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Deux roues en entreprise : Une lente évolution

vendredi 23 février 2018, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

1) Si le marché du deux roues est globalement stable en 2017, la part des ventes à professionnels est en légère progression
2) L’association deux roues et accidents reste encore et toujours le premier frein à l’introduction de ces véhicules dans l’entreprise
3) La formation des conducteurs et un bon équipement de sécurité sont essentiels pour limiter les risques liés à l’utilisation des deux roues
4) Les deux roues bénéficient encore d’avantages fiscaux et permettent d’améliorer la productivité de certains collaborateurs en diminuant les temps de parcours


Un marché qui progresse

Les ventes de deux (et trois) roues neufs en France, devraient représenter environ 150 000 immatriculations sur l’année 2017. Comment évolue ce marché et quelle est la part de deux (et trois) roues vendus en entreprises ?

« Le marché du deux roues est globalement stable cette année et devrait atteindre les 150 000 véhicules pour 2017. Honda enregistre une hausse de sa part de marché avec 19 % des ventes. La part des ventes à professionnels est en progression et représente environ 10 % de ce marché, soit 15 000 véhicules sur l’année. Sur ces 15 000 véhicules, les artisans, commerçants, professions libérales représentent 75 % des immatriculations (soit environ 10 000 immatriculations), le reste étant représenté par des marchés publics ou des auto-écoles » explique Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France.

Selon Damien Bonomo, chef de projet mobilité urbaine BMW Motorrad France, « chez BMW, les ventes à entreprise devraient atteindre les 2 000 immatriculations, en hausse de 7 % par rapport à l’année dernière. Les professionnels représentent environ 27 % des ventes ; il s’agit le plus généralement de professions libérales ou d’artisans avec une machine par entreprise. Chez nous, il convient de distinguer plusieurs marchés avec d’un côté notre maxi scooter C650, sans oublier sa déclinaison 100 % électrique C Evolution et de l’autre côté les grosses motos avec les RT1200, GS 1200 et K1600 GT. Nos véhicules sont souvent utilisés de façon intensive par les dirigeants de l’entreprise dans le cadre de leurs déplacements et rendez-vous professionnels. Il convient aussi de souligner que les financements sont largement appréciés par ces acheteurs puisque plus de 35 % des ventes sont associées à une LOA ou de la LLD ».

« Il convient effectivement de dissocier les maxi scooters et les grosses cylindrées d’un côté et les petits scooters d’une cylindrée maximale de 125 cm3 de l’autre ; la clientèle est très différente. Les premiers sont plutôt l’apanage des chefs d’entreprises ou des « commuters » qui sont extra-urbains et sont appeler à utiliser plusieurs modes de transport ; les seconds sont des véhicules beaucoup plus utilitaires. Honda propose aussi des modes de financement comme la LOA, le crédit-bail ou la LLD, des formules qui progressent régulièrement » confirme Emmanuel Mouzon.

« Chez Peugeot, nous ne proposons que des scooters, dans le cadre de l’usage que vous venez de citer. Nous avons même développé une gamme spécifique pour les métiers de la livraison sur la base de nos modèles 50 et 125 cm3. Ces modèles sont renforcés et disposent d’une capacité d’emport d’une trentaine de kilos. Nous poursuivons par ailleurs notre développement sur notre modèle Métropolis, à trois roues. Il dispose d’un moteur 400 cm3 qui offre une solution intéressante pour une recherche de mobilité professionnelle. Nous avons aussi développé une version professionnelle de ce modèle pour certaines polices municipales. Enfin, la gamme comprend aussi un scooter 100 % électrique, un équivalent 50 cm3, idéal pour la ville » affirme Mikaël Barreau, responsable grands comptes France Peugeot Scooters.

« Notre scooter électrique C Evolution, un équivalent 125 cm3, rencontre un réel succès ; il devrait représenter près de 10 % de nos ventes à professionnels cette année. Ces acquéreurs affichent un profil proche des utilisateurs de grosses cylindrées mais sont aussi à la recherche d’un véhicule plus pratique et sans émissions dans le cadre d’une utilisation urbaine. Il y a aussi un message fort qui est envoyé vers la clientèle visitée » précise Damien Bonomo. « Cela étant, les possesseurs de BMW 1200 RT cherchent à associer une forte mobilité en ville et un réel plaisir à l’usage » ajoute Bertrand Lamarche, consultant du cabinet conseil ERCG.

