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Solutions de gestion de parc

lundi 10 septembre 2018, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

Table ronde : Solutions de gestion de parc Appréhender et optimiser son parc de véhicules

Les 4 points
1) Les solutions de gestion de parc ne sont pas réservées aux grandes flottes ; les PME peuvent aussi y trouver leur compte
2) La plupart des PME ne sont pas dans la capacité de déterminer précisément le coût de leur flotte de véhicules ; les solutions de gestion de parc sont là pour ça
3) Piloter son parc de véhicule de façon suffisamment précise permet de réaliser de belles économies et donc un retour sur investissement rapide
4) Le suivi dans le temps des différents indicateurs générés par le système de gestion de parc est essentiel pour assurer une bonne performance dans le temps


Solutions informatiques de gestion de parc : un incontournable ?

Depuis plusieurs années, divers prestataires proposent aux entreprises des systèmes informatique permettant une meilleure gestion de leur parc automobile, notamment au travers du traitement des informations diverses rattachées à ce poste de gestion. En quoi consiste précisément une solution ou un logiciel de gestion de flotte ?

- Pour Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement, « Il s’agit d’un outil informatique qui va permettre une meilleure utilisation des véhicules à disposition en offrant un meilleur pilotage, une meilleure connaissance de son parc de véhicules, une maîtrise des coûts plus précise et plus fine ». « Il s’agit aussi d’un outil qui va permettre de donner une visibilité consolidée et instantanée du parc de véhicules ; d’où une capacité pour les responsables de l’entreprise de suivre l’historique du véhicule et l’utilisation qui en est faite. Cela passe par un traitement très important des informations afin de pouvoir faire une préconisation précise » affirme, à son tour, Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming.

« Il est très important de rappeler qu’environ huit entreprises sur dix ne sont pas capables de donner le coût global de leur parc automobile de l’année précédente en moins d’un mois. La plupart ne sont dotées que de logiciels de gestion qui ne permettent pas de réunir aisément l’ensemble des coûts par véhicule. Le seul moyen de connaître le coût global d’une flotte, précisément véhicule par véhicule, c’est de disposer d’un logiciel de gestion de parc » souligne Robert Maubé, expert conseil. « Ces outils informatiques permettent une analyse et une prise de décision concernant le parc de véhicules de l’entreprise. Cette possibilité d’agir offerte aux responsables de l’entreprise est essentielle. Cela peut concerner les amendes pour infractions au Code de la route, regrouper les éléments de facturation pour un véhicule, expertiser les restitutions afin d’en améliorer les conditions… Le système de gestion de flotte doit être un portail, un lieu d’échange en d’interactivité entre l’entreprise, les conducteurs, les points de services comme les garages et, bien sûr, le ou les loueurs présents dans l’entreprise. En tant que loueur longue durée, nous mettons ce type d’outil à la disposition de nos clients » explique Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive.

« Le logiciel de gestion de flotte est avant tout un outil opérationnel permettant d’optimiser la gestion de son parc de véhicules » confirme Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall. « Ils permettent aussi de compiler des données provenant de diverses sources comme l’Etat pour la fiscalité pesant sur les véhicules, la récupération de TVA, la gestion des amendes ; les fournisseurs comme les loueurs, les sociétés pétrolières, les compagnies d’assurance, les garagistes mais aussi, potentiellement, les boîtiers de remontée d’information présents dans le véhicule et concernant les données techniques comme le kilométrage, la consommation de carburant… » précise Matthieu Blaise.

« Ce type de solution permet effectivement de capter les informations des différentes sources possibles et de structurer ces données liées aux véhicules composant la flotte » confirme Paul Duchene. « Ces logiciels ou systèmes de gestion de flotte sont avant tout des bases de données où peuvent être agrégées les données provenant des différentes sources ; le programme permet une automatisation de la saisie des données et de la génération des tâches ; si les véhicules sont dotés de boîtiers télématiques, les données peuvent aussi être remontées et consolidées de façon automatique. Tout cela permet ensuite une prise de décision avec des éléments précis et consolidés, ce qui permet de libérer du temps pour le gestionnaire de flotte » renchérit Robert Maubé.

