Publié le 25 avril 2012 | par Rédaction

L’essentiel en 5 points

– La polyvalence et la facilité d’usage de l’automobile restent plébiscitées par les professionnels.

– L’utilisateur professionnel cherche des outils et des moyens pour abaisser ses coûts de circulation.

– L’optimisation des circuits de roulage reste la piste la plus prometteuse : prise en compte des nouvelles routes, éco-conduite, entretien du véhicule.

– Les transports publics imposent acrobaties, ruptures de charges, et ne permettent pas de transporter des marchandises efficacement.

– Les offres innovantes de covoiturage restent marginales car peu adaptées à un usage aisé.

En quoi consiste la mobilité et comment l’optimiser ? De nombreux instituts, des milliers de pages d’études existent sur la question. Elles proviennent de sources sérieuses, d’instituts respectés, parfois d’ayatollahs du CO2, et apportent des éléments intéressants sur le sujet. Pourtant, un élément y est souvent sous-évalué, voire ignoré ; le client.

Ce dernier doit se déplacer, que ce soit à titre privé ou professionnel, et il recherche la meilleure efficacité et le meilleur coût dans la manière de se déplacer. Il arbitre donc au cas par cas entre le plus rapide ou le moins coûteux, de façon générale, le déplacement qu’il juge optimal en plaçant le curseur temps de parcours/coût à l’endroit qui convient à ses besoins.

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Bref, la réponse aux multiples besoins de l’utilisateur doit être flexible, facile à utiliser et la moins coûteuse possible. Le pragmatisme et l’intelligence doivent donc primer sur toute démarche écolo-idéologique. Celle-ci influe suffisamment le choix des véhicules d’entreprises en influant en faveur des voitures à moteur diesel. Mais, nous parlons là déjà de véhicules alors que ce moyen de transport n’est pas le seul à considérer.

Chaque entreprise doit évaluer la pertinence des choix de moyens de transport en fonction des parcours. Il faut donc réévaluer les parcours et les modes de transport avec une approche de type « table rase » afin de s’affranchir des habitudes acquises. Celles-ci ne sont peut plus adaptées à un nouveau schéma de circulation, à la création de nouvelles routes et autoroutes ou à l’apparition de nouveaux clients. Voici pourquoi prendre une demi-journée pour repenser, de façon collégiale en associant la direction commerciale de l’entreprise et les hommes de terrain, ne sera pas du temps perdu. Revoir l’organisation des tournées commerciales peut dégager d’importantes économies en optimisant les parcours. Tenir une réunion comprenant la direction commerciale de l’entreprise et les hommes de terrain ne sera pas du temps perdu.

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Les habitudes de circulation sont telles qu’un regard neuf pourra apporter des éléments d’appréciation complémentaires : Cela doit être envisagé en utilisant la méthode japonaise, dite du Monozokuri, couramment appliquée dans l’industrie. Appliquée aux déplacements et à l’analyse de leurs coûts, cette méthode repose sur un principe ; l’analyse de l’ensemble de la chaine de valeur dans sa globalité. Ainsi, économiser six litres de carburant sur le roulage de la journée avec une voiture trop lente qui impose une nuit d’hôtel supplémentaire est l’exemple type de ce que cette méthode permet d’éviter. De même, le choix d’un hôtel de suffisamment bonne qualité permettra de rouler serein et reposé le lendemain. Que des conseils de bons sens qu’il est parfois bons de se remettre en tête.

Consulter la carte

De même, l’analyse des trajets, avec le concours d’un site cartographique, tel ViaMichelin par exemple, peut déboucher sur une optimisation kilométrique des trajets. L’utilisation d’une base de données récente permet aussi de découvrir les nouvelles liaisons routières ou des contournements d’agglomérations. Ces infrastructures modifiées ou ajoutées doivent vous amener à vos poser la question de leur utilisation. Comment en tirer au mieux parti et peuvent elles m’aider à accroître l’efficacité de mes déplacements ?

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Parmi les exemples à avoir en tête, notons celui d’un grand transporteur qui a édité des feuilles de route très détaillées pour ses chauffeurs circulant sur les autoroutes. Si, à proximité de celle-ci, se trouve une route nationale, il est recommandé au chauffeur de sortir de l’autoroute, de prendre la route et de revenir sur l’autoroute plus tard. Objectif ; économiser le coût du péage autoroutier.

Pour un poids-lourds une telle opération n’est possible que si la route est suffisamment « roulante » et dépourvue de rond-points ou de traversées d’agglomérations toujours délicates. Par ailleurs, une telle démarche est plus aisée avec une poids-lourds qu’avec une berline car la différence de moyenne réalisable est plus faible dans le cas du poids-lourds. De plus, l’étude fine des tarifs des péages montrent que les sociétés d’autoroutes facturent plus lourdement les grands déplacements que les petits.