Plus rapides mais plus dangereux

Les déplacements en deux roues en ville sont synonymes de gains de temps et donc, potentiellement, d’une meilleure productivité pour l’entreprise. Néanmoins, le chargement du véhicule pour les métiers du dépannage ou de la livraison, doit être bien appréhendé, tout comme l’équipement du conducteur, seule protection sur un deux roues en cas d’accident. « Un point très important, dans le cadre d’une utilisation urbaine des deux roues, c’est la maîtrise des temps de déplacement, ce qui peut permettre d’augmenter sa productivité. Il devient possible d’assurer des rendez-vous supplémentaires grâce au temps gagné dans les déplacements, un argument fort pour de nombreuses entreprises » souligne Emmanuel Mouzon. « 

Un autre point me semble important : c’est le problème du chargement des deux roues. Nos versions professionnelles sont spécialement étudiées pour cela et sans remettre en cause l’équilibre du véhicule, une donnée essentielle sur un deux roues. Par ailleurs, la largeur des voies en ville a tendance à diminuer, ce qui complique la circulation et favorise le développement du deux roues en entreprise, compte tenu de ce facteur de garantie des temps de parcours » rajoute Mikaël Barreau.

« Concernant la capacité d’emport, les vélos à assistance électrique (VAE) de type Cargo répondent parfaitement à cette problématique. Ils sont parfaitement adaptés à la livraison du dernier kilomètre et permettent d’emporter du matériel ou des colis sans problème. En revanche, je tiens à souligner l’importance de l’équipement au niveau de la sécurité. Le marché des vélos en entreprise, dans le cadre d’un usage urbain ou péri-urbain grâce aux VAE, est en train d’émerger » tient à souligner Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste.

« Il ne faut effectivement pas négliger le facteur sécurité et la peur des accidents que génèrent les deux roues. Il reste évident que circuler en deux roues est plus dangereux qu’en voiture et surtout que les conséquences d’un accident sont forcément plus lourdes. Il convient d’avoir un équipement de sécurité (casque, gants blouson, voire gilet airbag) de qualité et récent » ajoute Mikaël Barreau. « De ce point de vue, la cohabitation entre autos, camions et deux roues est nettement moins bonne que dans d’autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas ou les pays nordiques » rappelle Bertrand Lamarche.

Selon Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France, « sans formation, le risque est naturellement plus élevé ; c’est pour cela que nous avons mis en place un partenariat avec les ECF, tant pour la formation initiale que pour des formations post-permis ». « Il ne faut pas oublier que c’est l’entreprise qui détermine les missions que doit accomplir le collaborateur ; c’est un point très important. Dès lors, l’entreprise se doit de mettre en place les formations nécessaires en relation avec cette mission » souligne Bertrand Lamarche, d’ERCG.

« Chez nous, les accidents sont davantage le fait de conducteurs jeunes et peu expérimentés. Quant au passage au deux roues en entreprise, les demandes émanent généralement des collaborateurs, très peu des responsables du parc des entreprises. Après, si la demande est acceptée en interne, les deux roues entrent dans la car-policy de l’entreprise et il n’y a plus vraiment de frein en interne même si la formation des utilisateurs de deux roues est et reste essentielle » explique Pascal Courtois, président 2RFleet services. « C’est pour cela que nous nous devons d’accompagner par une formation les collaborateurs qui veulent passer au deux roues » insiste Emmanuel Mouzon.

« Il ne faut pas oublier que le trajet domicile-travail est intégré aux déplacements professionnels des collaborateurs. Dans beaucoup de grandes entreprises, les collaborateurs ont interdiction de venir travailler en deux roues à cause de cela » rappelle Pascal Courtois. « Nous proposons aussi des programmes de formation pour les conducteurs de deux roues. Quant aux trajets domicile-travail, l’entreprise doit pouvoir prouver qu’elle a tout mis en place pour se couvrir vis-à-vis de ce risque et dégager sa responsabilité en cas d’accident. Nous proposons un service de A à Z, avec audit auprès des RH, des services généraux, des formations, des bilans précis des utilisateurs de deux roues dans l’entreprise, concernant aussi bien les vélos que les scooters ou les motos. Les plans d’action en entreprises concernent tous les véhicules » affirme Damien Bonomo, chef de projet mobilité urbaine BMW Motorrad France.

« Le remplacement des deux roues motorisés par des VAE à La Poste s’accompagne naturellement de formations régulières pour les personnes en exploitation : prise en main des VAE, suivi, habilitation du collaborateur... Ce passage accompagné est très bien perçu par les collaborateurs à partir du moment où l’outil qu’est le vélo est bien adapté à la mission » sourit Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste. « Nous essayons aussi de lancer des formations avec nos clients professionnels pour toutes ces raisons. L’obligation des 7 heures de formation pour la conduite des 125 cm3 est un premier pas en ce sens » souligne Mikaël Barreau, responsable grands comptes France Peugeot Scooters.

