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Bernard Loire, directeur général de Nissan West Europe

mercredi 17 mai 2017, par Christophe Bourgeois, Louis DAUBIN

« Nous proposons une gamme de véhicules qui couvre tous les besoins d’une entreprise »

Nissan poursuit son développement sur le marché des entreprises avec le lancement de la nouvelle Micra et du NV300 sur le segment des utilitaires. La marque souhaite également mettre en avant sa gamme de véhicules électriques auprès des flottes.


KMS  : Quelle est la stratégie de Nissan auprès des entreprises ?
B.L.  : Depuis cinq ans, Nissan a mis un coup d’accélérateur sur les ventes à société. À l’instar du marché national, la moitié de nos ventes se font désormais sur ce canal de distribution avec une très forte présence du SUV. La part de marché de nos SUV, Juke, Qashqai et X-Trail, représente en effet 60 % alors qu’elle n’est que de 30 % dans les sociétés. Nous observons d’ailleurs de très bonnes valeurs résiduelles sur nos produits.

KMS  : L’arrivée de concurrents freine-t-il vos ventes ?
B.L. : Au contraire. Cela a permis de développer le segment, d’autant plus que nous sommes pleinement légitimes sur ce marché. Par contre, ce sont les berlines qui en souffrent.

KMS : Proposez-vous des services dédiés aux flottes ?
B.L.  : Nous avons créé des Business Centers avec des collaborateurs formés pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises. Nous en avons 50 (sur 212 points de vente Nissan en France NDLR), ce qui permet de couvrir 80 % du territoire.

KMS : Vous venez de lancer la nouvelle génération de la Micra. Quelles sont vos ambitions ?
B.L. : Énormes (sourires) ! Nous avons pour habitude de dire que sur ce modèle, tout a changé, sauf le nom. Elle signe le renouveau de Nissan sur le marché du segment B qui, je le rappelle, représente 600 000 véhicules par an dont un peu plus de la moitié sont vendus aux entreprises. Nous avons conscience qu’avec l’ancienne génération qui ne disposait pas d’une motorisation diesel, nous avions un peu disparu de la shopping list ; c’est pourquoi nous ne nous fixons pas d’objectif sur les ventes à société, car nous devons réinstaller la Micra sur ce marché. Notre cible prioritaire est les TPE/PME.

KMS : Avez-vous développé une finition Business ?
B.L. : Bien sûr. Nous proposerons aussi très rapidement une version à TVA récupérable, développée avec notre partenaire Gruau. Elle sera disponible sur toutes les versions et elle sera reconvertible en version cinq places sur le marché de l’occasion.

KMS  : La voiture est produite à Flins, à côté de la Renault Clio. Allez-vous communiquer sur le « made in France » ?
B.L.  : Oui. Bien que cela ne soit pas l’axe principal de communication, le « Made in France » sera mis en avant, car c’est une thématique qui parle aux entreprises, surtout aux TPE/PME. Nous avons d’ailleurs développé un logo spécifique pour le signaler à nos clients.

KMS : Quelle est la stratégie de Nissan sur le véhicule électrique en entreprise ?
B.L.  : Pendant longtemps, l’autonomie a été un frein à l’acquisition d’une voiture électrique. Cette crainte disparaît. D’abord, parce que les voitures affichent une autonomie de plus en plus importante, c’est le cas de notre Leaf actuelle et ses 250 km d’autonomie. Ensuite, le réseau des bornes de recharge se développe vitesse V. Nous-mêmes, nous en installons, comme c’est le cas par exemple récemment en Corse. Au total, Nissan a implanté 250 bornes de recharge rapide sur le territoire français. Nous avons notamment signé un partenariat avec les enseignes Auchan et Ikea.

Enfin, nous sommes référencés par l’UGAP. Avec les différentes primes, les mensualités du eNV200 sont inférieures à celles d’un véhicule similaire diesel. En outre, n’oubliez pas qu’un véhicule électrique ne nécessite quasiment aucun entretien. Cela réduit non seulement les coûts de détention, mais aussi les périodes d’immobilisation.

KMS : Pourtant, les sociétés de LLD peinent à se tourner vers le véhicule électrique…
B.L. : Effectivement. Et on peut dire qu’elles y étaient fermées il y a encore deux ans de ça. Principalement pour les raisons évoquées ci-dessus ainsi que du manque de visibilité sur la fiabilité et la valeur résiduelle. Mais les mentalités évoluent. Nous avons ainsi livré la centième Leaf chez Orange. Savez-vous que sur les 250 000 Leaf vendues à travers le monde, nous avons rencontré seulement trois problèmes majeurs de batteries ? Nous avons également créé un label VO pour nos modèles électriques afin de rassurer les décideurs. Aujourd’hui, la part des sociétés dans la vente de nos VE reste assez faible, de l’ordre de 15 %, mais elle ne cesse d’augmenter. J’attends avec impatience la prochaine Leaf qui sera révélée à l’automne prochain et qui affichera une autonomie encore plus importante.

KMS : Quelle est la position de Nissan sur le VU ?
B.L.  : L’année dernière, nous avons commercialisé la nouvelle génération de notre pick up Navara et le fourgon NV300. Pour asseoir notre image sur le marché du VU, nous avons mis en place une offre inédite sur le marché : une garantie 5 ans ou 100 000 km. Nous souhaitons ainsi attirer les artisans en leur proposant de la tranquillité. En parallèle de cette offre, nous avons lancé une campagne de communication sur la Champion League, campagne qui fonctionne très bien.

KMS  : Quelles sont vos ambitions sur ce créneau ?
B.L. : Nous ne cherchons pas à faire du volume à tout prix, mais nous voulons proposer une offre complète, équilibrée, en étant présent sur tous les segments.

KMS : Quelle est votre analyse sur le marché du pick up qui ne cesse d’augmenter ?
B.L.  : En 2016, il a été d’environ 15000 unités avec effectivement une belle progression. Notre Navara s’est d’ailleurs hissé à la deuxième place de son segment. L’arrivée de nouveaux acteurs comme le Renault Alaskan pourrait faire évoluer la donne, mais contrairement à certains de mes concurrents, je ne pense pas que l’on atteindra les 20 000 véhicules.

KMS : Quel regard portez-vous sur l’évolution des financements ?
B.L. : Ils sont liés à deux éléments : la fiscalité et les offres commerciales des constructeurs. Avec les taux d’intérêts très bas qui sont pratiqués aujourd’hui, difficile de tirer de grandes tendances. Néanmoins, ce qui fonctionne, ce sont les offres qui intègrent de nombreux services (entretien, assurances, services connectés, etc). Les décideurs cherchent à ce que la voiture ne soit plus qu’un coût fixe, sans aucune mauvaise surprise.

KMS : En conclusion ?
B.L.  : Nissan offre une très grande couverture de gamme car nous sommes présents de la citadine polyvalente avec la Micra au grand fourgon avec le NV400, en passant par le véhicule familial avec notre gamme de SUV ou par le pick-up, voire par la sportive avec les GT-R et 370Z. D’ailleurs, pour l’anecdote, la moitié de ces modèles sont vendus à société. Nous disposons donc d’un véhicule pour tous les usages. Ensuite, nous avons une gamme compète de véhicules électriques.

J’encourage tous les décideurs de venir en essayer un. Notre réseau peut leur en mettre un à disposition pendant 24heures. Ils verront la différence. Je roule en Leaf depuis 4 ans, je fais en moyenne 195 km sans recharger et elle couvre 90 % de mes besoins quotidiens.

Propos recueillis par Christophe Bourgeois et Louis Daubin

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