« Cet aspect prise de décision est très importante. Le logiciel de gestion de flotte permet une prévention des dérives par rapport aux données du contrat de location longue durée par exemple et donc des surcoûts pour l’entreprise ; il est possible, en cas de besoin, de décider d’un avenant avec le loueur, avant qu’il ne soit trop tard ou que cela ne soit plus autant rentable » réaffirme Thomas Nérot de chez ALD Automotive. « En plus, le système de gestion de flotte peut intégrer les données concernant le contrat de location longue mais aussi les grilles tarifaires du loueur et donc générer automatiquement un avenant correspondant, d’où une parfaite maîtrise du parc automobile » sourit Bertrand Lamarche. « L’objectif est que la personne responsable du parc automobile dans l’entreprise puisse disposer d’un outil de travail parfaitement paramétré par rapport à sa flotte et à ses besoins. Chez Phoenix, nous paramétrons notre solution en ce sens et en fonction des règles d’utilisation du client ; ce paramétrage est permanent et peut être modifié constamment » souligne Paul Duchene. « Il ne faut pas négliger l’impact que va avoir l’implantation d’un logiciel ou une solution de gestion de flotte dans l’organisation de l’entreprise ; cela va forcément impacter la comptabilité et les ressources humaines mais va aussi permettre de libérer du temps par rapport à certaines tâches chronophages effectuées par ces mêmes services ; cela étant, une formation au logiciel de gestion de flotte est absolument nécessaire » rappelle Matthieu Blaise.

Une taille de parc mini ?

Toutes les entreprises ont-elles intérêt à choisir une solution de gestion de flotte ou cela ne concerne-t-il que les plus grands parcs ? « Il n’y a pas à proprement parler de volumétrie minimale requise ; avant toute chose, il faut une certaine appétence du client pour ce type de prestation afin qu’il puisse en prendre la mesure et se l’approprier. Ensuite, la solution peut aussi bien intéresser une TPE que les plus grandes flottes » affirme Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall. « Il y a deux grandes populations avec d’un côté les grands comptes et leur parc très important et, de l’autre, les PME, qui peuvent trouver aussi un intérêt à ce type de solution de gestion de parc mais qui ont davantage besoin d’accompagnement. Il faut leur apporter une aide dans la gestion quotidienne de leur parc de véhicules et dans l’identification des coûts cachés de leur flotte. Dès lors, une solution de gestion de parc peut être intéressante et générer de réelles économies ; il n’y a pas à proprement parler de seuil mini » confirme Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive.

« Les solutions de gestion de flotte ont bien entendu été d’abord mises en place dans les grandes entreprises avec des parcs de véhicules très importants. Cela a permis une simplification des process internes liés à la facturation, la mise en place de plateformes de commandes… et donc, de meilleures performances du point de vue des charges opérationnelles. Dans les PME, les outils sont généralement plus légers mais permettent néanmoins de générer et gérer des alertes en cas de dérives, un suivi et un accompagnement à la décision » souligne Bertrand Lamarche. « Les logiciels de gestion de parc permettent, et ce quel que soit le nombre de véhicule, de vérifier la pertinence du kilométrage des véhicules en croisant les données provenant des cartes carburant, des factures lors des révisions, des données en provenance du boîtier télématique embarqué le cas échéant, le déclaratif du conducteur… L’outil va donc ainsi contrôler la pertinence de ces informations mais va aussi être en mesure d’analyser quelle est la source la plus fiable et ainsi déterminer une projection de l’usage du parc de véhicules de l’entreprise » souligne Thomas Nerot.

« Il n’y a pas que la taille de la flotte qui importe. Dans les PME, personne n’a de réelle compétence par rapport à la gestion du parc de véhicule. Le logiciel de gestion de parc est porteur de cette connaissance et d’une structure de gestion du parc de véhicules ; je rappellerai que le loyer financier d’un véhicule ne représente qu’environ 30 % de la dépense totale de ce véhicule. Le logiciel de gestion de flottes reste un élément structurant important pour toute personne n’ayant pas de connaissance particulière » rappelle Robert Maubé, expert conseil.

Une étude préalable, synonyme d’efficacité

Quelle que soit la solution de gestion de parc de véhicules retenue, il semble donc évident qu’une étude préalable de l’organisation existante et des process liés aux différents véhicules présents dans le parc de l’entreprise est nécessaire. Combien de temps faut-il pour réaliser cette étude et quel est le coût d’une telle étude ? « L’étude et la mise en place peuvent être très rapide à la condition que l’interlocuteur connaisse parfaitement le fonctionnement de l’entreprise, notamment par rapport aux différentes sources d’informations nécessaires ce qui, bien sûr, n’est pas toujours le cas » explique Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall.

