Publié le 29 mai 2012 | par Rédaction

L’Essentiel en 5 Points
– L’offre en matière de véhicule électrique et hybride est une réalité
– Les hybrides rechargeable rassurent grâce à leur autonomie supérieure
– Les véhicules électriques obligent à un changement de conduite et engendrent une sinistralité moindre
– Les voitures électriques ne sont pas encore des véhicules de fonction
– Le système de pool en entreprise ou d’autopartage permet de faire rester aux collaborateurs ce nouveau mode de transport

D’un côté, le pétrole se raréfie et le prix des carburants ne cesse d’augmenter. De l’autre les véhicules qui peuvent s’en passer sont rares et leurs prix restent élevés. Dans cette période de transition, il nous a paru nécessaire de faire le point sur les véhicules électriques. Les acteurs du marché ont massivement répondu présent. Ils ont du se serrer autour de la Table Ronde mensuelle de Kilomètres Entreprise pour faire un point sur le présent et l’avenir de ces véhicules dans vos entreprises.

L’offre…

Nous avons d’abord fait le point avec les constructeurs sur leurs offres. Toyota, qui a été précurseur sur le marché des véhicules hybrides, reste centré sur cette technologie parfaitement adaptée à la transition que nous évoquions. Benoît Blanckaert, Chef du département Toyota Entreprises et Toyota Occasions en France rappelle que le groupe japonais « travaille depuis les années 70 sur les véhicules électriques et hybrides. Ce dernier nous semble pour l’instant la solution la plus rationnelle pour un véhicule multi usages.

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Mais nous travaillons aussi sur des hybrides rechargeables qui sortiront dès le mois de juin. » Chez BMW aussi, les premiers pas dans l’électrique sont passés par des véhicules hybride sur la gamme 7 et la X6. Mais Antoine Bourbonneux confirme que l’électrification va se développer au sein de la marque allemande. « BMW a signé des accords de partenariat, d’un côté avec Toyota et de l’autre avec PSA pour la création d’une joint venture. A la fin de l’année prochaine nous lançons BMW i, notre marque écologique, avec une gamme toute électrique. »

Du côté du cousin germain, Mercedes pour ne pas le nommer, on a suivi un chemin parallèle. L’expérience électrique a commencé en 2009 avec la Classe S Hybride Essence. Elle va se poursuivre avec la sortie en juin d’une Classe E Hybride Diesel qui sera la première berline de luxe de ce type qui permettra de baisser les émissions de CO2 à 109g et la consommation de carburant 4 litres de carburant en couple mixte. Le pur électrique rappelle Pascal Buquet, responsable des Ventes Sociétés Mercedes Smart Entreprises, est représenté dans le groupe par la marque Smart : « Nous allons lancer la Smart électrique Phase 3 avec achat du véhicule et location de la batterie pour un coût plus mesuré. »

Chez Citroën, on a suivi le chemin dans l’autre sens, la gamme des véhicules électriques a précédé l’Hybride Diesel. La gamme de véhicules électriques Renault quant à elle été lancée à l’automne 2011 avec Kangoo ZE et Fluence ZE. Les sorties s’enchainent depuis puisque la marque au losange qui vient de lancer Twizy s’apprête à présenter Zoé.

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Nissan a pour objectif d’être leader sur les véhicules zéro émission. Vincent Breton rappelle que la Nissan Leaf a été le premier véhicule 100% électrique à être voiture de l’année, en 2011 : « C’est aussi le premier véhicules électrique vendu aux mondes (plus de 25 000 véhicules vendus, surtout au Japon et aux Etats-Unis) et nous allons bientôt lancer le NV200, notre premier utilitaire électrique. »

Enfin Opel commercialise depuis l’année dernière l’Ampera qui a été élue voiture de l’année 2012 et a gagné le Rallye de Monte Carlo des Energies Nouvelles en mars 2012. L’Ampera partage sa plateforme, sa technologie et ses titres avec la Chevrolet Volt. Ces deux voitures sont les premiers véhicules électriques européens munis d’un prolongateur d’autonomie. On peut parcourir entre 40 et 80 kilomètres sur les batteries et jusqu’à 500 kilomètres grâce au prolongateur d’autonomie. Pour Olivier Presse, responsable de projet Ampera, c’est donc un véhicule qui efface la peur de la panne.

