Notre offre d'abonnement
au magazine

Accueil > Articles parus > Table ronde > Pneumatiques : Un poste budgétaire à étudier

Pneumatiques : Un poste budgétaire à étudier

vendredi 29 juillet 2016, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

- 1) Tous les prestataires disposant d’une offre à destination des utilisateurs professionnels offrent désormais le gardiennage des pneus hivers, aussi bien les enveloppes seules que les roues.
- 2) La quasi-intégralité des contrats de location offrent une prestation pneu associée. Elle permet de disposer, en moyenne, d’un train de pneus neufs tous les 30 000 km.
- 3) Un bon suivi des pneus des véhicules, notamment au niveau de la pression et de la permutation peut permettre une plus grande longévité et donc des économies.
- 4) Le pneu « Allweather » est un compromis moins efficace que le couple pneu été / pneu hiver. Il faut étudier précisément les conditions de roulage des véhicules pour voir s’il s’agit d’une solution pertinente.


Un marché saisonnier

Le pneumatique est le seul lien entre le véhicule et la route. Un élément essentiel à la sécurité des usagers de la route mais qui n’est pas toujours considéré à sa juste valeur et dont le marché n’est pas facile à estimer. D’ailleurs, que représente le marché du pneumatique de rechange en France ? Selon Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France « le marché de la rechange des voitures de tourisme, des camionnettes et des 4x4 a augmenté d’environ 3,3 % en 2015 et est en recul d’un peu plus de 4 % à fin avril 2016 même si nous avons pu constater un frémissement de reprise sur le mois d’avril ». « Il faut revenir un peu en arrière et souligner le faible impact de l’hiver en 2015.

A l’automne 2015 nous avons enregistré une demande assez forte sur les pneus hivers, ce qui se produit chaque année. Ensuite, en revanche, il y a eu un gros déficit de ventes de pneus hivers sur décembre 2015 et janvier – février 2016. C’est sur ces mois que l’impact de météo est le plus fort sur le marché. A l’automne, ce sont principalement les professionnels qui renouvellent les pneus de leur parc de véhicule, en anticipant le montage de pneus hivers. A l’inverse, en décembre janvier février, ce sont davantage des achats « impulsifs » commandés par la météo. Un hiver doux et ce sont des ventes de pneus en moins, certains acheteurs allant jusqu’à anticiper le renouvellement de pneus été et non pas de pneus hiver » ajoute Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France.

« Ces chiffres concernent principalement l’approvisionnement des réseaux de revente auprès des utilisateurs finaux. Nous avons bien entendu besoin d’anticiper les besoins afin de répondre à la demande des automobilistes. Nous subissons ces effets météo en avance » précise Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster. Le marché est donc scindé en pneus été et pneus hiver. Quelle est la part des pneus hivers ? « Les pneus hivers représentent environ 15 % du marché total de la revente » lance Joël Morbé. « La part des ventes de pneus hiver a beaucoup progressé ces dernières années » confirme Catherine Dumoutier.

« Le taux d’équipement en pneus hivers est beaucoup plus important dans les flottes d’entreprise qu’auprès des particuliers, environ 25 % chez nous, ce qui explique ce phénomène d’anticipation à l’automne. Pour les entreprises, les véhicules sont des outils de travail et de production. Elles commandent les pneus en septembre et les font monter en octobre » précise Pierre Coquard. Un point de vue que partage Joël Morbé : « aujourd’hui, les pneus hivers concernent effectivement davantage les flottes que les particuliers. Beaucoup de marques premium ont une offre compatible avec des modèles récents, donc plutôt des professionnels gros rouleurs ». « Du point de vue des ventes aux utilisateurs, le "sell out" dans notre jargon, le marché est stable Quant à la part des ventes à professionnels, elle est différente selon les réseaux. Historiquement, Profil + a une part de marché assez forte auprès des professionnels avec environ 70 % de notre activité » lance Pascal Audebert, directeur général Profil +.

