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Jacques Rivoal, Président du Groupe Volkswagen France

mercredi 29 mars 2017, par Bertrand GAY, Louis DAUBIN

Jacques Rivoal : « Le groupe proposera une gamme complète de SUV »

Le président du groupe Volkswagen France fait le point sur la stratégie du groupe en France et le déploiement de ses nouveaux produits et services. Il trace également les perspectives à moyen et long terme des énergies alternatives, électricité en tête.


KMS : Quels enseignements tirez-vous de l’année 2016 ?
Jacques Rivoal : Le groupe Volkswagen sera au même niveau de ventes dans le monde qu’en 2015, soit à 10 millions de véhicules. En France, le groupe conclu l’année à un niveau de ventes supérieur à celui de 2015 avec 278.600 voitures particulières et véhicules utilitaires. Les marques Audi, Skoda et Volkswagen Utilitaires ont réalisé une année 2016 record en France.

Volkswagen est un peu en retrait en part de marché. Seat est en reconstruction, mais nous sommes confiants pour l’année 2017, notamment grâce au crossover Ateca. Pour la marque Volkswagen, 2016 était une année de transition. Cette année, nous avons de nombreux lancements. En ce qui concerne le groupe, nous avons atteint désormais tous les objectifs du Plan 2018.

KMS : Et quelles sont les futures étapes ?
J.R. : Désormais, notre plan Together 2025 s’appuie sur une vision redéfinie tout en se plaçant dans la continuité de ces dernières années. Nous sommes le premier constructeur automobile mondial et nous désirons transformer notre business model pour être le leader des solutions de mobilité. L’objet automobile va évoluer. Il sera électrique, connecté et autonome. L’avenir de la mobilité notamment urbaine, c’est un smartphone sur quatre roues. Autour de cet objet automobile, nous assisterons à une explosion de nouveaux usages autour de la notion de solutions de mobilité.

Nous allons nous adresser à des gens qui ont des usages différents. L’électrique arrivera petit à petit mais, pour le moment, nous pensons qu’il ne s’agit pas encore d’une technologie mature. Actuellement, nous percevons trois freins : l’autonomie, le prix et la recharge. La voiture présentée au dernier Mondial à Paris, la Volkswagen ID, répond en partie à ces préoccupations en offrant une autonomie suffisante.

KMS : Quelle peut être la part des véhicules électriques dans les ventes à moyen terme ?
J.R. : Nous estimons que les voitures électriques représenteront de 20 à 25 % des ventes en 2025. L’électrique s’imposera quand nous aurons apporté des réponses aux trois freins que vous ai énoncés. Nous travaillons sur des batteries offrant 600 km d’autonomie. Pour y arriver, le groupe investit fortement dans ce domaine des batteries.

KMS : Et l’électrique en pratique ?
J.R. : Auprès des entreprises, nous sentons que cela commence à bouger. La propulsion électrique sera mûre demain.

KMS : Comment concilier cette propulsion électrique et le désir croissant de SUV exprimé par votre clientèle ?
J.R.  : Nous y travaillons. Le groupe Volkswagen proposera 30 véhicules électriques en 2025 grâce à une plateforme spécialement conçue pour ce type de propulsion. Nous en aurons 18 sous la marque Volkswagen et nous aurons des SUV électriques. Par ailleurs, le concept ID présenté au Mondial de l’Automobile de Paris offre l’habitabilité d’une Passat dans l’encombrement extérieur de la Golf. Le design extérieur de la future voiture marquera une grande évolution. Nous allons réinventer entièrement le rapport entre la voiture et la ville. Nous allons influer fortement sur la mobilité urbaine. Nous nous inscrivons dans le cadre d’une évolution progressive.

KMS : Comment répondre aux demandes actuelles tout en préparant l’avenir ?
J.R. : Cela demande des moyens importants. Volkswagen est un constructeur mondial et nous pouvons répondre à toutes les technologies. Nos motorisations diesel et essence sont performantes. Le diesel moderne est aujourd’hui très propre. Nous avons aussi des motorisations fonctionnant au gaz. Nous avons vendu aux pompiers des véhicules au GNV. Le groupe propose également des véhicules au bioéthanol. Nous travaillons aussi sur la pile à combustible.

KMS : Comment cela se traduit-il sur le marché français ?
J.R.  : L’an dernier, nous avons vu le marché français se répartir à égalité entre diesel et essence. Les ventes de celle-ci montent progressivement sous l’effet de trois facteurs : l’absence de moteurs diesel dans l’offre du segment A, la baisse des kilométrages constatés en France et, enfin, le mouvement de dénigrement du diesel. Dans ce contexte, le mouvement progressif de récupération de la TVA sur l’essence, pour les entreprises, nous semble aller dans le bon sens. Mais, bien entendu, pour les gros rouleurs, le diesel va rester.

KMS : Cette demande soudaine de voitures à moteur essence pose-t-elle un problème de VO ?
J.R.  : Nous n’avons pas de soucis avec nos voitures d’occasion. Nous écoulons aisément nos occasions à moteur diesel pour le moment. Le cas échéant, certains d’entre eux peuvent partir vers l’étranger. Pour le moment cela va, mais ce n’est pas sain, car potentiellement dangereux. De plus, sur le marché des entreprises, si la question du plafond d’amortissement pouvait évoluer, ce serait une bonne chose.

KMS : Quels sont les produits à venir ?
J.R  : Nous sommes entrés dans une offensive majeure sur le marché avec le lancement de nombreux SUV. Cela commence avec l’Audi Q2, la Seat Ateca et le Skoda Kodiak. Quand nous aurons déroulé toute notre gamme de SUV dans toutes les marques du groupe, nous aurons, dans la tranche des 4 à 5 mètres de long, un SUV tous les 10 à 15 cms. Ainsi, nous répondons à la tendance majeure du marché français, qui doit la moitié de sa progression aux seuls SUV. L’effet d’offre est fondamental pour stimuler le marché et le renouvellement.

Les SUV plaisent, nous voulons continuer à surfer sur cette vague. Le SUV combine le confort d’une berline, un grand espace intérieur, la position haute sur la route comparable à celle d’un 4x4 et une silhouette qui plait. Par ailleurs, nous pensons que le succès des SUV sur les marchés internationaux va se poursuivre.

KMS : Quel regard portez-vous sur l’évolution des financements ?
J.R. : Nous voyons la progression de la LLD émise par tous les acteurs et tout particulièrement par notre entité Fleet Solutions. Celle-ci réalise 30 % des financements aux entreprises. Une belle progression, car ce chiffre n’était que de 10 % il y a cinq ans. Fleet Solutions est le sixième loueur du marché français. Nous avons réussi à faire progresser notre captive sans que les volumes réalisés avec les autres acteurs de la LLD ne baissent.

KMS  : Quelle est l’actualité des réseaux ?
J.R. : Nos réseaux sont bien dimensionnés. Il reste encore quelques points ouverts chez Seat et Skoda. Chez Volkswagen, nous essayons de développer des synergies entre VP et VU avec des investisseurs présents sur les deux activités.

KMS : En conclusion ?
J.R. : Je dis aux chefs d’entreprise que le groupe Volkswagen est capable de répondre à tous vos besoins grâce à son très large portefeuille de marques. Nous vous apportons un seul interlocuteur pour l’ensemble du groupe, et de ses marques. De plus, Fleet Solutions accompagne de manière personnalisée chaque client avec ses produits et ses financements.

Propos recueillis par Louis Daubin et Bertrand Gay

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