Publié le 24 novembre 2010 | par Rédaction

Le directeur du programme « voiture électrique » de Renault est confiant. Les développements se passent comme espéré et les premières voitures seront dans la rue à la mi-2011. Le constructeur s’appuie sur des volumes qui seront assez élevés pour abaisser rapidement le coût de ses véhicules et de la location des batteries.

KME : Le programme « voiture électrique » de Renault se déroule t-il comme prévu ?

Thierry Koskas : Le programme se déroule conformément à ce qui était prévu. Nous mettrons les Fluence ZE et Kangoo ZE sur le marché à la mi 2011. Nous commercialiserons Twizy à la fin 2011 et la Zoe à la mi 2012. Nous finalisons actuellement le marketing et les outils de commercialisation de ces véhicules. Il sera possible de passer des pré-commandes de Kangoo ZE et de Fluence ZE au Mondial, avec un acompte.

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Nous estimons qu’à l’horizon, une voiture sur 10 vendue dans le monde sera électrique. En France, cela pourra monter à 15 % du marché car nous sommes dans un contexte relativement favorable. Il y a un enjeu économique autour du VE. Renault investit 800 millions d’euros dans ces programmes, 80 % des véhicules seront produits en France et la moitié des ventes aura lieu en France. Nous voyons émerger une filière voulue par Renault avec le soutien des pouvoirs publics.

KME: Les craintes de l’utilisateur de voiture électrique se situent au niveau de l’autonomie, que proposez-vous pour les rassurer ?

T.K. : Nos véhicules auront une autonomie de 160 km. Pour les particuliers, il sera possible de recharger ses batteries sur une prise classique, mais Renault préconise tout de même une prise spécifique 16 Ampères. En ce qui concerne les immeubles, nous travaillons à ce qu’il apparaisse dans les constructions existantes un droit à la prise, comme il existe à droit à l’antenne pour la réception de la télévision. Et les immeubles neufs, à partir de 2012, verront leurs parkings dotés de bornes de recharge.

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Nous ne verrons pas en France à court terme, le principe d’échanges de batteries. Ce qui compte c’est qu’il y ait des bornes de recharge, notamment celles prévues dans le cadre du « Plan Borloo ». Partenaires-clés de ce dispositif, les collectivités locales recevront des exemplaires du « Livre Vert » du véhicule électrique. Il y aura des stations d’échange de batteries Better Place En Israël et au Danemark.

KME : Quelle est la stratégie de Renault pour se VE ?

T.K. : Dès le départ, nous voulons faire du véhicule électrique un véhicule de masse. Et ce même si les Kangoo ZE et Fluence ZE s’adressent principalement aux flottes. Pour la Zoe nous visons, dès le départ, le marché de particuliers. Pour cela nous avons l’objectif de proposer le véhicule électrique au même prix que le diesel avec des coûts d’usage comparables. C’est-à-dire que la location de la batterie et le coût de la recharge sont identiques à celui du gazole actuel.
Les prix de vente de la Fluence ZE et de la Kangoo ZE seront dévoilés au Mondial de l’Automobile.

KME : Justement, comment allez vous organiser ce principe de location des batteries ?

T.K. : Nous avons choisi de séparer les coûts de la voiture et de la batterie pour avoir un discours très simple : identique à l’achat et identique à l’usage. Renault organisera la location de batteries et cela va constituer une véritable activité : Il s’agira d’assurer la surveillance de l’état des batteries mais également d’apporter une véritable prestation technique autour de la location de batteries. Il s’agira d’assurer le client d’un véritable service autour des batteries et non de lui louer un objet. Ainsi, si la batterie est en mauvais état au bout de cinq ans, elle peut être remplacée. C’est Renault qui prend le risque de l’incertitude du vieillissement des batteries. T_Koskas_photo2_small.jpg
Par ailleurs, le réseau joue un rôle essentiel pour nous : il est très important que la vente et l’entretien puissent être réalisés par le réseau comme actuellement avec les voitures à moteur thermique.

KME : Comment cela se passera t-il pour les entreprises qui loueront leurs véhicules en LLD ?

T.K. : Ils loueront leur véhicule auprès de leur loueur et paieront un loyer à RCI pour la batterie. En entreprise, la Fluence sera dans la majorité des cas une voiture de société, de pool ou elle peut être une voiture affectée. Le tarif des loyers proposés commencera avec un kilométrage de 10.000 kms. Ce qui se passera en Israël sera totalement différent notamment grâce aux stations d’échange de batteries. Les utilisateurs de la Fluence ZE pourront faire couramment 30.000 kms par an.

KME : Et à qui s’adresse la Kangoo ZE ?

T.K. : Il conviendra principalement pour des livraisons urbaines et nous concourrons dans le cadre de l’appel d’offres « Bailly ». Le Kangoo ZE est pas mal placé sur ce contrat là. Un marché de 15.000 unités ce n’est pas à négliger. Nous verrons rapidement ces voitures dans la rue. Cela va contribuer à la baisse des coûts grâce aux effets d’échelle. Plus de 90 % des fourgonnettes de la Poste font moins de 100 km par jour. Et dans le segment B, 32 % des voitures ne font jamais plus de 150 km d’un coup. Ces usages sont couverts intégralement par les performances actuelles du VE

KME : Et pour le coût d’utilisation total du véhicule ?

T.K. : Et en ce qui concerne le TCO, nous pensons que nous sommes pas mal placés. D’ailleurs, le TCO reste le fil conducteur de notre démarche.

KME : A qui s’adressera la Twizy, le quadricycle que vous lancerez fin 2011 ?

T.K. : Il s’agit d’un concept de véhicule urbain totalement nouveau, très simple et abordable. Nous visons trois cibles : les jeunes actifs urbains, le véhicule « Joker » de la famille ainsi que les systèmes d’autopartage. Twizy existera en deux versions : avec ou sans permis.

KME : Pensez-vous que les incitations et taxations favorables au véhicule électrique sont pérennes ?

T.K. : Nous n’avons pas d’inquiétude sur la stabilité fiscale des dispositifs existants. Pour développer le marché et la filière, il faut une politique cohérente. Nous comptons sur la sagesse du législateur. Nous avons décidé d’investir massivement dans le VE en étant portés par un consensus majeur Etat-constructeur.

KME : Et l’avenir pour les batteries ? Peut-on envisager une augmentation de l’énergie qu’elles contiennent et une meilleure durabilité ?

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T.K. : De nouvelles générations de batteries sont actuellement en développement et leur densité énergétique va s’accroître. Elle est actuellement de 150 Wh/kg. On peut aisément imaginer que ce chiffre double d’ici dix ans. A cette échéance, nous aurions donc la même énergie dans un volume de batterie deux fois moins important ou deux fois plus d’autonomie. En ce qui concerne le vieillissement, celui-ci dépend de deux facteurs : le temps et le cyclage. Par ailleurs, sur une batterie lithium-ion, les petites recharges, de type « biberonnage » n’ont pas d’effet négatif.

Propos recueillis par Bertrand GAY.

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