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Carmelo Iaconi, responsable des Ventes Flottes et Corporate Business chez Piaggio France est là pour nous rappeler que les technologies électriques ne se limitent pas aux voitures : « Je représente le 2 et 3 roues hybride. Le Piaggio MP3 Hybrid est commercialisé surtout en Italie, moins en France où, pour le moment, il est surtout distribué aux collectivités. Nous espérons toucher un plus large public avec l’arrivée du 300cm3 Hybride qui aura plus d’autonomie que le 125cm3 que nous distribuions jusque là. »

La demande….

Les véhicules existent donc et l’offre est variée. Mais les clients sont ils au rendez-vous, les entreprises montrent-elles un intérêt ? Les constructeurs sont aussi optimistes qu’on pouvait s’y attendre, les loueurs un peu plus prudents. Didier Blocus, responsable du développement des véhicules électriques chez ALD Automotive France, rappelle que les constructeurs les plus optimistes ne parlent que de 10% de leurs ventes en 2020 : « Il n’a donc jamais été question de remplacer les véhicules thermiques par des véhicules électriques. »

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Vincent Rupied, directeur marketing stratégique chez ARVAL, estime que le véhicule électrique est incontournable mais qu’atteindre quelques pour cents dans les flottes dans les cinq années à venir serait déjà un exploit compte tenu du caractère novateur de la technologie. Selon lui, la révolution ne se fera pas sur la part de marché globale mais plutôt sur l’identification dans l’entreprise de segments qui sont adéquats pour l’utilisation de véhicules électriques : « Je parle d’utilisation locale sur périmètre fermé ou sur courtes distances quotidiennes. Si on pénètre sur ces segments, ce sera déjà un grand succès. Les loueurs s’y emploient en transformant l’offre industrielle en offre de service avec des argumentaires précis sur les avantages et les inconvénients. »

Pour Jean-Louis Wiedemann, Chef de Service marketing – ventes flottes et véhicules utilitaires Renault, le développement de l’électrique se fera en fonction des contraintes légales : « L’accessibilité des centres urbains va être de plus en plus problématique pour des questions liées à la qualité de l’air. Par ailleurs, les entreprises seront obligées d’améliorer leur bilan CO2 et il n’existe pas beaucoup de piste, l’électrique en est une. Mais la volonté politique est toujours sujette à caution. Pierre Laromiguière, responsable véhicules utilitaires et énergies nouvelles chez Citroën, rappelle qu’en 1993, on votait la première loi sur l’air. : « Elle prévoyait un renouvellement des parcs des collectivités à hauteur de 20% de véhicules propres, mais aucun décret ne prévoyant des sanctions n’est jamais sorti et bien sûr la loi n’a jamais été respecté. Or, aujourd’hui la volonté politique semble en recul… »

Véhicule de fonction ou de service ?

Si pour Olivier Rigoni, directeur associé du cabinet conseil Cogecar, c’est un véhicule de service avant tout, pour Fabrice Recoque et Chevrolet, tout dépend du véhicule : « c’est vrai si on parle d’un petit véhicule urbain mais la Volt par exemple est une voiture qu’on peut utiliser en électrique la semaine et sur de longues distances le week-end avec le prolongateur d’autonomie. En outre, elle procure un agrément comparable à celui d’une berline classique, ce qui en fait aussi une voiture de fonction. »

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Vincent Rupied admet qu’on voit arriver des modèles qui vont peut-être incarner une utilisation plus personnelle de la voiture électrique mais pour le moment, on est encore dans une utilisation à la mission : « Il existe une peur de l’automobile électrique qui est naturelle, c’est la peur de l’innovation qu’on retrouve dans tous les domaines. Principalement, la problématique d’autonomie n’est pas résolue. Quand on interroge les chefs d’entreprise sur le seuil d’autonomie qui les ferait déployer le véhicule électrique autrement que par test, la réponse est de 300 à 320 kilomètres. » Il répond en cela à une statistique surprenante : 60 % des Clio appartenant à des particuliers ne font jamais un trajet de plus de 60 kilomètres (des chiffres confirmés par Citroën !) Un tel différentiel entre l’usage réel et l’usage théorique des véhicules demande d’apporter en plus des solutions pratiques, des réponses psychologiques.

