Publié le 9 juin 2008 | par Rédaction

Gilles Michel a remplacé Claude Satinet à la direction de Citroën
il y a un peu plus d’un an. Son prédécesseur avait fortement contribué à rajeunir l’image de la marque aux chevrons et de sa clientèle. Gilles Michel poursuit cette politique qui a vu toute l’offre produit être renouvelée. Cette mue vient de s’achever avec le lancement de la nouvelle C5. Nous avons profité de l’occasion pour rencontrer Gilles Michel et parler avec lui de la nouvelle berline, de la politique de Citroën et de ses ambitions vis-à-vis de vos entreprises.

Kilomètres Entreprise : Comment s’est passée cette première année à la tête de Citroën ? Gilles Michel : J’ai un grand plaisir à être à la tête d’une marque qui a commencé à bouger il y a quelques années et qui est en train d’accélérer son mouvement. Nous faisons un vrai retour à une position de généraliste dans la cour des grands. gilles_michel_int1.jpg KME : De quelle manière ? G.M. : Nous n’avons pas seulement renouvelé nos produits, nous avons voulu reconstruire le style de Citroën. Cela a permis à la marque de retrouver de la crédibilité et de mieux se positionner après des années difficiles. Nous avons maintenant des ambitions élevées pour le futur : des ambitions de développement de volume par un développement géographique, des ambitions par élargissement de notre offre sur plus de segments pour chercher des clients que nous n’avions pas, des ambitions par positionnement de modèles sur des marchés où nous n’étions pas présents, le marché Premium par exemple ! KME : Vous faites référence à la C5… G.M. : Nous sommes dans une phase de conquête. Avec la C5 nous voulons conserver notre socle, le traditionnel public des Citroën, qui aime leur confort et leur ligne. Mais nous avons besoin, pour des questions de crédibilité et de volumes, mais aussi pour atteindre la position qui correspond, selon nous, au potentiel de notre marque, d’aller chercher d’autres clients. Ils ont un profil différent : d’âge, de position professionnelle, de nationalité. Ils sont influencés dans ce segment par des codes qui sont de toute évidence allemands. Avec la C5, nous allons les chercher. KME : Du coup, beaucoup de fondamentaux Citroën semblent abandonnés avec la C5 ! G.M. : Sur ce segment, le client a des références germaniques, des comportements routiers différents. Nous devions aller dans son sens, ce que nous avons fait. C’est une audace assez forte de notre part que d’avoir remis en cause, pour le programme C5, ce que certains considéraient comme des obligations : le hayon, la suspension pneumatique, le style même. Nous avons eu le courage de nous demander où il fallait bouger pour aller chercher, sans se renier, ces clients qui n’ont pas le réflexe Citroën. Ce qui posait la question de savoir ce qu’est Citroën. La réponse avec C5, c’est de dire que dans ce segment, une Citroën doit être une belle auto, élégante, aux lignes pures et fluides. Elle doit aussi être une voiture confortable, on pense bien sûr aux suspensions, mais également au confort acoustique. D’ailleurs, la suspension métallique n’est pas une dénaturation dans la mesure où le confort reste de premier niveau. Et il est toujours possible, pour les habitués, de choisir la suspension hydropneumatique. Ils retrouveront un confort exceptionnel, du grand Citroën ! KME : Vous vous tournez vers le marché des entreprises ? G.M. : Vendre nos voitures aux professionnels, aux leasers, aux loueurs longue durée, aux entreprises, etc., ce n’est pas une révolution. D’ailleurs, si le C4 est un grand succès, c’est notamment parce qu’il a pénétré le marché de l’entreprise au-delà même de nos espérances. gilles_michel_int2.jpg Le changement profond que nous avons opéré avec la C5 a été d’intégrer cet objectif au coeur du programme. Cela veut dire, par exemple, que nous nous sommes préoccupés très en amont des coûts d’usage, de la construction de gamme, des coûts de maintenance, du coût des équipements, mais aussi de la valeur résiduelle de la voiture qui est totalement déterminant. KME : De quelle manière ? G.M. : Sur les entreprises, notre objectif était de nous requalifier. Avec elles, la discussion est fondamentalement économique et nous voulions rentrer à des conditions de rentabilité satisfaisantes, pas à coups de rabais… Pour la première fois, nous avons fait un gros travail avec des organismes comme l’Argus. Nous avons regardé avec eux quels sont les considérants qui font la valeur résiduelle d’une voiture, savoir comment nous étions positionnés tel que nous avions défini notre programme et l’ajuster. Les PME sont notre cœur de marché, c’est là que nous faisons du volume et c’est celui que nous connaissons le mieux. KME : Cette année a vu l’arrivée de l’écotaxe, une berline comme la C5 ne sort-elle pas un peu à contretemps ? G.M. : D’abord, il faut dire que la France n’est pas l’Europe et nous regardons le marché globalement. Ensuite, la C5 est bien placée sur un segment où je crois que, compte tenu de la gamme de prix, cela aura plus d’impact pour des effets de seuils, de psychologie et d’ouverture de la gamme que de volume. Cela dit, j’ai bien conscience qu’il est nécessaire d’enrichir notre offre C5 par des versions encore plus compétitives en termes d’émissions de CO2, et c’est ce que nous allons faire. C’est important d’avoir cette crédibilité, donc, nous l’aurons. Nous sommes en train d’industrialiser un modèle à moins de 140 g qui sortira en 2008. KME : Les taxes écologiques auront-elles un impact sur le reste de la gamme ? G.M. : On ne le dit pas assez, mais Citroën est un leader en Europe en matière d’émissions de CO2. Notre offre est très bien placée avec une technologie très efficace basée sur la technologie diesel HDi, mais aussi le “stop and start”. Nous avons dans nos cartons de nombreux nouveaux projets ou des projets d’amélioration des technologies existantes pour maintenir notre leadership. gilles_michel_int3.jpg À l’horizon des trois ans, vous verrez le “stop and start” massivement déployé sur notre offre, des moteurs diesel et essence optimisés avec des technologies complémentaires qui vont améliorer les émissions de CO2 tout en améliorant la performance elle-même. Vous verrez aussi une variété d’offres d’hybridations qui iront jusqu’au full hybride diesel. Propos recueillis par Louis Daubin et Guillaume Roul

Documents joints

Boris Ilic, Responsable des Ventes Sociétés d’Audi France : “Accompagner et fidéliser pour progresser”. Challenger émérite sur le segment Premium, Audi apporte sa pierre à la reconstruction très écologique du paysage…

Lire la suite
edito

Le covid 19 depuis plus de 2 ans, la crise des composants et semi-conducteurs, le conflit Russo/Ukrainien, le déficit d’approvisionnement gazier, pétrolier, et électrique, l’envolée des couts de ces énergies et matière …

Lire la suite
Les articles les plus lus

Toyota C-HR Hybride Business : Un crossover hybride

Parce que le segment du crossover est désormais incontournable dans la compétition commerciale, To...

Renault Kangoo Maxi : Le Kangoo dopé aux anabolisants

Après le Kangoo « normal » et la version Compact dédiée aux professionnels des villes, Renault ...

Augmentation de salaire vs voiture de fonction ?

Si l'automobile n'a plus le même pouvoir de séduction, la voiture de fonction conserve ses droits ...

Législation : ZFE-m : 33 supplémentaires en 2024 ?

La loi “Climat et Résilience” prévoit d’étendre les Zones à Faibles Émissions mobilité (...

« Il faut apprendre à lire et résister au politiquement correct » (Elisabeth Badinter)

En une phrase simple, madame Badinter aura résumé ce qui doit nous guider dans nos métiers. Lire ...