Selon Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming, « Pour un cartographie précise d’une entreprise moyenne, il faut compter environ un mois ». « La taille du parc de véhicule et la multiplicité des « provenances » et des modes de financements sont essentiels pour pouvoir déterminer la charge de travail que représente cette étude de mise en place » affirme Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement. « Tout dépend bien évidemment de la structure de la société et du la taille du parc. Dans le cas d’un parc de quatre à huit voitures et avec un seul loueur, le temps d’implémentation peut être ultra rapide, de l’ordre d’une dizaine de seconde, le temps pour l’utilisateur de paramétrer son mot de passe dans notre solution en ligne ; a l’opposé, le temps de mise en place pour de grosses administrations peut aller jusqu’à plusieurs mois. Chaque cas est unique, ou presque » lance, avec malice, Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive.

« Il faut quand même faire attention et ne pas trop se précipiter ; si l’implantation se fait trop rapidement, sans formation et sans avoir bien appréhendé les choses, cela peut se transformer en fiasco et le logiciel peut ne pas être d’une efficacité optimale » rappelle à son tour Matthieu Blaise. « Si l’entreprise utilise plusieurs types de financements, comme l’achat comptant, le crédit-bail et la location longue durée, cela complique évidemment la donne » reprend Thomas Nerot. « L’un des intérêts de l’outil de gestion, c’est justement de pouvoir synthétiser les données issues de différentes origines » rétorque Bertrand Lamarche.

« Les PME sont souvent en crédit-bail, contracté auprès de la captive du constructeur ; cependant, elles peuvent effectivement multiplier les financements, les marques, les loueurs… Cette hétérogénéité des sources de données entraîne un sourcing compliqué. Si la LLD permet de disposer de nombreuses données bien conservées, cela peut prendre un temps fou pour récupérer les données liées à un crédit-bail. Les entreprises ont donc parfois des problèmes pour déterminer le retour sur investissement des solutions de gestion de parc, sans même parler du problème de la formation des personnes appelées à travailler avec ces logiciels de gestion de parc. La mise en place de tels systèmes peut relever de l’aberration dans certains cas ; il faut que l’entreprise soit prête à cette implantation » souligne Robert Maubé.

« Le logiciel de gestion de parc représente une avancée pour le loueur longue durée. Cela permet de mettre en exergue tous les coûts liés aux véhicules, données généralement méconnues par le dirigeant de PME. Le logiciel est donc un formidable partenaire pour nous ; cela permet aux responsables de parc d’estimer de façon plus réelle le coût de certaines de nos prestations, comme la livraison des véhicules chez le client, un plus de chez Parcours. Il ne faut pas « faire de la data » pour « faire de la data » ; cela peut être même dangereux. Il peut y avoir des dérives par rapport aux logiciels de gestion par l’analyse des grilles de résultats qui peuvent être faites. Il faut une réelle analyse et cela ne s’improvise pas » précise Alexis Boehm, directeur des ventes de Parcours. « La mise à disposition des données dans l’outil informatique ne suffit pas. L’entreprise utilisatrice doit mettre en place une personne dédiée au suivi et à l’implémentation de l’outil de gestion. Par ailleurs, nous disposons aussi de moyen d’alerter nos utilisateurs par rapport à certaines dérives des indicateurs ; nous jouons un rôle de pilotage » sourit Paul Duchene.

« Il convient aussi de ne pas confondre de « vrais » solutions de gestion des flottes avec certains opérateurs de la géolocalisation qui assimilent leurs solutions à des logiciels de gestion de flotte ; il s’agit davantage de système d’optimisation de tournée ou d’amélioration de la rentabilité liée à un meilleur usage de la flotte de véhicules que d’une solution globale de gestion de flotte » explique à son tour Samuel Vals, directeur des opérations chez Kuantic. Robert Maubé, expert conseil, rappelle que, « Par principe, un logiciel de gestion de flotte est « gourmand » en données ; si toutes ces données doivent être saisies à la main, cela représente une consommation de temps important et le personnel de l’entreprise va certainement se désintéresser du logiciel de gestion de parc. Le premier critère d’un logiciel de gestion de parc, c’est sa capacité à faire de l’import/export de données à partir de différentes sources comme les fournisseurs, le service de la paye, la comptabilité… C’est à partir de là qu’il devient pertinent ».