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Ainsi, en fractionnant un Paris-Le Mans par deux sorties et entrée immédiate au même endroit, l’automobiliste paiera environ un euro de moins. Evidemment, il faut avoir le temps de jouer à cela…. A ce moment-là d’ailleurs, la nationale, si elle est proche de l’autoroute, comme cela est souvent le cas à l’approche des grandes métropoles, peut constituer un choix alternatif intéressant.

Mais cette quête à l’euro près ne fonctionne que dans les entreprises d’une certaine taille pour avoir un effet de masse sur un nombre suffisant de véhicules.

Utiliser tous les outils à disposition

Outre ces idées et ces principes, l’efficacité de la mobilité s’appuie sur de nombreux outils que l’automobiliste croise aux différentes étapes de ses déplacements. Sans oublier qu’abaisser leurs coûts, tout en réalisant correctement la mission, reste l’objectif final de ces démarches, il convient donc d’utiliser au mieux tous les outils permettant d’optimiser la performance du déplacement.

Les premiers d’entre eux sont les contrats additionnels de garantie, d’assistance ou les packs entretien. Proposés par les constructeurs ou les loueurs longue durée, ils apportent une certaine tranquillité d’esprit d’une part et, dit-on, une baisse des coûts.

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Par la suite l’intérêt de l’utilisateur de véhicule se déplace vers les notions de cartographie. Nous l’avons évoqué, de nouveaux axes routiers apparaissent, des déviations fleurissent. Ces nouvelles infrastructures peuvent modifier et faciliter vos déplacements. Evidemment, les véhicules équipés de navigation s’appuient sur des cartes anciennes. Sauf cas prévus dans des contrats d’entretien, la mise à jour de ces cartes est coûteuse et nous sommes nombreux à négliger cette étape. Pourtant, si l’on considère cela comme un investissement et non une dépense, ce coût apparait tout à fait abordable. De l’ordre d’une nuit dans un hôtel de gamme moyenne ; Et si, comme pas hasard, un nouvel axes routier vous permet de rentrer chez vous le soir au lieu de…. faire étape et de passer une nuit à l’hôtel, l’investissement est rentable.

Et ce sans oublier, les c as où le GPS épargne des kilomètres car vous permet d’arriver à destination par le chemin le plus court ; Une étude menée en Grande-Bretagne par Becker, un fabricant de systèmes de navigation embarquée, estimait que les automobilistes britanniques gaspillaient 3 millions de litres de carburant par an en cherchant leur chemin. De plus, les GPS donnent une heure d’arrivée à destination assez précise, ce qui permet au conducteur d’être plus détendu lors de sa conduite et d’utiliser l’éventuel temps additionnel pour téléphoner en toute sécurité, c’est-à-dire en s’arrêtant, si nécessaire.

Evidemment, certains jouent encore à faire avancer l’heure estimée d’arrivée du GPS en roulant le plus vite possible pour le plaisir de gagner quelques minutes sur l’afficheur. Nous nous garderons bien d’émettre un avis moralisateur sur cette pratique….

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D’ailleurs, à propos de pratiques sujettes à moralisation, qu’en est-il des avertisseurs de radars, depuis leur mise au pas par le Ministère de l’Intérieur ? Les avis divergent. Le directeur général de la filiale française d’un grand constructeur me narrait récemment que ces systèmes lui apportaient encore un grand service en lui permettant de rallier Brive à Paris en trois heures et quart.

D’autres estiment que le flot d’informations sécuritaires sur les zones à risques et l’alimentation des bases GPS par les automobilistes et par les Préfectures menaient à de trop fréquentes alertes, auxquelles l’on ne prêtait plus attention. Par ailleurs, les zones à risques sur les autoroutes s’étendent désormais sur trois kilomètres. Et sont classées comme telles par certains préfets en quête d’avancement, toutes les entrées et sorties d’autoroutes ainsi que les bretelles d’accès aux aires de repos. Les radars fixes sont également indiqués, heureusement.

Sur des trajets peu connus de l’automobiliste, les Coyote, Inforad et autres ne constituent donc plus l’arme absolue du « Chevalier de la Route », également surnommé affectueusement « délinquant routier » par les autorités.

En tout, quelque soit son surnom, l’automobiliste doit s’arrêter pour faire le plein de temps en temps. Pour adoucir la facture, autant que faire se peut, les distributeurs de carburant proposent des cartes carburant qui permettent de simplifier le traitement administratif des coûts du carburant, d’avoir un indicateur synthétique de consommation et de cumuler des avantages, comme l’accès au meilleur tarif du distributeur quelque soit le lieu d’approvisionnement, voire des remises ou des cadeaux.

