’intérieur, la planche de bord reste dans la moyenne basse de la catégorie : le plastique dur noir est omniprésent et l’ensemble affiche une qualité d’assemblage quelconque. Le D-Max est avant tout un véhicule à vocation professionnelle et cela se ressent dans son traitement intérieur. Cela étant, Isuzu a tenu compte de l’évolution des attentes des utilisateurs en dotant son pick-up de la climatisation en série par exemple. Les finitions supérieures permettent de disposer d’un écran tactile et d’un système de navigation intégré.

La principale évolution porte sur la mécanique avec l’adoption d’un tout nouveau moteur maison turbo diesel 1.9 l 164 ch qui remplace le 2.5 l 163 ch. Ce moteur est le seul de la catégorie à se passer d’Adblue et fait appel à un système de type trappe à NOx. Autre nouveauté : la boîte de vitesse mécanique (à 6 rapports) 100 % maison également. Au volant, le D-Max reste un D-Max, c’est-à-dire un vrai pick-up de travailleur, plus endurant que confortable. Il prend sa revanche en franchissement et affiche de très belles capacités de franchissement. Le D-Max profite d’une garantie 5 ans.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations : 1 898 cm3
Puissance  : 164 ch
Equipements de série : ABS, ESP, volant réglable en hauteur, climatisation manuelle, airbags frontaux, latéraux et rideaux, régulateur de vitesse en descente, aide au démarrage en côte, vitres électriques
Poids tractable maxi : 3 500 kg
Charge utile : 1 010 kg
L x l x h : 5 300 x 1 860 x 1 790 mm
Dimensions benne : (L x L x h) : 1 580 x 1 530 x 465 mm
A partir de 17 160 € HT

Mitsubishi L200 : De notables progrès

Le Mitsubishi L200 en est à sa cinquième génération. Autant dire que la marque dispose d’une expérience et d’un savoir-faire important. Par rapport à la précédente, lancée presque dix ans auparavant, tout a été modifié ou presque. Seul point commun : le L200 fait toujours appel à un solide châssis de type échelle afin d’assurer robustesse, résistance à la charge et la souplesse nécessaire à ce type de véhicule notamment en tout-terrain. Le L200 arbore une face avant alliant puissance et agressivité maîtrisée. L’ensemble paraît plus élégant et plus discret même si le gabarit reste imposant.

Le L200 est disponible en deux silhouettes : Club Cab 4 places (avec portes antagonistes) et Double Cab 5 places. Mitsubishi a aussi fait évoluer la motorisation de son pick-up qui fait désormais appel à un 2.4 l turbo diesel inédit proposé en deux niveaux de puissance (154 et 181 ch). Le L200 est disponible soit en cabine approfondie, soit en double cabine. Il peut aussi être commandé en version châssis-cabine pour recevoir toute sorte de carrosseries. Les versions d’entrée de gamme sont proposées avec une transmission « Easy Select » dépourvue de différentiel central et avec blocage du différentiel arrière depuis une commande à bord.

Les finitions supérieures profitent d’une transmission intégrale permanente avec boîte courte dite « Super Select 4WD II ». Le passage des différents modes se fait à l’aide d’une simple molette et non plus manuellement et un verrouillage de différentiel central est présent, tout comme un autobloquant ce qui permet de rouler en quatre roues motrices à n’importe quelle vitesse sur route, un gage de sécurité sur sol mouillé à vide. L’intérieur est plaisant, proche de celui des SUV de la marque et la finition en net progrès. Enfin, le L200 est garanti 5 ans ou 100 000 km.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations  : 2 242 cm3
Puissance  : 154 / 181 ch
Equipements de série : ABS, ESP, volant réglable en hauteur, climatisation manuelle, airbags frontaux, contrôle de traction de la remorque, aide au démarrage en côte, blocage de différentiel AR
Poids tractable maxi : 3 100 kg
Charge utile : 1 030 kg
L x l x h : 5 205 x 1 815 x 1 780 mm
Dimensions benne (L x L x h) : 1 850 x 1 470 x 475 mm
A partir de : 23 000 € HT

Nissan Navara : Au goût du jour

Le premier Navara a étonné par son look agressif et ses performances élevées. De ces deux points de vue, la seconde génération est en retrait. Le nouveau Navara arbore des lignes beaucoup plus sages et plus consensuelles. Le Navara dispose d’une transmission intégrale quel que soit le modèle (King Cab ou double cab, la version simple cabine ayant disparu du catalogue). A l’intérieur aussi les choses ont changé, dans le bon sens. Les matériaux employés sont de bien meilleure facture et les assemblages sont en net progrès.