« La force de ces outils, c’est de connaître les différents véhicules, a quel(s) conducteur(s) ils sont affectés, a quel centre de coût de l’entreprise ils appartiennent… et de générer une synthèse de tous les coûts vers le service de comptabilité, qui n’aura plus ensuite qu’à faire des « copier coller » dans le logiciel de comptabilité de l’entreprise. Le « temps homme » économisé par l’entreprise, c’est le point majeur du retour sur investissement de ce type de solution de gestion de parc ; il s’agit de concentrateurs d’informations avec synthèse et accès immédiat aux données liées aux véhicules, ce dont ne disposent pas la majorité des PME » explique Bertrand Lamarche.

« Avant de se poser la question du retour sur investissement, il faut effectuer une analyse précise des besoins de l’entreprise et de l’organisation autour du parc de véhicules ; certains clients viennent sur le site Internet de gestion de parc une fois par jour ; d’autres une fois par mois ; d’autres une fois par an. Les besoins et attentes doivent être précisément définies pour apporter une réponse adaptée » rappelle Thomas Nerot. « Comme déjà dit précédemment, l’usage des véhicules doit être bien établi en amont ; un logiciel de gestion de flotte permettra alors de déterminer les coûts, de suivre les comportements des conducteurs, le prix de revient kilométrique précis des véhicules ainsi que la gestion des avantages en nature. Sans même parler des gains sur le temps liés à la gestion des véhicules ou sur la TVS qui peuvent être estimé à 30 %. Quant au retour sur investissement, l’implantation d’un logiciel de gestion de flotte coûte très peu comparé aux 4 à 5 % des gains annuels sur le poste véhicules de l’entreprise. Chez nous, on estime les gains à environ 4 jours par mois en temps de saisie d’opérations de gestion sur un parc d’environ 200 véhicules » affirme Matthieu Blaise.

« Aujourd’hui, le coût kilométrique des véhicules est connu. Quant au coût de l’outil de gestion, il est inférieur à 1 % du coût de la flotte automobile de l’entreprise. En regard, les gains de productivité sur le temps des personnes responsables de la gestion de la flotte et les gains sur les coûts indirects de la flotte sont sans commune mesure » confirme Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement. « Pour connaître le ROI, il faut connaître le coût de la flotte ! » lance alors Robert Maubé, expert conseil. Il poursuit : « Ce qui change, c’est l’attention que l’entreprise porte à l’automobile. La plupart des gens n’ont pas la même attention à l’automobile lorsqu’il s’agit d’un outil de travail, d’un outil de production que lorsqu’il s’agit de leur propre auto. La voiture n’est toujours pas perçue comme un outil de production et en plus, c’est un objet qui coûte cher ! ». « Dans ces performances et ces gains, l’analyse et le suivi des coûts du poste automobile est important mais il ne faut pas sous-estimer l’intérêt du partage des données et des informations au sein même de l’entreprise, dans les différents services mais aussi jusqu’au conducteur » rappelle Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive.

Vers le développement des boitiers télématiques

L’une des données essentielles à connaître pour pouvoir assurer un suivi optimal du parc au travers des solutions de gestion de flotte, c’est le kilométrage, comme le rappelle Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall : « Il faut absolument connaître le kilométrage des véhicules composant la flotte pour assurer un suivi et un pilotage suffisamment fin ». « Cela nécessite l’implication d’un nouvel acteur dans la gestion des véhicules par l’entreprise : le conducteur lui-même. Ce dernier vient donc en plus du responsable logistique, de l’assistant ou de l’assistante du directeur qui, généralement, gère le parc de véhicules dans les PME, la DRH, la comptabilité… » estime Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming.

« L’outil de gestion doit être capable de générer des messages vers les conducteurs de l’entreprise pour effectuer une validation des données » précise Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement. « Le kilométrage devient une donnée essentielle. La plupart des entreprises se servent du relevé de la carte carburant mais l’expérience prouve une dérive de l’ordre de 30 % des kilométrages reportés chaque mois ; quant aux déclaratifs des conducteurs, ils sont souvent tout aussi faux. La seule remontée fiable, c’est celle qui est effectuée chez le garagiste lors des entretiens ou celle qui provient d’un boîtier télématique embarqué » explique Robert Maubé, expert conseil. « Les outils mobiles, comme les smartphones, peuvent néanmoins permettre d’améliorer la fiabilité des remontées de kilométrages » précise Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall.