L’auto partage et la LLD en full service sont des façons de financer ces véhicules onéreux et d’aider les clients potentiels à dépasser leurs appréhensions. Carbox gère 300 véhicules dont 10% sont en électrique. Mais plus de 50% des projets sur lesquels travaille la société concerne l’électrique. Emmanuelle Katz, directrice de marketing estime que « l’enjeu pour nous est de rendre les choses simples pour l’utilisateur. Le système d’auto partage en pool permet d’optimiser la flotte et on arrive à des packages dont la gamme de prix est similaire au thermique. » Didier Blocus considère que l’un des rôles des loueurs est de faire un diagnostique au niveau des flottes pour voir s’il existe des places où les véhicules électriques s’adaptent parfaitement : « Si c’est le cas, on les encourage à s’équiper car c’est un formidable vecteur d’image, très bien perçu aussi par les collaborateurs. »

Autonomie et recharge.

On l’a dit, le frein principal à la pénétration de l’électrique dans les entreprises comme chez les particuliers et liée à la crainte d’une autonomie limitée et aux inconnus sur la recharge. L’autonomie moyenne des purs véhicules électriques dépend des modèles et l’autonomie réelle dépend de paramètres tels que la température et l’usage. Pour une autonomie moyenne de 170 kilomètres annoncée par Renault sur la Kangoo ZE, l’écart va de 100 kilomètres dans le pire des cas à plus de 200 kilomètres pour un conducteur qui fait attention. Heureusement, loueurs et constructeurs sont d’accord, on n’utilise pas un véhicule électrique de la même façon qu’un véhicule thermique, elle incite à rouler plus vertueusement.

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Côté recharge, même si on a connu des situations plus ubuesques, on peut regretter que les constructeurs n’aient pas tous réussis à se mettre d’accord sur une norme pour les recharges rapides. En charge normale c’est beaucoup plus simple, n’importe quelle prise de courant 16 ampères fonctionne : on charge donc sa voiture aussi facilement qu’un téléphone portable. La durée du chargement est toutefois un peu plus longue et dépend de l’ampérage. Il faut juste vérifier que les prises soient aux normes pour donner de la charge pendant six à huit heures.

Dans les entreprises, comme dans toutes les collectivités, se pose la question de l’affectation des coûts. Mais on sait reconnaître les véhicules qui font le plein grâce à des sous compteurs. Les systèmes d’auto partage comme Carbox le permettent de façon à ce que le dernier utilisateur n’oublie pas de brancher la voiture pour qu’elle soit utilisable pour le suivant. Ils servent aussi à ré allouer à chaque entité concernée dans l’entreprise le coût lié à l’utilisation. Chez ALD, le traçage des véhicules permet non seulement l’affectation des coûts mais aussi grâce à la télématique embarquée, de tirer le client de toute situation délicate.

De nouveaux comportements…

On l’a dit, les conducteurs semblent naturellement adopter des façons de conduire plus souples. La première conséquence est une optimisation énergétique mais il existe un effet secondaire intéressant, l’accidentologie diminue. « Il y a effectivement 2,3 fois moins d’accidents avec une voiture hybride qu’avec un véhicule thermique » confirme Benoît Blanckaert, pour Toyota. « Cela s’explique parce que rouler en véhicule électrique représente une nouvelle expérience automobile » affirme Fabrice Recoque pour Chevrolet.

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« D’après notre expérience, c’est bien le véhicule électrique qui entraîne ce changement et qui permet à ce changement d’approche et de mode d’utilisation du véhicule par le conducteur de perdurer dans le temps » confirme Vincent Breton, manager loueurs longue durée et grands comptes, ventes société et utilitaires chez Nissan West Europe. « Le développement du véhicule électrique nécessite une évolution des services proposés afin de permettre aux véhicules électriques de devenir des véhicules de fonction et non plus des véhicules de service.