« Chez Allopneus, les professionnels représentent environ 20 % de l’activité. A contrario, nous sommes, historiquement, plutôt orienté vers les particuliers » explique Cyril Caillol, responsable BtoB et réseau de montage Allopneus.com. « La part des ventes à professionnels est parfois difficile à déterminer. Les périmètres particuliers / professionnels ne sont pas toujours évidents » ajoute Joël Morbé. « Certaines petites entreprises ont des comportements proches de ceux des particuliers » confirme Pierre Coquard. Joël Morbé reprend : « C’est vrai que les attentes des flottes peuvent être différentes selon la taille de leur parc de véhicule même si la première de toute reste la qualité et la rapidité du service. D’où la nécessité de disposer de stocks dans les points de vente, d’avoir un réseau de proximité avec des horaires d’ouverture élargis etc. ».

« L’identification d’un véhicule à usage professionnel n’est pas toujours évident » précise Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet. « Par rapport à de nombreux acteurs d’Internet, nous accompagnons les flottes d’entreprise. Avec nous, les professionnels ne sont pas livrés à eux-mêmes et peuvent profiter de nos 6 000 centres de montages partenaires agréés. L’avantage de faire appel à Allopneus, c’est de pouvoir disposer d’une très large référentiel, les réseaux traditionnels ne pouvant pas avoir toutes les dimensions en stock » conclut Cyril Caillol.

Quelle part dans le budget ?

Alors que de nombreux postes, comme l’assurance ou le carburant, font l’objet d’attentions particulières et d’un suivi très précis par les responsables de l’entreprise, cela n’est pas toujours le cas pour les pneumatiques. Quelle est la part du poste « pneumatiques » dans le budget de l’entreprise ou dans le TCO d’une voiture ? « La part du pneu dans le TCO varie, selon le modèle et la loi de roulage, entre 5 et 10 %. Il ne faut pas perdre de vue qu’aujourd’hui, la prestation pneu ne se limite plus au prix des enveloppes ; nous intégrons dans cette prestation le montage démontage des pneus, le changement pneu été / pneu hiver, l’équilibrage, les éventuelles permutations... C’est pour cela que la prestation pneus est dissociée de l’entretien » explique Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France.

« C’est vrai que le rééquilibrage des pneus à mi-vie reste un facteur essentiel de leur longévité. Malheureusement, cette pratique est trop souvent oubliée ce qui ne permet pas d’exploiter les pneus au maximum de leur potentiel » sourit Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster. « Avant même de parler de permutation, il convient de rappeler l’importance de vérifier régulièrement la pression de ses pneus qui constitue un facteur important de l’usure prématurée » ajoute Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet.

« De ce point de vue, le montage du système de contrôle de pression des pneus (ou TPMS) sur les voitures récentes, donc plutôt celles qui équipent les entreprises, va dans le bon sens et permet un meilleur suivi » renchérit Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France. « Chez Leaseplan, le mix de la flotte est de 2/3 de VP et d’un tiers de VU. La consommation de pneus et donc les coûts sont un peu plus élevés avec les utilitaires. Sur l’ensemble du parc, la durée moyenne annuelle pour les pneus est d’environ 30 000 kilomètres » expose Laurent Rochebois.

Un marché saisonnier

Quelle est la durée de vie, tant du point de vue du temps que des kilomètres, d’un pneumatique ? « La durée de vie d’un pneu dépend de beaucoup de paramètres dont l’exposition à la lumière, les conditions de stockage du véhicule ou des pneus seuls s’ils ne sont pas montés, les températures etc. » explique Karine Hallouin, Marketing Coordinator Bridgestone Ouest. « Les pneus sont garantis 5 ans par rapport au DOT, l’indication de la semaine et de l’année de production présente sur le pneu. Après si le véhicule ne roule vraiment pas, le motif de changement ne va plus être l’usure mais le vieillissement de la gomme avec l’apparition de craquelures » ajoute Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster.