« Le mieux est de prendre des technologies fiables et donc de choisir une solution de haute technologie avec les boîtiers télématiques embarqués » sourit Samuel Vals, directeur des opérations chez Kuantic. « Au niveau des systèmes de remontées de données, il convient de différencier différents niveaux avec les systèmes de première monte d’un côté et, de l’autre, les boîtiers à connecter sur la prise OBD ou le Can Bus. Les prix ont beaucoup baissé ces dernières années puisque nous sommes passés, en cinq ans, de 30 à 5 euros par mois » explique Matthieu Blaise. « Cette baisse de prix doit inciter les responsables de parcs de véhicules à aller plus loin et équiper leurs véhicules de ce type de boîtier de remontée d’information « constructeur », le relevé du compteur n’étant pas assez performant » ajoute Paul Duchene.

« Nous sommes en effet entrés dans le deuxième âge de la télématique avec les boîtiers intégrés aux véhicules dès leur fabrication. Les systèmes faisant appel à la prise OBD ont rencontrés divers problèmes. Avec un véhicule connecté, toutes les informations disponibles dans le véhicule, et elles sont désormais très nombreuses, peuvent être mises à la disposition de l’entreprise : kilométrage, consommation de carburant, moyenne et instantanée, cette dernière permettant d’avoir une idée du comportement du conducteur etc. » analyse Samuel Vals. « Paradoxalement, du point de vue des boitiers télématiques, les PME sont plus en avance que les grandes entreprises » aime à souligner Matthieu Blaise. « Il faut rappeler qu’il y a un vrai intérêt à utiliser les informations issues de la télématique pour savoir précisément comment sont utilisés les véhicules de la société » insiste Paul Duchene. « Ce type d’informations est particulièrement utile pour les véhicules en pool ou en autopartage. La télématique permet alors de mieux connaître l’état et d’assurer un meilleur suivi des véhicules. Les véhicules de services ou partagés ont tout intérêt à disposer de systèmes de télématique embarqués » rappelle Robert Maubé.

« Le fait que l’entreprise puisse disposer de la capacité de savoir où sont les cartes carburant, les boîtiers de télépéage et de toutes les informations relatives au conducteur dans le système de gestion du parc de véhicules est un plus indéniable pour l’entreprise » renchérit Bertrand Lamarche. « Les systèmes de gestion de parc automobile associés aux boîtiers télématiques et à la géolocalisation peuvent permettre des gains importants en optimisant les déplacements et en permettant un suivi précis du parc de véhicules » sourit Matthieu Blaise.

Combien ça coûte ?

Les systèmes de gestion des flottes automobiles permettent un meilleur suivi des véhicules et des gains de productivité. Mais combien coûtent-ils ? « Il y a des coûts de mise en place de la solution, des coûts liés à la formation du personnel devant utiliser le système de suivi de flotte et, enfin, un loyer pour l’utilisation du logiciel. Nous avons des grilles tarifaires précises qui dépendent bien entendu de la taille du parc de véhicules. Une implémentation coûte à minima 16 euros par voiture, ce qui intègre bien entendu la récupération des datas, l’intégration, la mise en place du système… A cela, il faut ajouter environ 1 000 euros pour la journée de formation et un loyer de 3 euros par mois et par voiture » affirme Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement.

« Certaines solutions peuvent être beaucoup moins chère ; Traxall va lancer un outil « plus léger » plus spécialement dédié aux PME à 1,50 euro par mois et par véhicule » lance Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall. « Nous disposons d’un modèle économique différent puisque environ 80 % de notre business est rémunéré à partir des économies réalisées par l’entreprise, qui nous en reverse une partie » explique, à son tour, Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming. « La vraie question, c’est moins le prix que ce que va avoir l’entreprise contre ces 1,50 euro et 3 euros ; cela va-t-il être plus performant que ce que nous, loueur longue durée, sommes en mesure de lui fournir ? » tempère Alexis Boehm, directeur des ventes de Parcours.