C’est à nous, constructeurs, d’accompagner davantage ces nouveaux segments d’usages et aider à cette mutation » explique Antoine Bourbonneux pour BMW i. « L’offre des constructeurs est en train d’évoluer ce qui devrait logiquement déboucher sur un développement des ventes de ce type de voiture » sourit Edouard Rance. « D’après notre retour d’expérience, qui a tout de même porté sur plusieurs milliers de kilomètres en usage réel, la conduite des véhicules électriques entraîne effectivement une modification du comportement des conducteur et leur approche de la conduite d’un véhicule, ce qui laisse augurer une vraie place pour le véhicule électrique dans les entreprises et en tant que véhicule de fonction.

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L’arrivée de nouveaux modèles, comme Zoé chez nous, permettra de proposer des véhicules électriques attractifs, innovants, disposant d’une bonne autonomie ainsi que d’un système de charge rapide permettant à ce type de véhicule d’avoir parfaitement sa place dans une car policy d’une entreprise » affirme Benjamin Rebiscoul pour Renault Parc Entreprise. Jean-Louis Wiedemann rappelle aussi que « via Renault Rent, notre société de location courte durée qui propose des voitures électriques comme véhicules de remplacement, de nombreux clients peuvent tester des véhicules zéro émission ».

D’autres constructeurs travaillent au développement de leur offre de modèles à faibles émissions. Ainsi, Pascal Buquet pour Mercedes, souligne la volonté du groupe Daimler de maîtriser plusieurs technologies : « Nous pensons que le véhicule électrique n’est pas encore un véhicule de fonction étant donné l’autonomie limitée ainsi que la dimension économique et fiscale de ce type de voiture. Cela étant, Daimler travaille bien entendu sur des techniques alternatives comme les hybrides, la pile à combustible ou les véhicules électriques. Nous travaillons également sur des véhicules électriques à autonomie étendue, un modèle de ce type devant faire prochainement son apparition sur la base de la nouvelle Classe B. Il convient de rappeler aussi que, lors des appels d’offre auxquels nous répondons, les véhicules électriques ne sont présents que dans environ 1% des cas ».

Quelle rentabilité économique ?

L’offre actuelle en matière de véhicules électrique se heurte en partie à des prix de vente élevés ainsi qu’à une fiscalité certes favorable mais pouvant évoluer dans le futur. Ces changements, dans un sens ou dans l’autre, peuvent-ils aider ou freiner le développement des ventes de véhicules électriques ou hybrides rechargeables ? « Nous parlons quasi-uniquement de VP. Les utilisateurs de ce type de véhicule sont beaucoup plus ouverts aux changements ; avec les VU, il faut davantage préparer l’utilisateur pour que celui-ci accepte l’arrivée d’un véhicule électrique dans son environnement de travail » explique Pierre Laromiguière pour Citroën. « Les voitures électriques ne répondent pas forcément aux mêmes critères de choix des clients. Chez Chevrolet, nous positionnons la Volt face à des modèles de marques Premium et c’est très bien reçu » affirme Fabrice Recoque.

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« Une Leaf à 30 000 euros est régulièrement mis en face d’une A4 ou d’une Série 3. C’est une question de choix et de façon d’être » confirme Vincent Breton. « Cela est certainement vrai, mais il ne faut pas perdre de vue que, lorsque l’on achète une auto, c’est sur l’exceptionnel : la possibilité de partir une fois par an en vacances ou en week-end, un déménagement ou que sais-je encore ? De ce point de vue, le véhicule électrique actuel n’est pas adapté. Et le véhicule électrique ne se compare pas non plus aux hybrides qui ne posent pas de problème d’autonomie au contraire des V.E. ce qui réduit leur champ d’utilisation » affirme Didier Blocus pour ALD.

« Pour apporter une solution à ces problèmes d’utilisation exceptionnelle ou de statut par rapport aux véhicules électriques, nous avons développé un système de crédit mobilité qui permet de disposer d’un petit modèle, qui peut être électrique, au quotidien ainsi que d’un budget permettant de gérer sa mobilité. Chez Carbox, ce budget peut être dépensé en billets de trains, en location courte durée d’autres modèles automobiles, en courses de taxis… » expose Emmanuelle Katz. « Il s’agit d’une offre en multi-location.