Et désormais, les poids-lourds de la spécialité tels Total ou Shell rencontrent la concurrence des grandes surfaces, telles Leclerc et sa filiale Siplec. Sa carte carburant Energeo ne coûte que 6 euros par an, auxquels l’on ajoutera 3 centimes de frais de gestion par litre. Et ces frais de gestion ne sont que d’un centime par litre dans une station choisie par le client lors de la signature du contrat. Et avec la promesse du prix du litre le plus bas du marché, clame le distributeur breton. Bref, de quoi réfléchir en ces temps où le prix des carburants bat des records.

A noter que les pétroliers proposent également des services additionnels parmi lequels la gestion de la facturation du télépéage, en lieu et place de la société d’autoroute.

Le multimodal dans certains cas bien précis

Par ailleurs, de nombreuses initiatives fleurissent dans le domaine de la mobilité courte ou moyenne distance. Pour certains de ces déplacements, le véhicule de fonction n’est pas utilisé et remplacé, par une bonne paire de chaussures, un vélo, une voiture de location courte durée, un taxi ou une ballade en TER.

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Cela n’est pas nouveau et tout être humain se déplace instinctivement avec le moyen le plus adapté à sa distance et à la météo. Soucieux d’image, les loueurs longue durée et des « opérateurs de mobilité » se sont emparés de ce principe pour le théoriser sous de pompeux vocables. Les offres « Mobilité responsables », « crédit mobilité » ont fleuri parfois à la limite de la légalité, notamment en ce qui concerne les avantages en nature que le salarié doit réintégrer dans son IRPP. Un point important à considérer avec votre expert-comptable avant de signer un engagement.

Par ailleurs, les solutions d’autopartage qui devaient révolutionner la mobilité tant individuelle que professionnelle ne rencontrent qu’un succès d’estime. Elles constituent pourtant une idée intéressante pour les entreprises disposant de plusieurs sites dans un périmètre bien défini, de 10 à 50 kms de distance semblent l’idéal. C’est le cas de la solution mise en place par Bosch France avec ALD et Carbox. L’équipementier a choisi cinq véhicules électriques, Peugeot Ion, Citroën C-Zero, Nissan Leaf, Renault Kangoo ZE et Fluence ZE, pour répondre aux besoins de mobilité de se collaborateurs.

Enfin il y a les autres modes de transport. Ainsi, pour les plus aventureux, des solutions de transport en commun peuvent répondre à certains besoins. Ainsi, se déplacer d’un point à un autre proches chacun d’une gare nous fera naturellement préférer le train mais il y a tout de même plusieurs conditions quelque peu contraignantes : un parcours aller et retour, peu de bagages ou de colis et une certaine rigidité du système que ce soit en terme d’horaires ou de faible adaptabilité à un aléa.

Mais l’enjeu reste bien entendu de lier et de combiner les différents modes de transports, car l’objectif n’est pas de prendre le train, un vélo ou une voiture mais bien de se déplacer, de transporter des marchandises. Les premières réalisations combinées existent désormais : nombreuses sont les gares à offrir des parkings gratuits suffisamment attractifs pour aider au report et il existe même sur l’autoroute A10 un arrêt de bus, accessible depuis un parking situé en hauteur, qui permet de conduire les habitants des alentours à la gare de Massy-Palaiseau. Evidemment, le système « offre » deux ruptures de charge, ce qui n’est guère optimal mais peut convenir à certains cas de figure.

Par charité, nous n’émettrons pas de jugement sur les dispositifs mis en place par la SNCF en Région parisienne, l’entreprise ayant suffisamment de difficultés à faire rouler des trains. Restons donc factuels : en gare de Houdan en Eure-et-Loir, la SNCF a mis en place des écrans affichant en temps réels les offres des co-voitureurs avec leurs destinations et le nombre de places disponibles. Le système permet également de partager un taxi. Si elle est jugée satisfaisante, cette expérimentation pourrait être étendue à d’autres points du réseau SNCF Transilien. Bref, une initiative bien sympathique…

Les besoins de déplacements sont croissants et la recherche de l’efficacité fait naitre différentes idées. Celles-ci n’ont pas toujours la simplicité, ni la polyvalence de l’automobile qui reste le moyen de déplacement numéro un des professionnels. Mais outre la facilité d’usage, ceux-ci demandent également des transports les plus économiques possibles. Et l’automobile y répond aisément, du moins à l’usage, avec des consommations désormais réduites à 5 litres aux 100 en usage courant. Reste à en limiter la différence entre VR et prix d’achat pour réduire les coûts. En tout cas, aucune des solutions alternatives à l’automobile ne peut s’approcher de cette combinaison entre la polyvalence et le coût.

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