« L’outil de gestion du loueur est adapté à la gestion du ou des véhicules fournis par ce loueur ; nous, nous gérons tous les véhicules de l’entreprise, pendant toute la durée de vie du parc, quelle que soit la marque, la provenance, le mode de financement… Et nous allons même jusqu’à l’élaboration du renouvellement du parc de l’entreprise » rétorque Paul Duchene. « Le socle de la plupart des outils de gestion de parc sont utiles à tous mais l’entreprise doit se poser la question si tous les modules disponibles sont nécessaires. On va de 1,50 euro à 30 euros parfois ; il est évident qu’avec une telle échelle de prix, les prestations associées ne sont pas les mêmes. L’entreprise et le prestataire de service doivent déterminer les besoins précis et, le cas échéant, ne pas proposer tous les modules existants » précise Bertrand Lamarche.

« Nous sommes au-delà de l’outil de gestion de parc ; si l’entreprise travaille avec nous en tant que seul loueur, les prestations ne sont pas facturées en plus ; si elle travaille avec plusieurs loueurs, nous facturons quelques euros par mois seulement. Enfin, il faut compter environ 30 euros pour une prestation entièrement externalisée » reprend Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive. « Par principe, les PME sont généralement multimarques et font appel à de multiples modes de financement » explique Paul Duchene. « En moyenne, dans une PME, une personne peut gérer jusqu’à une centaine de véhicules. En partant du principe que les gains en gestion sont d’environ 30 %, cela peut représenter des enjeux importants » rajoute Matthieu Blaise.

« Sur les versions Business, les constructeurs incluent de plus en plus souvent des boîtiers télématiques. Ensuite, l’abonnement est d’environ 10 euros par mois par véhicule avec un engagement de 12 mois en moyenne. Il faut encore une fois souligner non seulement le nombre important de données disponibles mais aussi leur qualité. Et avec des boîtiers télématiques embarqués d’origine, l’entreprise n’a pas à se soucier de leur pose, de leur éventuelle dépose, de payer pour des boîtiers qui ne sont plus physiquement dans les autos… » souligne Samuel Vals, directeur des opérations chez Kuantic. « Les premiers pas de la télématique embarquée d’origine remonte à 2009 avec PSA. A l’époque, cela coûtait environ 29 euros par mois et par véhicule et 200 euros pour la pose du boîtier. Il s’agit de coûts incompressibles et les tarifs n’ont pas beaucoup évolué depuis » regrette Robert Maubé, expert conseil.

« L’évangélisation du marché est lente. Cependant, en 2017, nous avons réalisé plus de 100 000 véhicules connectés avec PSA » affirme Samuel Vals. « Les tarifs sont plus abordables que par le passé avec environ 10 euros par relevé de compteur. La vraie question, c’est avant tout que l’entreprise puisse s’y retrouver dans la quantité énorme de données disponibles, comment on rétrocède ces informations et comment on peut l’utiliser » lance alors Bertrand Lamarche. « Le coût des boîtiers télématiques est un faux problème dans la mesure où l’expérience prouve que l’implémentation d’un boîtier associé à une formation à l’éco-conduite du conducteur permet de générer environ 15 % d’économie sur le carburant. Et le boîtier permet un suivi du conducteur et donc une efficacité plus importante de la formation sur la durée » souligne Matthieu Blaise.

« Avec les prix actuels des carburants, le retour sur investissement d’une formation à l’éco-conduite associée à un boîtier télématique pour la pérenniser est ultra rapide. On peut estimer cela à environ 4 % de gains sur le TCO sur 7 ans » affirme Robert Maubé. « Le carburant représente environ 30 % des coûts de la flotte avec un écart entre la consommation théorique et réelle variant de 20 à 40 %. Avec une formation à l’éco-conduite, il est possible de se rapprocher de 20 % plutôt que de 40 % » sourit Matthieu Blaise. « Nos outils de gestion de parc deviennent de plus en plus des outils de la gestion de la mobilité. Ce phénomène devrait encore s’accentuer à l’avenir en intégrant, par exemple, la location courte durée de véhicules, l’autopartage, la mobilité électrique, la gestion de réservations de billets de trains… L’usage d’un portail « mobilité » par l’entreprise va devenir de plus en plus incontournable avec la multiplication des sources d’informations existantes » estime Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive.

« L’idée d’une plateforme de mobilité au sens large est dans l’air du temps, l’outil de gestion ne devenant plus, alors, que le noyau de connectivité de l’ensemble » confirme Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall.