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Il peut y avoir une mutualisation des coûts avec des systèmes de pools de véhicules qui peuvent aussi être mis en place selon un critère géographique, comme un groupe d’immeubles par exemple. Aujourd’hui, le véhicule électrique ne répond pas à la totalité des besoins des utilisateurs. Le problème, dès lors, est de parvenir à gérer cette « ultra-mobilité » avec une absence totale de mobilité » souligne Stéphane Crasnier, directeur commercial et marketing chez Alphabet.

« Je tiens à souligner, du point de vue de la mobilité et de la continuité de la mobilité, l’attrait que peut représenter les deux et trois roues hybrides et électriques. Le scooter est un complément attractif de la voiture de fonction » rappelle Carmelo Iaconi pour Piaggio France. Selon Olivier Rigoni, « la participation éventuelle du salarié peut permettre d’avoir accès à un véhicule différent tout en n’ayant pas d’influence sur le coût pour l’entreprise ce qui peut jouer en faveur de la mobilité et de l’aspect social de la gestion des véhicules dans l’entreprise ». « Tout cela est vrai mais il faut faire attention aux différentes topologies des entreprises présentes en France. Le potentiel des PME est très important pour le véhicule électrique, d’autant qu’il peut être associé à la notion de plaisir » affirme Fabrice Recoque.

« Tout ceci passe par une politique forte d’accompagnement des clients afin de les rassurer par rapport à leurs craintes liées à la technologies et aux pannes possibles des voitures électriques » rassure Vincent Rupied pour ARVAL. « Nous disposons de garanties étendues sur la Leaf afin justement de rassurer les utilisateurs. Il convient aussi de souligner que les coûts d’entretien des voitures électriques sont nettement inférieurs à ceux d’une voiture thermique étant donné qu’il n’y a pas de fluide et que l’usage est généralement moins intensif » rappelle Vincent Breton.

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« Notre business modèle pour tous nos modèles Z.E. 100 % électriques est de garantir la préservation des performances de la batterie. Nous nous engageons à la remplacer en cas de baisse des performances en dessous des 75 % de la charge nominale. Le risque n’est donc absolument pas porté par l’utilisateur » conclut Benjamin Rebiscoul.

En conclusion

La mobilité électrique est devenue une réalité avec la commercialisation depuis quelques mois de nombreux modèles 100 % électriques. Dans le même temps, la plupart des constructeurs travaillent sur de nouvelles solutions, l’hybride rechargeable semblant représenter la solution la plus efficace dans un avenir proche, permettant ainsi d’allier faibles consommations de carburants, faibles émissions de CO2, autonomie en 100 % électrique étendue et absence de crainte face à la « panne d’énergie ».

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Les choses devraient donc encore s’accélérer dans les mois et les années à venir comme le souligne Fabrice Recoque : « Nous sommes dans une phase de pionniers. Le concept d’autonomie prolongée est une vraie réponse à toutes les demandes des clients y compris celui du plaisir de conduite. Nous n’avons pas de volonté de faire du volume avec la Volt aujourd’hui. En revanche, notre politique à long terme est beaucoup plus ambitieuse avec notamment le lancement de nouveaux modèles comme la Spark électrique fin 2013 ».

Pour Opel, qui commercialise le même modèle que Chevrolet mais sous un badge différent, Olivier Presse explique que « si l’on veut faire du véhicule électrique un « mass market », la notion de développement de l’offre des constructeurs est fondamentale. Ils devront apporter une réponse à la demande d’usage complet des utilisateurs. Enfin, du côté des entreprises, il est souhaitable que les aides accordées aux véhicules électriques soient pérennes et que des aménagements sur l’amortissement de ces véhicules soient mis en place ».

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Chez Citroën, Pierre Laromiguière souligne l’existence d’une offre disponible immédiatement : « Nous disposons d’une offre de véhicules électriques crédible à condition de bien segmenter les besoins et d’analyser les différents usages. D’un point de vue plus général, les véhicules électriques apportent un vrai plus en agrément de conduite. Nous restons très optimiste par rapport à leur développement même si, aujourd’hui, le marché à du mal à se trouver ». « Les véhicules hybrides devraient représenter environ 20 % de nos ventes cette année avec, notamment, l’arrivée de la Toyota Yaris Hybride ainsi que le lancement de l’intégralité de la gamme Lexus en hybride » affirme Benoît Blanckaert.