« Du point de vue de la sécurité, il faut aussi souligner que l’accidentologie est la même entre les scooters deux et trois roues » tient à rappeler Emmanuel Mouzon. « Chez 2RFleet, où les scooters trois roues représentent environ 60 % de la flotte, il n’y a pas moins d’accident avec ce type de véhicule qu’avec des scooters ou motos deux roues. Les motos sont de plus en plus sûres, notamment avec le déploiement de l’ABS. En revanche, il y a certaines réticences à la formation dans les PME et les TPE, ce qui est dommage » expose Pascal Courtois. « Le choix du trois roues est davantage le fait de conducteur plus âgés, qui ont généralement une conduite plus sûre » tempère Mikaël Barreau.

« Avec le trois roues, il y a une compensation entre conducteurs moins bien formés et conduite plus prudente » confirme Bertrand Lamarche. « Il faut aussi insister sur la qualité de l’équipement du conducteur de deux roues qui va limiter les conséquences en cas d’accident. Chez Peugeot Scooters, nous préconisons le choix d’un casque intégral, plus sûr que les autres types de casques disponibles sur le marché, des gants de qualité (je rappelle que le port de gants est obligatoire pour la conduite d’un deux roues motorisé) et nous proposons des blousons ainsi que des gilets airbags, un vrai plus pour la sécurité, avec nos partenaires » reprend Mikaël Barreau. « Le panier moyen en équipement de qualité, casque gants, blouson…, varie entre 1 500 et 2 000 euros ; bien entendu, ce montant est intégré dans le loyer de la location longue durée, un des avantages de ce type de financement » explique Pascal Courtois.

Le deux roues électrique

Les problèmes de pollution et la peur de ne pas pouvoir entrer dans les centres-villes dans le futur font que les véhicules électriques sont de plus en plus demandés, même s’ils ne représentent encore qu’une faible part du parc roulant. Ce phénomène d’appétence grandissante pour les véhicules électriques se retrouve-t-il dans le secteur des deux et trois roues ? « Les deux roues électriques sont effectivement d’actualité. De plus en plus de grosses flottes passent à l’électrique. De fait, le BMW C Evolution rencontre un vif succès commercial. Il faut faire néanmoins attention avec certains produits 100 % électriques qui ne sont que des assemblages et proposés à des prix très alléchants mais qui dissimulent des véhicules pas toujours très bien construits et qui ne sont pas d’une très grande fiabilité. En plus, ils ne disposent pas d’un réseau après-vente satisfaisant et la moindre panne peut devenir problématique. De ce point de vue, le BMW C Evolution fait plutôt figure d’exception et permet de proposer une valeur résiduelle élevée avec son corollaire, un loyer attractif, identique à celui d’un scooter de moins bonne qualité » explique Pascal Courtois, président 2RFleet services.

« Peugeot va lancer en 2018 un tout nouveau scooter 100 % électrique, qui a été créé dès le départ comme un véhicule électrique et qui sera entièrement connecté pour répondre à la demande croissante de ce type de véhicule « intelligent ». Il s’agit d’un équivalent 50 cm3, conçu dès le départ pour une utilisation intensive et professionnelle. Il disposera de nombreuses fonctionnalités pour les utilisateurs et les gestionnaires de parc, comme le suivi de la batterie, la géolocalisation, un entretien prédictif et préventif etc. Tout l’inverse de ces véhicules exotiques pas chers qui ne marchent pas bien ou ont beaucoup de problèmes après-vente » annonce Mikaël Barreau, responsable grands comptes France Peugeot Scooters.

« Il y a une explosion du marché des scooters électriques équivalents 50 cm3. Les équivalents 125 cm3 ont énormément progressé dans les entreprises, à l’image du C Evolution, seul maxi-scooter 100 % électrique du marché. Nous en avons vendu 500 en 2016 et 900 en 2017, malgré un prix de vente de 16 000 euros. Comme l’a indiqué Pascal Courtois, ce véhicule est particulièrement bien adapté à la location longue durée, sa forte valeur résiduelle lui permettant d’afficher un loyer en LLD de seulement 270 euros, pour 36 mois et 25 000 kilomètres. Le C Evolution standard dispose d’une autonomie de 100 kilomètre, parfaitement adaptée à une utilisation urbaine même si nous avons sorti une version disposant d’une autonomie de 160 km mais qui nécessite d’être titulaire du permis moto. La peur liée à l’autonomie n’est plus d’actualité avec les multiples possibilités de recharges qui s’offrent aux utilisateurs désormais » Damien Bonomo, chef de projet mobilité urbaine BMW Motorrad France.