« Les pneus ont une durée de vie maximale, en temps, d’environ 10 ans » confirme Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France. Pour Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet, « Cela reste par principe très marginal dans les parcs des entreprises qui disposent généralement de véhicules récents et qui roulent beaucoup. Là c’est plus l’usure qui est facteur de remplacement ». « Là encore, l’usure des pneus dépend aussi de nombreux paramètres, dont la façon de conduire, le profil et le revêtement des routes… » affirme Karine Hallouin. « Sur certains contrats, nous réfléchissons à allouer un pneu tous les 15 000 kilomètres, soit un changement de train de pneus tous les 30 000 km. Les usures sont très variables selon les flottes, les conducteurs, l’implantation géographique… » confirme Laurent Rochebois.

« Les variations du coefficient d’usure sont énormes selon les régions et les conditions de roulage. Les utilisateurs n’en n’ont pas forcément conscience » rajoute Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France.

Le choix des marques

Certains manufacturiers moins connus font leur apparition en première monte, généralement sur des véhicules hautes performances ou très spécifique. Comment expliquer ce phénomène ? Faut-il leur faire confiance ? « Si ces pneus sont référencés par le constructeur en première monte, c’est qu’ils répondent au cahier des charges » explique laconiquement Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « Il faut démystifier les marques de pneus asiatiques qui sont capables d’offrir des enveloppes de qualités » lance Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet. « Le rêve d’une marque comme Hankook, c’est d’être en première monte dans une marque de prestige afin de pouvoir augmenter à terme ses prix de vente. Il s’agit plus de marketing que de capacités techniques, en tous cas en ce qui concerne cette marque. D’ailleurs, les loueurs nous demandent de ne monter que des marques premium alors qu’il existe des alternatives aussi performantes mais moins coûteuses avec des pneus dits de seconde ligne » explique Pascal Audebert, directeur général Profil +.

« Aujourd’hui, la première monte est la vitrine pour exister comme manufacturier premium en Europe » confirme Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France. « Ce sont sur les pneus de première monte que le manufacturier porte son effort de développement technologique. C’est aussi cette ligne de produit qui supporte la grande part des coûts de communication et marketing de la marque. Les marques de second rang profitent des mêmes technologies mais décalées dans le temps et font moins l’objet de communication et de mise en avant par le manufacturier » explique Catherine Dumoutier. « Par principe, nous ne recommandons pas les produits d’entrée de gamme pour les flottes. D’une part parce que le mix de dimensions ne correspond pas toujours avec les véhicules récents des flottes d’entreprise mais aussi par manque d’adéquation du point de vue technique du pneu par rapport à l’utilisation intensive des véhicules que font les entreprises » tient à exposer Rodolphe Noulin.

« C’est vrai que, par principe, les pneus de marque premium offre une couverture quasi-totale du marché. Quand un loueur choisit une marque premium, il accède ainsi à une certaine tranquillité d’approvisionnement lors du renouvellement » confirme Joël Morbé. « Pour garantir un choix optimal pour l’utilisateur, il faut bien connaître son client et les conditions d’utilisation des véhicules. Certaines flottes n’ont pas forcément intérêt à rouler en premium » lance avec un sourire Pascal Audebert, directeur général Profil +. « Le gestionnaire du parc regarde le prix mais pas que. Bien sût il cherche à diminuer ses coûts mais il est prêt à payer sa sérénité et la sécurité des conducteurs. La pression des CHSCT est, de ce point de vue, de plus en plus forte » tempère Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster.

Pneu 4 saisons : la panacée ?

Plusieurs manufacturiers font désormais la promotion de pneus « 4 saisons ou tout temps » efficaces en été comme en hiver. S’agit-il d’une panacée et d’un choix pertinent pour les flottes d’entreprises ? Pour Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France « Ces pneus offrent une bonne efficacité mais ne justifient pas, dans le cadre des flottes, l’utilisation de pneus été en été et de pneus hiver en hiver. Ces derniers sont beaucoup plus performants, ce qui est essentiel pour les professionnels pour qui les voitures sont des outils de travail ».

