Publié le 24 octobre 2013 | par Louis DAUBIN

Jean-Luc Gérard, président de Ford France nous livre son analyse de l’évolution du marché français des véhicules d’entreprise. Il ne perçoit pas encore de mouvement vers les motorisations essence en entreprises. Ford proposera deux véhicules hybrides dès l’an prochain.

Kilomètres Entreprise : Quel regard portez-vous sur l’année 2013 ?
Jean-Luc Gérard : Le marché français 2013 est ce qu’il est et nous y observons tout particulièrement une demande faible sur le segment des particuliers. Depuis le début de l’année, Ford est à 4,7 % de part de marché pour les voitures particulières, mais cela va plutôt bien sur les utilitaires. Par ailleurs, nous avons rencontré des difficultés de livraison ; nous avons eu des forts délais sur le Kuga et nous avons constaté, dans certaines familles de produits, un changement de mix avec plus de moteurs essence que prévu, tout particulièrement avec le moteur 1.0 Ecoboost.

Jean-Luc GERARD

Jean-Luc GERARD

KMS : Et sur le marché des entreprises ?
J-L. G. : Notre part de marché sur le segment des particuliers est supérieure à notre pénétration sur le marché global. Nous faisons moins d’immatriculations tactiques qu’auparavant, mais nous avons perdu sur le segment des flottes. Ford Business Partners propose tous les produits de financement, LOA et LLD notamment. Business Partners doit faire environ 6.000 voitures cette année.

Par ailleurs, nous sommes au cœur d’une rafale de lancements qui va faire de notre offre utilitaire, la plus compétente et la plus large du marché. Le fait de produire nos propres utilitaires, sans recourir à des coopérations, est un avantage. L’utilitaire est une vraie compétence de la marque Ford. Nous avons un vrai savoir-faire dans ce domaine.

KMS : Comment comptez-vous dynamiser ce marché ?
J-L. G : Le marché des véhicules d’entreprises dépend des capacités de financement et je constate une certaine frilosité des établissements financiers et celle-ci freine les ventes. Nous sommes dans un climat où il n’y a pas beaucoup de confiance. Cela dit, nous avions chez Ford développé une captive et actuellement nous rencontrons quelques difficultés dues aux très grandes offensives de nos concurrents.

Par ailleurs, en ce qui concerne ce marché, nous notons que la part des constructeurs français sur le marché VP Entreprises progresse tandis que les marques Premium gagnent du terrain. Les autres constructeurs généralistes, comme Ford, souffrent. Le marché est difficile et il est de plus en plus difficile de trouver un point d’équilibre financier tout en maintenant le passage des voitures par nos concessionnaires.

KMS : Quels sont vos objectifs en volumes ?
J-L. G. : Atteindre les 12.000 à 13.000 voitures particulières sur le segment des sociétés serait bien. En y ajoutant un peu plus de 20.000 véhicules utilitaires, cela donne un objectif de 35.000 véhicules vendus par le réseau aux entreprises.

KMS : Avec des moyens spécifiques ?
J-L. G. : La spécialisation des forces de ventes sur le véhicule utilitaire et sur le marché des entreprises est un des éléments que nous mettons en place. Il s’agit de développer cette spécialisation. En plus de ceux qui ont déjà mis en place une telle démarche, nous avons identifié une cinquantaine de concessionnaires qui pourraient répondre à cela. Ils s’appuieront sur une offre VU en plein renouvellement et sur une gamme Business comprenant ds véhicules bien placés en CO2.

Jean-Luc GERARD

Jean-Luc GERARD

KMS : Quelles évolutions, percevez-vous sur le marché français ?
J-L. G. : La France, qui était la patrie du monospace, va rapidement vers le SUV. Il y a un aspect social, valorisant de ce genre de véhicule. Sur le marché du crossover, comme nous n’avons qu’une seule offre avec le Kuga, pour le moment nous regardons plutôt le marché.

KMS : Pensez-vous que les véhicules essence progressent sur marché des entreprises ?
J-L. G. : Nous n’observons pas de poussée des motorisations essence en entreprises, car les kilométrages restent élevés avec, en location, des durées moyennes de 42 mois, donc nous restons majoritairement diesel. Cela pourrait changer sur les petites voitures et cela dépendra à la fois de la fiscalité et du durcissement des normes. Euro VI va renchérir le coût du diesel. Ce coût additionnel est actuellement estimé à 700 euros. Ce sera fin 2014 pour les nouveaux modèles.

Sur le marché tous canaux, nous vendons actuellement autant d’essence que de diesel sur les petites voitures. Nous l’expliquons par la baisse des kilométrages, la différence de prix, le progrès des motorisations essence et éventuellement les coûts d’entretien.

KMS : Etes-vous satisfait des ventes du petit monospace B-Max ?
J-L. G. : Avec le B-Max, nous avions l’espoir d’aller chercher des clients au-delà des monospaces du segment B. Nous faisons 17 % d’un segment qui est tout petit et représente 4 % du marché total. En France, nous sommes à peu près aux objectifs, mais nous sommes premiers en Europe. Plus généralement, il y a de plus en plus de silhouettes dans le segment B.

KMS : Et pour la Focus ?
J-L. G. : Nous sommes à 5 % du segment et rêvions de faire plus. Sur ce segment, nous souffrons sur le marché des entreprises avec la concurrence des marques françaises et la croissance des entreprises. Sur la Focus, nous allons avoir une voiture essence avec moteur EcoBoost à 99 g/km de CO2.

KMS : Et l’électricité ?
J-L. G. : Nous aurons une Focus électrique. Je crois au développement des énergies alternatives quand elles sont compétitives et proposent une certaine facilité d’usage. Actuellement, le problème de la voiture électrique réside dans la présence d’une borne de recharge à l’endroit où vous stationnez. Il faudrait construire la ville autour du véhicule électrique ce qui n’est pas le cas. Il y a un vrai problème d’infrastructures.

KMS : Et l’hybride alors ?
J-L. G. : Nous aurons une motorisation hybride dans notre gamme l’année prochaine. Nous aurons une double offre. Elle comprendra un C-Max hybride rechargeable qui sera homologué aux alentours des 2,2 l/100 km et une Mondeo hybride à la fin 2014, pratiquement au lancement de l’ensemble de la gamme.

KMS : Et la Mustang ?
J-L. G. : Nous aurons la nouvelle génération de Ford Mustang en 2015. C’est un véhicule mythique qui a été emblématique de la marque Ford. Avec la Mustang, nous aurons un véritable porte-drapeau.

Jean-Luc GERARD

Jean-Luc GERARD

KMS : Comment se porte le réseau ?
J-L. G. : Nous avons 312 points de vente ce qui correspond à 92 investisseurs soit 180 codes concessionnaires. Notre couverture du territoire est bonne avec peut être quelques trous en Région Parisienne. Pour une marque généraliste, les 300 points de vente constituent l’idéal.

KMS : Que diriez-vous aux chefs d’entreprise ?
J-L. G. : Ford a une gamme complète, compétente, très fiable avec un réseau qui couvre bien le territoire. Ce sont de bonnes raisons de rouler en Ford. Par-rapport à la concurrence française, nous sommes plutôt au-dessus en terme de technologie. Et nous les avons démocratisées, à l’exemple du régulateur de vitesses ou du Park Assist. Nous avons popularisé beaucoup d’équipements qui rendent la route plus sûre et plus douce.

Propos recueillis par Bertrand Gay & Louis Daubin

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