« Pour Alphabet, le véhicule électrique ne s’envisage que dans sa globalité et ne représente en lui-même une réponse qu’à une part des besoins des entreprises. Les loueurs doivent accompagner les entreprises dans ce changement » rappelle Stéphane Crasnier. Carmelo Iaconi, pour Piaggio France revient sur la complémentarité de l’offre de sa marque : « il existe des deux et trois roues hybrides et électriques qui permettent de proposer des véhicules de service ou de fonction avec un fort potentiel, surtout dans les grandes agglomérations ».

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Selon IM Deok-Jeong, président de Hyundai France : « le marché français et l’industrie française sont très avancées par rapport à d’autres marché du point de vue des véhicules électriques. La mise en place de systèmes de locations de véhicules électriques en libre-service devrait permettre un renforcement de l’importance des véhicules électriques. Le groupe Hyundai va renforcer son implication sur ce marché ». « Les politiques de développement durable et d’innovation des entreprises passent par les véhicules électriques.

La location longue durée « full services » permettant une externalisation du risque pour l’entreprise est la voie de salut pour ces véhicules électriques. Du point de vue de l’offre en matière de véhicules électriques, les années 2012 et 2013 représentent un tournant avec la multiplication des modèles proposés. Il faut encore faire sauter les freins psychologiques. Désormais, les modes d’utilisation des véhicules électriques sont au moins aussi importants que la technologie » conclue Vincent Rupied pour Arval.

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Edouard Rance rappelle que « le rôle d’un cabinet comme ERCG est d’aider les entreprises à trouver les bonnes solutions de mobilité. De ce point de vue, le véhicule électrique représente une profonde mutation même si nous sommes sur une technologie de plus en plus mature et si les comportements d’achat en entreprise vont encore évoluer afin de diminuer les émissions de CO2. Le problème de fond reste les problèmes de mise en œuvre des infrastructures autour du véhicule électrique ». Représentant d’un autre cabinet conseil, Cogecar, Olivier Rigoni préfère, lui, « orienter le conseil vers le plan de déplacement en entreprise. Et je pense que le véhicule électrique sera un bon complément de l’offre existante dans le panorama général des déplacements en entreprise ».

« Renault a lancé une production de masse avec une gamme étendue. Le réseau a également subi une véritable révolution dans la mesure où tous les représentants de la marque ont été formés à la vente et à l’entretien des véhicules électrique. Le VU électrique, comme le Kangoo, est une bonne approche pour convertir les entreprises » souligne Jean-Louis Wiedemann. Naturellement, Benjamin Rebiscoul confirme cet engouement pour le Kangoo Z.E. : « le Kangoo est un point d’entrée privilégié pour le développement des véhicules électriques. Par ailleurs, nous avons lancé une gamme complète de modèles qui s’adapte aux multiples besoins de l’entreprise. Le véhicule électrique n’est plus une niche pour Renault ».

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Chez Nissan aussi, avec la Leaf actuellement et l’arrivée prochaine de l’utilitaire eNV 200, le V.E. est une réalité : « Plus il y aura d’offres, plus il y aura de demandes. Nous travaillons au développement d’une gamme complète de modèles électriques avec la volonté affichée de devenir le leader même si le véhicule électrique ne devrait représenter qu’une faible part des ventes totales de véhicules aux entreprises. Le développement du V.E. passe par le développement du réseau de charge. C’est pour cela que nous avons décidé de nous impliquer directement dans l’équipement de « corridors » de charges rapides » explique Vincent Breton, manager loueurs longue durée et grands comptes, ventes société et utilitaires chez Nissan West Europe.

« Nous allons arriver avec deux nouveaux produits électriques. BMW a choisi de développer des véhicules entièrement inédits avec de nouvelles architectures et même une nouvelle usine. Les entreprises représenteront certainement l’essentiel des ventes de véhicules électriques dans la mesure où ce type de véhicule pourra répondre à de nombreux besoins d’usage tout en affichant un TCO intéressant » précise Antoine Bourbonneux pour BMW i.

Le mot de la fin revenant à Emmanuelle Katz, directrice marketing de Carbox : « nous sommes convaincus de la vertu du couple véhicule électrique / auto partage notamment grâce à la sécurisation que propose notre technologie embarquée pour le suivi des véhicules (autonomie, vérification du branchement du véhicule en fin de trajet, accompagnement des clients…). La mise en place du véhicule électrique peut être simple notamment via un déploiement progressif ».