« L’objectif des pneus All Season est de ne pas remplacer les pneus été et les pneus hiver. Cela répond à certains automobilistes, qui ne changeaient de toute façon pas leurs pneus été pour des pneus hiver, de disposer de pneus offrant des performances supérieures en conditions hivernales. Cela étant, les attentes des professionnels sont différentes et il est préférable de disposer d’un pneu été l’été et un pneu hiver l’hiver » expose Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « Il s’agit d’une fausse bonne réponse y compris sous un climat tempéré pour les professionnels. Ils fréquentent plus souvent les réseaux de réparation ce qui leur permet de disposer de pneus été et de pneus hivers facilement. Comme la sécurité est au centre des débats dans les entreprises, il ne faut négliger la performance des pneus » confirme Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France.

« Le principal avantage des pneus All Season, c’est de remettre les pneus sur le devant de la scène et de pouvoir discuter pneus avec nos clients professionnels et de reprendre notre rôle de conseil » affirme Pascal Audebert, directeur général Profil +.

Roue de secours ou run flat ?

La roue de secours a longtemps été privilégiée par les utilisateurs professionnels pour qui l’immobilisation d’un véhicule après une crevaison a forcément un coup important pour l’entreprise. Cela est-il encore le cas ? « Environ 60 % du parc automobile actuel n’a plus de roue de secours » lance Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France. « La peur pour l’entreprise est de ne plus être mobile, ce qui explique que les professionnels restent encore attachés à la roue de secours » précise Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France. « Nous travaillons sur des pneus Run Flat qui permettent de rouler même après crevaison, y compris sur des véhicules qui n’étaient pas prévus pour de tels pneumatiques. Mobilité et sécurité sont liées et sont deux éléments important pour les entreprises. Le poids des roues a eu tendance à augmenter ces dernières années du fait des dimensions plus importantes ; quant aux systèmes de bombes anti-crevaison cela ne marche pas. Enfin, les résines à injecter avant crevaison alourdissent le pneu, peuvent créer du balourd, peut se détériorer avec le temps et n’est pas recyclable » reprend Joël Morbé.

« Notre système Drive Guard est effectivement compatible avec de nombreux modèles. Il a été développé pour répondre à ce besoin de mobilité après crevaison. La crevaison reste encore une épreuve pour les conducteurs. Avec le Drive Guard, il est possible de rouler pendant 80 kilomètres à 80 km/h ; nous nous y engageons » confirme Karine Hallouin, Marketing Coordinator Bridgestone Ouest (France & Benelux). « L’autre avantage de ce type de pneu est que le conducteur conserve le contrôle du véhicule » précise Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. « C’est bien mais cela ne répond pas à l’appréhension des conducteurs professionnels vis-à-vis de l’absence de roue de secours » tempère Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France.

Où faire entretenir ses pneus ?

Concessionnaire de marque, réseau spécialisé, agents indépendants… Où faire entretenir et changer ses pneus ? « Le seul et véritable arbitre, c’est le consommateur » lance Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet. « L’arbitre c’est le payeur ! Il y a en permanence un arbitrage entre le prix et la préconisation du constructeur. C’est là que le rôle de conseil du loueur est important ! » reprend Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France. « C’est la qualité de service dans la durée qui est essentielle et qui permet de choisir son enseigne pour l’entretien et le remplacement de ses pneus. De ce point de vue, notre expérience du poids lourds est un plus. Nous proposons des services B to B aux interlocuteurs professionnels » souligne Pascal Audebert, directeur général Profil +.

