Publié le 27 janvier 2015 | par Rédaction

Plus sexy sans être dévoyée, la berline familiale du Lion s’offre une nouvelle garde-robe et adopte des moteurs plus sobres. De quoi séduire les chefs d’entreprises et les professions libérales sans les décoiffer et vider leur bas de laine.

Peugeot affiche clairement son objectif. Avec sa nouvelle face avant, ses motorisations inédites et son ergonomie revue et corrigée, la grande routière de la marque au Lion vient chasser sur les terres des Audi A4, BMW Série 3 et autres Mercedes Classe C. Les équipes de Jean-Pierre Ploué, directeur du style de PSA, ont œuvré pour donner une image plus dynamique à une berline jusqu’à présent plus habituée à faire du gringue aux pères de famille dont les tempes avaient tendance à grisonner.

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La nouvelle calandre joue agréablement des horizontales et des verticales. Les trois modules des projecteurs s’étirent sur les côtés. Avec leurs dizaines de leds, les blocs lumineux encadrent une calandre étirée en hauteur. Au centre, trône le fougueux lion de Peugeot. En rupture avec les codes du reste de la gamme dont le logo orne l’extrémité du capot, cette coquetterie de la 508 s’inscrit dans la lignée des mythiques 504 et autres 505.

Les lignes multiplient les décrochements et incarnent la volonté de dynamisme de cette Nouvelle 508. La belle laisser parler son instinct animal et chahute raisonnablement son image.
De dos, la nouvelle 508 marque son territoire avec ses trois feux en forme de griffes pointées à la verticale. Les nouveaux boucliers allongent sa silhouette de 38 mm et alourdissent légèrement sa poupe. Comparable à celui de ses concurrents, le volume de chargement de 515 litres reste difficilement accessible pour ceux qui ont déjà expérimenté la praticité du hayon. Cela étant, incarnation de la montée en gamme de Peugeot et de sa volonté de s’inviter sur les terres du Premium allemand, l’ensemble est plutôt réussi.

Une ergonomie plus fluide

Si l’intérieur n’évolue qu’à la marge, Peugeot a écouté les critiques de ses clients et s’est concentré sur l’amélioration de l’ergonomie. Allégée de plusieurs boutons, la façade centrale accueille un écran tactile déjà expérimenté sur la 308. Mais le GPS, le système audio et la climatisation se pilote encore à l’aide de boutons traditionnels. Les pères de famille apprécieront ; la génération Y, un peu moins. La manipulation demande encore un peu de pratique pour une utilisation fluide, mais les progrès réalisés sont à mettre au crédit de cette nouvelle 508.

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Autre nouveauté, la berline familiale de Peugeot adopte la caméra de recul et la détection des angles morts grâce à des capteurs intégrés aux boucliers avant et arrière. Un effort appréciable, mais les acheteurs d’une berline premium s’attendrait à disposer du régulateur de vitesse actif, du freinage d’urgence automatique et de l’assistance au parking déjà disponible sur la 308. Dommage car, en face, les Allemands font mieux, mais aussi, et c’est un argument en faveur de la 508, nettement plus cher.
Mis à part ses quelques bémols, le nouveau visage de la 508 séduit. Moins compassée, elle profite du léger dévergondage de sa proue mais pèche par une poupe encore trop proéminante.

Confort et sobriété

Côté mécanique, la 508 conserve ses trains à pivots découplés à l’avant et multi-bras à l’arrière. Un choix judicieux puisque ce châssis assure un confort de conduite et une précision exceptionnelle et constitue un facteur déterminant dans son succès.

Ses 1 430 à 2065 kg sont tractés par les nouveaux moteurs diesel BlueHDi du constructeur. Avec la technologie SCR (Selective Catalytic Resolution) et le filtre à particules Active, la nouvelle 508 rejette 80 % d’azote en moins que son aîné et laisse passer seulement 1 % des particules émises. Le bloc 2.0 l BlueHDi est proposé en 150 et 180 ch. avec des émissions de CO2 de respectivement 105 g/km et 111 g/km. Si le premier s’affiche au sommet du segment D en restant dans la zone neutre du bonus-malus et en limitant la TVS à 420 euros, le deuxième présente un rapport performances/consommations des plus compétitifs. Le système SCR est alimenté par un réservoir d’AdBlue de 15 litres à remplir tous les 30 000 km.