« L’autonomie n’est pas le problème fondamental avec ces scooters à vocation urbaine. Le vrai problème c’est l’accès à la recharge. C’est pourquoi notre futur modèle de scooter électrique dispose d’un système de batteries amovibles permettant de pouvoir utiliser deux packs de batteries et facilitant leur recharge. Il faut aussi prendre en compte la durée de vie de la batterie, le prix des véhicules électriques étant directement liés au prix des batteries. Notre système de suivi du niveau de performance de la batterie sur notre futur scooter sera un élément important puisque nous serons en mesure de mettre en ligne la capacité réelle de la batterie et anticiper son renouvellement ou le changements d’éléments le cas échéant » précise Mikaël Barreau.

« Par principe, un véhicule électrique va se garer plusieurs fois par jour. Disposer d’une recharge toujours plus rapide n’est pas un vrai problème pour ces véhicules qui peuvent être branchés régulièrement » confirme Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste. « Il faut faire le parallèle avec les téléphones portables. Au début, tout le monde cherchait de l’autonomie ; aujourd’hui plus personne ne se pose la question et recharge son téléphone un peu partout et recherche davantage les fonctionnalités de l’appareil qu’une autonomie maximale. Par ailleurs, je partage le point de vue que la capacité de la batterie est une donnée importante. Sur le C Evolution, elle est garantie 5 ans / 50 000 km pour au moins 70 % de sa capacité. Des éléments de batteries peuvent être changés lors des révisions si cela s’avère nécessaire pour garantir le niveau de performance de la batterie » rechérit Damien Bonomo.

Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste, estime que « la maintenance est tout aussi essentielle pour les VAE, sinon il y a un vrai risque de perte financière. Dans le cadre d’un usage intensif partagé, nous préconisons un entretien des vélos toutes les 12 semaines ». « Chez Honda aussi nous travaillons sur l’électrique ; néanmoins, vouloir faire passer tout le monde à l’électrique reste utopique. Dans le deux roues, le côté plaisir de rouler reste fort » affirme Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France. « Le développement du marché des deux roues électriques nous a incité à développer une nouvelle entité, O2 Fleet services, au sein de notre société qui va proposer la location de véhicules propres, y compris des vélos à assistance électrique » explique Pascal Courtois, président de 2RFleet services.

Des coûts d’entretien élevés

Si le deux roues affiche un coût d’achat inférieur à celui d’une automobile et une amélioration de la productivité par la facilité de déplacement et de stationnement qu’il permet, qu’en est-il des coûts d’entretien ? Sont-ils équivalents ou supérieurs à ceux d’une automobile ?

« Nous faisons de la LLD de deux roues depuis 10 ans. Le marché de la vente du deux roues est en retard d’une bonne vingtaine d’année du point de vue de la maturité par rapport à celui de l’automobile. Les us et coutumes du deux roues « à l’ancienne » ont la vie dure et les nouveaux modes de consommation ne sont pas encore entrés dans les mœurs. Par ailleurs, les révisions sont plus fréquentes sur les deux roues, environ tous les 6 000 km ; les pneus sont changés en moyenne tous les 10 000 km, sans oublier les plaquettes de frein ou les kits chaînes qui nécessitent d’être renouvelés régulièrement. L’autre point à souligner c’est que les concessionnaires affichent des tarifs très différents d’une région à l’autre, ce qui ne facilite pas notre tâche » explique Pascal Courtois, président 2RFleet services.

« Nous sommes en mesure de proposer des forfaits entretien dans nos concessions, mais il n’y a aucune obligation pour le concessionnaire de les utiliser. En proportion, les coûts d’entretien d’une moto sont plus élevés que sur une automobile » ajoute Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France. « En location longue durée, les coûts d’usage d’un deux roues sont plus élevés que ce que l’on peut connaître dans l’auto, mais la fiscalité est plus avantageuse et l’amélioration de la productivité que permet l’usage d’un deux roues dans le cadre de son métier doit aussi être prise en compte » précise Pascal Courtois.

« Il y a un vrai problème de structuration de l’offre LLD dans le deux roues, même si les choses évoluent positivement » affirme Bertrand Lamarche, consultant du cabinet conseil ERCG. « Cela étant, des grands noms de la location longue durée s’intéressent aux deux roues, comme ALD Automotive ou Arval. Cela permet au marché de se développer et aux prix de baisser » tempère Mikaël Barreau. « Le deux roues n’est pas le fonds de commerce des grands loueurs longue durée, à l’inverse de 2RFleet services » rétorque Pascal Courtois.

