Publié le 10 mars 2008 | par Rédaction

Depuis deux ans, les ventes de Fiat (marque et groupe) sont reparties à la hausse. Carlos Gomes, DG de Fiat France, savoure ce “retour de la confiance”.

La confiance… et la garantie !

Depuis deux ans, les ventes de Fiat (marque et groupe) sont reparties à la hausse. Carlos Gomes, DG de Fiat France, savoure ce “retour de la confiance”.

Selon les premiers chiffres publiés par l’ACEA, en 2007 le groupe Fiat aurait repris 0,4 point sur le marché européen des voitures particulières. C’est le plus fort mouvement de hausse de l’année, qui se traduit par une progression de 7,1% des immatriculations en Europe.

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En France, depuis son point bas atteint en 2005, la marque Fiat a progressé de 15%. Il semblerait que Fiat soit aussi devenue en 2007 la première marque importée d’utilitaires dans l’Hexagone.

Alfa Romeo, qui attend la 149, se maintient avec une 159 qui se vend encore mieux que l’ancienne 156. Et Lancia, qui vient de recevoir la nouvelle Musa et attend la Delta, gagne 6% essentiellement sur l’Ypsilon.

Le redressement du groupe dépasse donc largement l’enthousiasme engendré par la 500, même si son succès phénoménal a aussi contribué à l’embellie des statistiques. Carlos Gomes, directeur général de Fiat Group en France depuis 2005, entend bien capitaliser sur “cette confiance retrouvée” et en renforcer l’impact par des garanties étonnantes comme les cinq ans ou 500.000 km de la Bravo et de la nouvelle Croma SW.

KME : Ces cinq ans ou 500.000 km pourraient interpeller les entreprises, mais il s’est parfois vu, ailleurs, des annonces de ce genre qui précisaient “sauf utilisation professionnelle”. Prévoyez-vous des restrictions du même ordre ?

Carlos Gomes : Non, parce que le message doit être clair. Nous avons confiance dans la qualité de nos produits, nos clients nous font confiance, nous ne voulons pas brouiller le message. Commencer à exclure les utilisateurs professionnels alors que de toute évidence ils seront pratiquement les seuls susceptibles de parcourir 500.000 km en cinq ans, ne nous semblait pas propice au développement d’une relation fiable.

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KME : Une garantie a toujours un coût que vous avez bien sûr évalué ! Ce coût, allez-vous le répartir sur tous les utilisateurs, professionnels ou pas, dont le kilométrage est plus modeste ?

C.G. : Chacun peut choisir la formule qui correspond le mieux à son usage. Vous avez le choix entre une garantie exceptionnelle ou une remise et une garantie normale. C’est transparent. Nous n’avons pas de souci de fiabilité. La marque a connu, c’est notoire, des difficultés qui résultaient de problèmes liés à sa stratégie. Mais les produits n’étaient pas en cause. Quand nous avons lancé la nouvelle Panda, nous avons vu revenir des clients qui avaient toujours celle des années 80 et qui en étaient pleinement satisfaits ! Aurions-nous dû attendre plus de 20 ans pour renouveler ce modèle, c’est une autre histoire…

KME : La 500 revient même après 50 ans. Allez-vous en faire un nouveau blockbuster ?

C.G. : Notre offensive commerciale repose désormais sur une gamme en redéploiement et pas seulement sur la compétitivité d’un ou deux modèles. Le phénomène 500 contribue naturellement à mettre en exergue le renouveau d’image de Fiat, mais ce renouveau s’est construit plus graduellement. La Panda a relancé Fiat dès la fin 2003, sur un segment de marché où nous avons une légitimité historique de fabricant de petites voitures économiques, mais pratiques et attachantes et surtout fiables. La nouvelle avec son moteur 1.3 Multijet et son confort en progrès évident, prenait un caractère polyvalent aujourd’hui indispensable dans ce créneau. La Grande Punto a mis en évidence notre acquis technologique, mais a aussi jeté les bases d’un renouveau du style Fiat. Et la Bravo a confirmé, c’est une très belle automobile qui s’inscrit parfaitement dans ce qu’attend le client d’une italienne. Sur l’ensemble de ce large segment de marché très important en Europe, disons de 3,50 m à 4,40 m, nous avons désormais une offre extrêmement compétitive et très attractive.

KME : L’actualité de Fiat c’est aussi l’arrivée du moteur 1.6 Multijet, une autre spécialité du groupe, puisque les premiers diesels common-rail sont nés à Mirafiori au début des années 90, et que les Multijet 1.3 et 1.9 conçus chez Fiat ont fait le bonheur de plusieurs autres marques dans le monde.

C.G. : Avec l’arrivée du 1.6 Multijet, Fiat va disposer du chaînon manquant dans ses motorisations diesel entre le 1.3 et le 1.9 et ainsi pouvoir exploiter les vertus du “downsizing”, stratégiquement essentielles dans une période de crise énergétique où chaque goutte de carburant et chaque gramme de CO2 sont importants. Le premier modèle à recevoir ce 1.6 Multijet en version 105 ch sera la Bravo qui, ainsi motorisée, devient, avec ses 129 g, éligible au bonus de 200 euros, alors que naturellement la Panda, la 500 et la Grande Punto sont elles-mêmes en 1.3 Multijet éligibles au bonus de 700 euros.

KME : Vous venez aussi de relooker la, ou le Croma. On ne sait pas trop comment dire, car la première version avait été présentée comme une berline, la nouvelle est qualifiée de break, en fait, c’est aussi un monospace.

C.G. : Le nouveau Croma, dont l’appellation exacte devient Croma SW, est désormais clairement désigné comme station-wagon, c’est-à-dire comme un break. Mais si sa ligne apparaît plus fluide et élégante, il s’inscrit aussi dans une logique de gamme monovolume avec l’Idea et le Multipla. Ce Croma SW, dans ses deux motorisations 1.9 Multijet 120 et 150 ch, est à 160 g, donc bien placé en TVS, et il échappe au malus, ce qui conforte sa compétitivité.

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KME : Verrons-nous une vraie berline Croma ?

C.G. : Dans ce segment, on attend aussi que Fiat privilégie l’aspect pratique, c’est la logique du SW. Le client d’une berline classique est plus attaché à une image statutaire ou sportive, c’est davantage le créneau d’Alfa Romeo avec la 159 ou de la Lancia Thesis. C’est aussi un marché dominé par les utilisateurs professionnels et les entreprises. Nous avons d’ailleurs mis en place des cercles entreprises qui nous permettent d’avoir une approche multimarques et de proposer l’ensemble des gammes du groupe : Alfa Romeo, Lancia, Fiat. C’est un marché où le professionnalisme du réseau et sa compétence en matière de financement sont reconnus et appréciés, comme le succès des utilitaires Fiat en témoigne. Notre offre produits, qui va encore se renforcer, nous permet de relancer une nouvelle dynamique vers ce marché des entreprises.

Propos recueillis par Louis Daubin et jean-pierre durand

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