L’espace à bord est important et les passagers sont à leur aise, sauf ceux des places arrière qui devront faire avec un dossier très vertical. Les versions haut de gamme du Navara offrent de très nombreux équipements de confort et de sécurité, à l’image des autres modèles de la marque avec le fameux « Safety Shield ». Le Navara peut par ailleurs recevoir des équipements assez rares dans la catégorie comme la caméra 360 ° qui peut permettre de sortir de passages délicats notamment en franchissement. Car le Navara, bien que plus VP que jamais, reste un vrai franchisseur.

Sous le capot, le V6 des anciennes générations a malheureusement disparu. C’est un quatre cylindres 2.3 l dCi d’origine Renault décliné en deux niveaux de puissance (160 ou 190 ch) qui officie. Une mécanique plaisante et réussie mais qui ne parvient pas à faire oublier les versions « multicylindres » d’avant. Sur route, le confort est bon, surtout avec les versions double cabine qui abandonnent les classiques ressorts à lames au profit d’un système multibras avec ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barre stabilisatrice.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations : 2 298 cm3
Puissance  : 160 / 190 ch
Equipements de série : ABS, ESP, 7 Airbags, régulateur/limiteur de vitesse, limiteur de vitesse à la descente, vitres électriques, volant réglable en hauteur, verrouillage centralisé des portes à distance, autoradio avec commandes au volant…
Benne L x l  : 1 580 x 1 560 mm
Charge utile (kg) : 1 023 à 1 222 kg
L x l x h : 5 330 x 1 850 x 1 820 mm
A partir de : 27 650 € HT

Toyota Hilux : Le roi déchu

Longtemps, le Toyota Hilux a régné en maître absolu sur le marché des pick-up français. Détrôné par le Ford Ranger, le nouveau Hilux, lancé l’année dernière, entend bien reprendre sa couronne. Pour cela, Toyota, grand nom du pick-up à travers le monde depuis 1968, a tout remis à plat. Cette huitième génération de Hilux grandit. Dans le même temps, il affiche clairement ses ambitions au travers d’une face avant agressive à souhait avec sa large calandre. Les changements sont aussi d’ordre technique avec des suspensions beaucoup plus agréables pour les occupants que par le passé.

L’habitacle est bien insonorisé et le nouvel Hilux se rapproche, du point de vue confort, de la référence de la catégorie, le Volkswagen Amarok. La nouvelle planche de bord est flatteuse et la finition en net progrès. Les équipements high-techs ont aussi droit de parole, comme cet écran tactile 7’’. Sous le capot aussi, le changement est important puisque désormais les clients n’ont plus le choix que d’un seul moteur, le 2.4 D-4D 150 ch. Simplification aussi de la gamme avec la disparition de la version 4x2 du simple cabine.

Car le Hilux sort le grand jeu : simple cabine, cabine approfondie ou double cabine, au choix. Bien entendu, qui dit Toyota Hilux dit forcément grandes capacités de franchissement. La dernière génération ne déroge pas à cette règle et, avec sa garde au sol importante, sa boîte courte, son blocage de différentiel arrière, son contrôle de traction roue par roue ou son contrôle de vitesse en descente, le Hilux passe presque partout. Attention quand même à son gabarit imposant.

FICHE TECHNIQUE
Motorisations  : 2 393 cm3
Puissance  : 150 ch
Equipements de série : ABS, ESP, 7 airbags, différentiel arrière blocable, climatisation manuelle, allumage automatique des phares, volant réglable en hauteur et en profondeur, vitres électriques, rétroviseurs électriques dégivrants…
L x l x h  : 5 330 x 1 860 x 1 820 mm
Poids tractable maxi  : 3 500 kg
Charge utile maxi : 1 060 kg
Dimensions benne (L x L x h) : 1 525 x 1 645 x 480 mm
A partir de 21 935 € HT

Volkswagen Amarok : Un plaisir unique

Volkswagen est le seul constructeur à oser utiliser à fond la faille de la fiscalité française et proposer un V6 3.0 l TDi sous le capot de son Amarok. Ce gros moteur est apparu à l’occasion du léger restylage et du passage à la norme Euro 6. Ce V6 3.0 TDi est proposé en trois niveaux de puissance : 163, 204 et même 224 ch ; à noter que pour le moment, seules les versions 204 et 224 ch sont disponibles en France. Ces moteurs donnent immédiatement le sourire à la mise en marche. Le bruit est plaisant et à la moindre pression sur l’accélérateur, le capot de l’Amarok se lève et le pick-up bondit en avant.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une ballerine mais les performances sont élevées et le confort d’un très bon niveau. En revanche, il convient de rester prudent à vide même si les nombreuses aides électroniques veillent au grain. Les évolutions esthétiques sont discrètes et ne portent que sur la face avant avec l’apparition d’une nouvelle calandre, de nouveaux phares ainsi que de nouveaux boucliers. Le reste n’évolue pas et la caisse, tout comme la benne (une des plus grandes de la catégorie) restent identiques. Malgré son gabarit imposant et son poids élevé sur la balance, l’Amarok est un vrai 4x4 et capable de belles performances en tout-terrain.