« Alphabet s’intéresse au marché du deux roues même si cela reste marginal » rappelle à son tour Damien Bonomo, du groupe BMW (tout comme Alphabet, NDLR). Il poursuit : « comme sur tous les marchés naissants, les valeurs résiduelles vont encore évoluer et vont devenir de plus en plus cohérentes avec la réalité, rendant l’offre de location longue durée de deux roues plus attractive ».

En conclusion

« Les deux ou trois roues sont des outils de mobilité très cohérents. Il reste cependant une vraie barrière pour l’introduction de ce type de véhicule dans l’entreprise qui est le passage du cap psychologique de la peur de l’accident du travail. L’entreprise doit le prendre en compte, au risque de voir sa responsabilité engagée en cas d’accident, et travailler sur les conditions de travail et les risques encourus par ses collaborateurs lors de leurs missions mais aussi des trajets domicile-travail » explique Bertrand Lamarche, consultant du cabinet conseil ERCG.

Selon Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste, « le vélo à assistance électrique ne doit pas être négligé et a parfaitement adapté à l’entreprise. Il ne faut pas négliger de piste et ne pas choisir de solution exclusive. L’avenir c’est la multimodalité dans les déplacements. Les applications mobiles permettent de réserver des véhicules en partage au ¼ d’heure près. Dans Paris, 50 % des déplacements font moins de trois kilomètres. Le VAE est un moyen de transport parfaitement adapté à ces déplacements courts et il est complémentaire avec les autres moyens de déplacement déjà présents. Et pour les professionnels ayant besoin d’une capacité de chargement plus importante, le VAE Cargo peut être une solution intéressante, tout comme le VAE de fonction pour d’autres collaborateurs ayant besoin d’un moyen de transport pour des trajets courts. Pour les petites entreprises, une station de vélos à assistance électrique en partage peut, là encore, être une solution intelligente, pratique et économique aux déplacements ».

« Nous ne sommes encore qu’au début du marché de la mobilité en deux roues, tant électrique qu’en thermiques avec de petites cylindrées, parfaitement adaptés aux déplacements urbains. Les véhicules connectés, comme notre futur scooter intéresse assurément les nouvelles générations ; il s’agit d’une solution pérenne pour les années à venir » affirme Mikaël Barreau, responsable grands comptes France Peugeot Scooters.

Pour Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France, « Oui, le deux roues a sa place dans l’entreprise même s’il ne reste qu’un mode de déplacement complémentaire à l’automobile. Le deux roues est intéressant à condition de proposer tous les services associés, y compris les formations, la maintenance, l’équipement du conducteur etc. Proposer un complément de la flotte automobile avec quelques scooters en pool, par exemple, peut permettre d’étudier l’utilisation qui sera faite des deux roues dans l’entreprise. Quant au prix, y compris celui de l’entretien, ce n’est pas un frein si on intègre tout dans le loyer de location durée et que l’on a une approche TCO (coût total de détention, NDLR) ».

Spécialiste de la location longue durée de deux et trois roues depuis dix ans, Pascal Courtois, président 2RFleet services, estime que « le deux roues en entreprise reste encore un marché de niche. Il y a un problème d’éducation des réseaux de deux roues aux nouveaux modes de consommation des véhicules, sauf dans les marques ayant une culture automobile. Cela se traduit par un manque de services alors qu’il est possible aujourd’hui d’imaginer de nouvelles formes de mobilités mixtes auto et deux roues. En tant que spécialiste de la location longue durée généraliste, nous sommes très attentifs au marché de la mobilité « vertueuse ». C’est pour cela que nous lançons prochainement notre offre spécifique électrique avec des vélos à assistance électrique et le financement de bornes d’autopartage et de recharge ».

Le mot de la fin revient à Damien Bonomo, chef de projet mobilité urbaine BMW Motorrad France qui explique que « dans le groupe BMW, nous sommes convaincus que la mobilité de demain sera multimodale et fera appel à de multiples modes de transports, y compris les vélos à assistance électrique, qui peut représenter une solution sur le marché de la livraison de proximité. Les deux roues ont bien leur place dans l’entreprise et elle peut même être plus importante qu’il n’y paraît. Cela laisse augurer de marges de progression encore importantes ».

Les participants de la table ronde
Bertrand Lamarche, consultant du cabinet conseil ERCG
Adeline Gogé Lefaivre, directrice marketing et communication bemôbi, groupe La Poste
Mikaël Barreau, responsable grands comptes France Peugeot Scooters
Emmanuel Mouzon, responsable VO et marchés spéciaux Honda France
Pascal Courtois, président 2RFleet services
Damien Bonomo, chef de projet mobilité urbaine BMW Motorrad France

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