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Les participants à la table ronde

Benoît Blanckaert, chef du département Toyota Entreprise et Toyota Occasions chez Toyota France : « L’intégralité de la gamme Lexus va être constituée de modèles hybrides »

Didier Blocus, responsable du développement des véhicules électriques chez ALD Automotive France : « le véhicule électrique ne se compare pas non plus aux hybrides qui ne posent pas de problème d’autonomie au contraire des V.E. ce qui réduit leur champ d’utilisation »

Antoine Bourbonneux, responsable du déploiement stratégique BMW i : « Le développement du véhicule électrique nécessite une évolution des services proposés afin de permettre aux véhicules électriques de devenir des véhicules de fonction et non plus des véhicules de service »

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Vincent Breton, manager loueurs longue durée et grands comptes, ventes société et utilitaires chez Nissan West Europe : « D’après notre expérience, c’est bien le véhicule électrique qui entraîne ce changement et qui permet à ce changement d’approche et de mode d’utilisation du véhicule par le conducteur de perdurer dans le temps »

Pascal Buquet, Responsable des Ventes Sociétés Mercedes Smart Entreprises : «Nous travaillons également sur des véhicules électriques à autonomie étendue, un modèle de ce type devant faire prochainement son apparition sur la base de la nouvelle Classe B »

Stéphane Crasnier, directeur commercial et marketing chez Alphabet : « le véhicule électrique ne s’envisage que dans sa globalité et ne représente en lui-même une réponse qu’à une part des besoins des entreprises. Les loueurs doivent accompagner les entreprises dans ce changement »

Carmelo Iaconi, responsable corporate business et ventes aux marchés spéciaux chez Piaggio France : « Le scooter est un complément attractif de la voiture de fonction »

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IM Deok-Jeong, président de Hyundai France : « La mise en place de systèmes de locations de véhicules électriques en libre-service devrait permettre un renforcement de l’importance des véhicules électriques »

Emmanuelle Katz, directrice marketing de Carbox : « Pour apporter une solution à ces problèmes d’utilisation exceptionnelle ou de statut par rapport aux véhicules électriques, nous avons développé un système de crédit mobilité »

Pierre Laromiguière, responsable véhicules utilitaires et énergies nouvelles chez Citroën : « D’un point de vue plus général, les véhicules électriques apportent un vrai plus en agrément de conduite. Nous restons très optimiste par rapport au développement des véhicules électriques même si, aujourd’hui, le marché à du mal à se trouver »

Olivier Presse, responsable de projet véhicules électriques chez General Motors France : « Il est souhaitable que les aides accordées aux véhicules électriques soient pérennes »

Edouard Rance, Dirigeant du cabinet de conseil ERCG : «L’offre des constructeurs est en train d’évoluer ce qui devrait logiquement déboucher sur un développement des ventes de ce type de voiture »

Benjamin Rebiscoul, directeur grands comptes chez Renault Parc Entreprise : « Notre business modèle pour tous nos modèles Z.E. 100 % électriques est de garantir la préservation des performances de la batterie. Le risque n’est donc absolument pas porté par l’utilisateur »

Fabrice Recoque, directeur des ventes chez Chevrolet France : « Le potentiel des pme est très important pour le véhicule électrique, d’autant qu’il peut être associé à la notion de plaisir »

Olivier Rigoni, directeur associé du cabinet conseil Cogecar : « la participation éventuelle du salarié peut permettre d’avoir accès à un véhicule différent tout en n’ayant pas d’influence sur le coût pour l’entreprise ce qui peut jouer en faveur de la mobilité et de l’aspect social de la gestion des véhicules dans l’entreprise »

Vincent Rupied, directeur marketing stratégique chez Arval : « La location longue durée « full services » permettant une externalisation du risque pour l’entreprise est la voie de salut pour ces véhicules électriques »

Jean-Louis Wiedemann, Chef de Service marketing – ventes flottes et véhicules utilitaires Renault : « via Renault Rent, notre société de location courte durée qui propose des voitures électriques comme véhicules de remplacement, de nombreux clients peuvent tester des véhicules zéro émission »

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