Il est proposé en trois types de transmissions : permanente 4Motion, intégrale enclenchable et 4x2 (uniquement sur le 163 ch). A l’occasion du restylage, Volkswagen a enrichi la dotation en équipement de son pick-up, surtout dans les finitions haut de gamme (Carat et Aventura) avec notamment l’interface « App Connect ».

FICHE TECHNIQUE
Motorisations  : V6 2 967 cm3
Puissance  : 204 / 224 ch
Equipements de série : ABS, ESP, 7 airbags, freinage automatique post-collision, ordinateur de bord, antibrouillards, jantes en alliage 17", antibrouillards, vitres teintées, volant multifonction, climatisation semi-automatique, verrouillage centralisé, régulateur de vitesse…
L x l x h : 5 321 x 1 954 x 1 834 mm
Poids tractable maxi : 3 500 kg
Charge utile maxi : 1 000 kg
Dimensions benne (L x L x h) : 1 555 x 1 620 x 508 mm
A partir de 34 880 € HT

4 : D’autres nouveauté à venir

Les ambitions planétaires des constructeurs les incitent à conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux segments de marché. Si le pick-up reste encore anecdotique chez nous, malgré une belle progression ces dernières années, ce type de véhicule est absolument incontournable dans certains pays, notamment en Asie ou en Amérique du Sud. C’est d’ailleurs ce potentiel de marché mondial qui a incité Volkswagen puis Fiat à investir le marché, profitant au passage de cette nouvelle offre produit pour introduire leur pick-up sur le marché Hexagonal.

Les choses vont encore évoluer dans les mois à venir avec l’arrivée de deux nouveaux poids lourds dans la danse : Renault et Mercedes. Côté Renault, l’Alaskan devrait débarquer chez nous à la rentrée. Pour mettre au point son pick-up, Renault n’a eu qu’à se tourner vers l’autre marque de l’Alliance. Nissan dispose en effet d’une expertise certaine sur ce segment de marché depuis de nombreuses années. L’Alaskan est un Navara à peine modifié esthétiquement. Nul doute que l’Alaskan disposera de très bonnes qualités utilitaires et de capacités de franchissement intéressante compte tenu du véhicule « source ». D’ailleurs le Navara et donc l’Alaskan utiliseront le bloc moteur 2.3 l dCi étroitement dérivé de celui qui équipe le Master. Pas de souci côté produit donc.

En revanche, Renault va devoir défricher un terrain vierge pour lui. Nul doute que la puissance du réseau dans l’Hexagone et le savoir-faire de la marque en matière d’utilitaires vont aider les choses. D’ailleurs le Losange a d’ores et déjà développé et dévoilé plusieurs versions carrossées de son Alaskan lors du Salon de Hanovre en septembre dernier. Encore faut-il que les clients poussent les portes des show-rooms ; c’est d’ailleurs cela qui a incité Fiat à proposer son Fullback (un clone du Mitsubishi L200) d’une garantie plus longue que celle du modèle d’origine.

De son côté, Mercedes profite aussi de son accord industriel avec Renault en matière d’utilitaires pour proposer d’ici la fin de l’année, son pick-up Classe X. Lui aussi s’appuie sur la base technique du Navara mais reçoit une carrosserie qui le différencie plus nettement de ses cousins plus roturiers. Idem à l’intérieur où le traitement devrait être proche de celui des automobiles de la marque. Enfin, sous le capot, nul doute que le 2.3 l turbo diesel d’origine Renault sera à l’ouvrage mais Mercedes devrait aussi proposer des motorisations plus puissantes, issues directement de sa propre banque d’organes.

Enfin, PSA ne va pas en rester là et a annoncé le lancement en septembre, en Afrique, d’un pick-up dérivé d’un modèle proposé par Dongfeng sur une base, là encore, Nissan. Ce véhicule s’annonce plus rustique que les modèles proposés en Europe mais PSA est également partenaire industriel de Toyota pour les utilitaires. Nul doute qu’une vraie réflexion portant sur l’introduction d’un pick-up Peugeot et/ou Citroën est à l’ordre du jour chez PSA. Affaire à suivre.

Dossier réalisé par Guillaume Geneste

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