En conclusion

« Il faut que les entreprises et surtout les PME soient plus sensibles à l’outil d’aide à la décision qu’est un logiciel ou un système de gestion du parc automobile. Il faut que l’entreprise puisse, à tout moment, savoir qui utilise le véhicule et comment celui-ci est et à été utilisé. Il faut pouvoir traiter ces données de façon sérieuse et le logiciel de gestion de flotte est incontournable pour cela même s’il ne s’agit pas d’une panacée universelle » estime Alexis Boehm, directeur des ventes de Parcours. De son côté, Camille Waniart, consultante Opérations performance chez Ayming, rappelle que « Le logiciel de gestion de parc permet une centralisation des données et une aide à la prise de décision concernant la flotte de l’entreprise efficace à condition qu’il ait bien été paramétré compte tenu de la flotte et des besoins de l’entreprise ».

« Compiler les données, disposer d’une analyse opérationnelle et d’une vision stratégique du parc automobile, agir en conséquence : voilà les atouts des systèmes de gestion de parc de véhicules ce qui permet un retour sur investissement garanti » affirme Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming. Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive se veut plus pédagogue : « Il faut faire très attention à qui est destiné l’outil de gestion de flottes. En effet, il doit impérativement être adapté aux besoins précis de l’entreprise afin de pouvoir profiter d’une analyse, d’une prise de décision et d’actions les plus fines et les plus efficaces. Enfin, ces outils de gestion évoluent de plus en plus vers des outils de mobilité et il faut prendre en compte ce changement ».

Pour Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement, « Les solutions de gestion de flottes permettent effectivement de compiler les données, de faire des analyses, de décider etc. Mais il faut aussi mettre en place dans l’entreprise un pilotage sur le long terme. Cela est absolument nécessaire sinon l’outil va devenir inopérant au fil du temps. Un travail quotidien doit être effectué ; le travail commence quand l’outil est en place ! ». « Ces outils de gestion permettent un meilleur contrôle et constituent une aide à la décision pour les responsables des entreprises. De notre côté, nos boîtiers télématiques permettent de disposer de données fiables et contrôlées. Tous les constructeurs en ont désormais pris conscience et c’est ça la réalité d’aujourd’hui. Tous les constructeurs premium mais aussi les marques françaises ont choisi cette solution. Tous les véhicules devront être connectés d’ici 2020, 2021 » rappelle Samuel Vals, directeur des opérations chez Kuantic.

Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall, explique que « quelle que soit la maturité de l’entreprise, il existe une solution de gestion de flotte adaptée pour accompagner et structurer les décisions autour des véhicules et optimiser le coût du parc. Ces systèmes permettent aussi de gérer d’autres aspects comme les amendes ou les requêtes en exonération des commerciaux, d’où des gains en temps et en productivité. Ces outils de gestion permettent d’aller du plus bas niveau : je sais ce que j’ai et combien ça coûte, ce qui est déjà énorme pour beaucoup de PME, jusqu’à une vraie stratégie de gestion du parc de véhicules de la société. Il convient donc d’être rationnel dans le choix de la solution et dans le choix des alertes et des reportings dont l’entreprise a besoin. Le métier de l’éditeur de logiciel va justement être de répondre à ces besoins avec une présentation de l’information la plus simple et la plus lisible possible ».

Le mot de la fin revenant à Robert Maubé, expert conseil : « L’automobile évolue dans une industrie avec des cycles lents ; au contraire, le digital a des cycles très rapides et les politiques ont des réactions émotionnelles. Si tout le monde s’accorde à dire que l’usage et la consommation automobile vont encore évoluer, il est très difficile de savoir ce qui va se passer et surtout quand cela va se passer ».

Par Louis Daubin et Guillaume Geneste

Les participants à notre table ronde
- Alexis Boehm, directeur des ventes de Parcours
- Camille Waniart, consultante Opérations performance chez Ayming
- Matthieu Blaise, manager Opérations performance chez Ayming
- Thomas Nerot, chef de projets chez ALD Automotive
- Paul Duchene, directeur marketing, commerce et communication chez Phoenix Développement
- Samuel Vals, directeur des opérations chez Kuantic
- Bertrand Lamarche, directeur digital et innovation chez Traxall
- Robert Maubé, expert conseil

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