« Au-delà de la diversité de l’offre en matière de pneus, il faut répondre aux vrais besoins des clients professionnels pour les conquérir mais aussi et surtout les conserver. Un remplacement de pneus s’anticipe et nous avons un rôle de conseil à jouer » confirme Cyril Caillol, responsable BtoB et réseau de montage Allopneus.com. « L’arrivée des « pures players » sur Internet nous a incité à accélérer la digitalisation chez nous afin d’offrir davantage d’outils de contrôle et de gestion pour nos clients professionnels. Cela va désormais jusqu’au e-booking avec la réservation des rendez-vous en ligne » rajoute Pascal Audebert, directeur général Profil +. « Les vrais attentes de la clientèle professionnelle sont de savoir qui consomme quoi, où sont stockés mes pneus… D’où l’importance croissante des services dématérialisés » renchérit Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet.

En conclusion

Pour Cyril Caillol, responsable BtoB et réseau de montage Allopneus.com, « Aujourd’hui, du fait de la diversité des produits existants, la gestion des pneus au sein des flottes devient de plus en plus compliquée. Un acteur sur le Net, comme Allopneus avec son département « entreprises », est une solution. Même si le remplacement des pneus en entreprise doit s’anticiper, nous sommes capables de livrer les pneus commandés en 24 heures partout en France. Enfin, notre réseau de montage permet un suivi du client ».

« Les loueurs ont fait un gros travail au niveau de la prestation pneumatique. Chez Leaseplan il s’agit d’un sujet qui nous tient particulièrement à cœur avec la mise en place d’ateliers exploratoires afin de proposer des prestations les mieux adaptées possibles aux attentes des utilisateurs. Bien entendu, il faut aussi proposer des prestations modulables en fonction des considérations des clients même si la première demande reste la sécurité des collaborateurs » explique Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France.

« En tant que manufacturier disposant de deux marques premium, nous investissons beaucoup dans la recherche et le développement afin de couvrir tous les besoins des automobilistes » affirme Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France. Elle poursuit : « Le pneumatique n’intéresse pas grand monde alors qu’il s’agit d’un concentré de technologie et le seul lien entre le véhicule et la route. Nous repoussons de plus en plus les performances aussi bien au niveau du freinage que de la tenue de route grâce à de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux ». « Profil + est un réseau de spécialistes du pneu. Le pneu n’est pas un produit d’appel pour nous. Comme notre réseau est issu du monde industriel, nous sommes habitués aux relations avec la clientèle professionnelle. L’avantage d’un réseau indépendant, c’est que nous n’avons pas de fausse pudeur par rapport aux différents produits des différentes marques. Nous tenons un vrai rôle de conseil indépendant » expose à son tour Pascal Audebert, directeur général Profil +.

« Les prérequis pour séduire la clientèle professionnelle sont la proximité, la prise en compte de la sécurité et le savoir-faire. La différence va se faire ensuite sur le service « plus ». Le but est de faciliter l’usage des véhicules par l’entreprise grâce à la digitalisation des prestations ou l’adéquation complète de la prestation aux besoins b to b » affirme Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet.

« La relation b to b part de la signature du contrat mais va jusqu’au quotidien des conducteurs. L’objectif est d’assurer les prestations pour l’ensemble des conducteur dans l’ensemble du réseau. La mobilité et la sécurité sont deux données essentielles pour les professionnels. Le réseau se doit d’être une force de proposition pour eux » sourit Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster. Le mot de la fin revient à Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France : « Chez Bridgestone, l’innovation Drive Guard permet de garantir aux professionnels de la sécurité et de la mobilité. Il s’agit d’une innovation perceptible par la clientèle professionnelle. Les solutions doivent toujours être adaptées à la demande du conducteur. Les réseaux de distribution jouent un rôle essentiel car sans eux, les performances de nos pneus ne sont pas mises en avant et leur mise en œuvre ne se fera pas correctement. Ils permettent la débanalisation du pneu ».