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La boîte automatique 6 rapports EAT6 est couplée de série à la version 180 ch. et disponible en option pour 2 300 euros supplémentaires avec le premier bloc de 150 ch. Plutôt agréable à l’usage, cette boîte franchit les différents rapports sans à-coups. Encore faut-il privilégier le confort au dynamisme. Peugeot annonce des écarts d’émissions de CO2 de moins de 7 g/km par rapport à une boîte manuelle.

Impressionnante de précision

Aux Baléares, sur les routes de Majorque, la nouvelle 508 a fière allure. Sur les quatre voies de la plaine, son confort de conduite fait merveille. Elle sait faire preuve de souplesse et de fermeté en fonction de la qualité du revêtement. Sur ce point, Majorque présente une diversité dont les moins aventureux se passeraient bien.
Pour les dépassements, le 2,0 l Blue HDi 150 reste un peu lent à la détente. La tonne et demie mérite la version 180 ch. pour davantage de vélocité.

A priori, la 508 n’est pas taillée pour les routes de montagnes où les lacets et autres épingles à cheveu se succèdent à un rythme effréné. Erreur magistrale : malgré ses 4,83 m de long et son 1,92 m de large, la féline se faufile avec gourmandise dans les virages les plus serrés. Elle répond avec une précision diabolique à la moindre sollicitation du volant. Frôler les à-pics pour laisser passer les voitures arrivant en sens inverse se fait du bout des doigts avec une sensation de sécurité rassérénante. Impressionnant !

Comme la précédente génération, la nouvelle Peugeot 508 serait une référence pour le confort de conduite si seulement les sièges étaient moins étriqués avec leurs flancs « écrasants ». En revanche, dans sa version 150 ch., le moteur BlueHDi est parfois un peu juste tandis que sa déclinaison en 180 ch. aura un peu de mal à rivaliser avec les Allemandes les plus dynamiques par la faute de l’absence d’une boite mécanique. Autre fait, face aux berlines d’outre-Rhin, les options pèchent par leur faible nombre. Tradition Française automobile, la 508 compense la sagesse de ses moteurs par des qualités routières qui font référence.

Antoine Hindré


Trois questions à Michel Gombaud, chef de produit Peugeot 508 :

Kilomètres Entreprise : Quelle place occupe la clientèle des entreprises dans la stratégie de développement de la nouvelle 508 ?

Michel Gombaud : En France et tous marchés confondus, elle occupe la première place sur le segment D avec une part de marché de 16,8 %. Alors que moins du quart des véhicules de cette catégorie sont vendus à des entreprises, la moitié des immatriculations de la 508 se font auprès de cette clientèle.

Kilomètres Entreprise : Avec la montée en gamme de Peugeot, la 508 vise-t-elle la concurrence des marques premium allemandes ?

Michel Gombaud : La 508 est effectivement en compétition avec la BMW Série 3 et la Mercedes Classe C. Mais le premium ne représente que le tiers des ventes du segment D. Les deux autres tiers sont réalisés par des marques généralistes. La Volkswagen Passat est également une concurrente. Face à ces différents acteurs, la 508 occupe la place de numéro un en France.

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Kilomètres Entreprise : En quoi la nouvelle 508 peut-elle prétendre à la catégorie Premium ?

Michel Gombaud : La montée en gamme passe par le soin apporté au design et par la qualité perçue. Sur ce point, Peugeot a remporté son pari. La Nouvelle 508 gagne 50 points sur la qualité perçue. En matière d’image, la Nouvelle 508 apparaît comme élégante et pure tout en restant simple. Grâce à ses atouts, la 508 se revend bien sur le marché de l’occasion et affiche des valeurs résiduelles élevées, l’un des critères de choix les plus importants pour les entreprises. Autres avantages sur le marché BtoB, les nouvelles motorisations affichent les consommations et les émissions de CO2 les plus compétitives du segment D.

Propos recueillis par Antoine Hindré

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