Les participants à la table ronde
Karine Hallouin, Marketing Coordinator Bridgestone Ouest (France & Benelux)
Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France
Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster
Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet
Pascal Audebert, directeur général Profil +
Catherine Dumoutier, responsable des relations publiques et presse Goodyear Dunlop Tires France
Laurent Rochebois, responsable Offres et Pricing Leaseplan France
Cyril Caillol, responsable BtoB et réseau de montage Allopneus.com

Verbatim
Karine Hallouin : « La durée de vie d’un pneu dépend de beaucoup de paramètres »
Joël Morbé : « Les professionnels anticipent le changement des pneus »
Pierre Coquard : « La part des pneus hivers plus forte chez les pros »
Rodolphe Noulin : « Le vrai arbitre, c’est le consommateur »
Pascal Audebert : « Un rôle de conseil indépendant »
Catherine Dumoutier : « Privilégier les pneus été et les pneus hiver »
Laurent Rochebois : « Les pneus : entre 5 et 10 % du TCO »
Cyril Caillol : « Les pros : un axe de développement assumé »


Des pneus exposés

- Certaines voitures disposant de jantes de grands diamètres exposent davantage leurs pneus aux chocs, notamment contre les trottoirs lors des manœuvres. Comment éviter cela ? « Certains pneus ont des profils dotés d’un bourrelet de gomme de protection pour protéger les jantes » explique Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster. « Cela s’appelle justement une protection de flancs et cela existe plus particulièrement dans le domaine des pneumatiques pour camionnettes » précise Karine Hallouin, Marketing Coordinator Bridgestone Ouest.

« Les modèles composant les lignes business des constructeurs disposent généralement e jantes de diamètre inférieur. Cela leur permet de mieux protéger les jantes » ajoute Joël Morbé, directeur commercial Tourisme Camionnettes et 4x4 Bridgestone France. « L’autre intérêt de ces jantes de plus petit diamètre est d’abaisser les coûts de remplacement des pneus » précise Pascal Audebert, directeur général Profil +. « Au-delà de la protection des jantes, la dimension des pneus a une influence sur le coût » affirme Rodolphe Noulin, directeur Flottes Entreprises Speedy Fleet. « L’évolution actuelle va vers des pneus plus grands mais aussi plus étroits que dans un passé proche à l’image du nouveau Scénic. Quel acheteur de Scénic va regarder la dimension des pneus ? Cela aura pourtant des conséquences sur les prix des enveloppes » lance Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster. « Le coût du pneu dépend aussi de la popularité de la dimension. Certaines dimensions très couteuses il y a quelques années sont désormais très répandues et abordables. Le changement du marché fait baisser le prix des pneus » conclut Joël Morbé.


Pas de contrôle des pneus importés

- Certaines enseignes proposent des pneus à très bas prix, directement importés d’Asie, de Chine généralement, mais existe-t-il des normes que ces pneus doivent respecter ? « Le système de « labelling » européen concerne trois indices : la sécurité, le confort et le bruit. Mais cela ne correspond qu’à environ 25 % de ce que l’on demande à un pneu » affirme Karine Hallouin, Marketing Coordinator Bridgestone Ouest (France & Benelux). « Le principal danger avec ces pneus exotiques c’est que, par principe, un pneu vit et ses qualités évoluent dans le temps et avec l’usure. Les marques connues et reconnues se doivent d’offrir des pneus qui offrent une tenue de leurs performances dans le temps et au fil des kilomètres, ce qui n’est pas forcément le cas avec ces pneus de marque exotique » ajoute Pascal Audebert, directeur général Profil +. « Nous calculons les rendements kilométriques des pneus pour nos clients afin de pouvoir recommander les marques les mieux adaptées et les plus performantes » renchérit Pierre Coquard, directeur des ventes Leasing Euromaster.

par Guillaume Geneste et Louis Daubin

Répondre à cet article



Kilomètres Entreprise Contacts | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | Briag.com Briag.com
KILOMETRES ENTREPRISE est édité par la SARL de presse KMS édition 33, avenue du Général Leclerc 75014 Paris - Tél. + 33 1 40 64 11 30 - Fax + 33 1 40 64 15 80