Publié le 18 septembre 2007 | par Rédaction

SI LA TENTATION D’UN SUV ÉMEUT VOTRE CONSCIENCE ÉCOLO-CIVIQUE, SONGEZ QU’AU SALON DU BOURGET, UN CLIENT S’EST ACHETÉ, À USAGE D’AVION DE FONCTION, UN A380. ÇA “RELATIVISE” !

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– L’ESSENTIEL EN 5 POINTS
– Polluant comme deux (autos normales).
– Ostensiblement luxueux sinon toujours confortable.
– Plus rassurant que réellement sécuritaire.
– Budgétairement indécent… mais moins qu’un Airbus.
– Politiquement incorrect mais généreux contribuable !

Dans l’avalanche d’informations plus ou moins farfelues, qui inondent jour et nuit notre écran d’ordinateur, il s’en trouve parfois qui nous font brusquement changer de planète. La rumeur courait déjà depuis
quelques semaines, mais là Airbus a confirmé : un client qui souhaitait garder l’anonymat (un optimiste donc) a acquis, pour s’en faire un jet privé, un A380 de 80 mètres d’envergure, habituellement prévu pour 800
passagers.

Un bébé tarifé à plus de 300 millions d’US$, en version de série, avec la
navigation et la climatisation, mais sans le cuir et sans le hammam… Et l’on ne vous parle pas du CO2 ou des taxes d’aéroport.

ÇA MUTUALISE LA CULPABILITÉ

Alors, dans ces conditions, on ne saurait encourager quiconque à polluer, mais il faut admettre qu’un SUV, qui émet 280 g de CO2,
n’est, somme toute, pas pire que deux autos “normales” à 140 g et probablement pas davantage qu’une guimbarde de 20 ans non catalysée.

Or, de ces autos hors d’âge et hors norme, il en reste au moins 300 millions en circulation sur les 800 millions de véhicules qui courent sur la planète. Ceci n’excuse pas cela, mais ça mutualise la culpabilité !

D’autant que, généralement, l’acquéreur d’un gros SUV n’accomplit pas un kilométrage énorme ; les professionnels qui avalent plus de 30.000 km/an préfèrent souvent le confort douillet et la tenue de route d’une bonne berline, d’un break haut de gamme, ou… d’un TGV !

Alors, qu’est-ce qui peut bien motiver l’acheteur d’un SUV ? l’apparence ? On ne saurait l’exclure, mais à notre époque où tout fait image, qui
échappe au besoin de paraître?

LA RAISON DU PLUS GROS

L’argument le plus pudiquement avancé est celui de la sécurité. Défendu par d’énormes pare-chocs dissuasifs qui lui garantissent une sorte d’invulnérabilité dans les embouteillages, le SUV rassure son conducteur
(ou sa conductrice) induisant une sensation de sécurité (au moins passive).

Certes, au jeu des crash-tests, toutes les autos ou presque, et plus encore les petites, décrochent aujourd’hui couramment leurs cinq
étoiles. Toutefois, il est indéniable que dans l’hypothèse d’un face à face contre un SUV deux fois plus gros et deux fois plus lourd, on préfèrera tous, spontanément, monter dans le SUV.

Mais pour autant, cela ne règlera pas tous les problèmes : sur la route, on peut aussi rencontrer des semiremorques de 40 tonnes, et même en cette belle saison des moissonneuses-batteuses au détour d’un chemin de promenade bucolique. La raison du plus gros a donc des limites.

ASEPTISÉ, CLIMATISÉ, INSONORISÉ, LUXUEUX ET… URBAIN !

En matière de sécurité active, le SUV apparaît nettement plus discutable, sa masse, son centre de gravité haut perché, ne lui confèrent pas une agilité évidente, mais les vertus de l’électronique permettent de domestiquer facilement le monstre. Oublié le 4×4 de papa qui se conduisait tout en muscles et en transpiration, façon “salaire de la peur”.

TROUVER UNE PLACE À SA POINTURE

Le SUV moderne a fondamentalement renouvelé le genre, grâce à une transmission automatiquement gérée par l’électronique, et grâce aux assistances de tout poil qui permettent de tourner le volant d’un doigt, de freiner facilement sur route glissante (ABS) et sinon de toujours tenir rigoureusement la route, de pouvoir la rattraper grâce à l’ESP !

D’engin rustico-militaire, le 4×4, aujourd’hui mué en SUV, est devenu aseptisé, climatisé, insonorisé, luxueux et… urbain !

En ville, ces gros engins se conduisent en classe pullman, sans problème, pourvu que l’on dispose d’un parking sur mesure à
chaque point d’arrivée, car certains modèles frisent ou dépassent cinq mètres.

Pour le stationnement dans la rue, il faudra parfois tourner très longtemps pour trouver une place à sa pointure. Dans les immeubles des
années 60 où les sous-sols ont été formatés pour la Dauphine, les manoeuvres seront délicates et souvent dissuasives.

Sur route, les vitesses autorisées étant désormais, elles aussi, formatées sur la technologie des années 60, le confort ne se détériore
pas de façon trop sensible.

Mais même si ces SUV “de luxe” n’ont pas vraiment vocation à pratiquer le crapahutage hors bitume, ils conservent néanmoins, pour leur suspension, des débattements de compromis et, après plusieurs heures de volant, le “pompage” finit souvent par fatiguer les lombaires.

CONSOMMATION : “MOINS PIRE”

Sur les modèles haut de gamme que nous avons retenus, il existe aussi parfois des suspensions pneumatiques qui permettent
de réduire la garde au sol pour abaisser le centre de gravité et optimiser, quelque peu, l’aérodynamisme. Cela n’ajoute guère de
moelleux dans la conduite, mais profite à la stabilité (moins de roulis) et à la consommation.

À ce propos, il convient de tempérer la réputation gloutonne de tous les SUV. Aucun des modèles présentés dans ces pages ne
revendique un appétit d’oiseau, mais certains peuvent surprendre agréablement sur route si l’on adopte une conduite de sénateur en
évitant toute relance intempestive.

Encore une fois, ces SUV ne sont pas des exemples de sobriété, mais on est loin des excès constatés voici cinq ans, quand ces engins, conçus prioritairement pour le marché américain, n’étaient proposés qu’en motorisation essence, et que nous nous accordions
encore, il est vrai, quelques excès entre deux radars.

En revanche, ce qui a bien changé c’est la TVS. Jusqu’en 2005, un SUV aussi énorme soit-il, était taxé, comme tout véhicule de plus de 7 CV, à 2440 euros/an.

Aujourd’hui, un modèle qui affiche 300 g de CO2 vous vaudra annuellement une redevance de 5700 euros. Certes, on n’achète
pas un SUV pour faire des économies, mais trois ans plus tard, 17.100 euros dispersés en courant d’air, ça pourra agacer.

LA ROSE DES VENTS

Faut-il pour autant renoncer ? Tout esprit rationnel y songerait, tout esprit chagrin en conviendrait, ce qui suffirait parfois à voir le SUV comme l’avatar libertin d’une salutaire résistance au consensus bienséant. Quand tous les donneurs de leçons, depuis les ayatollahs du vélo jusqu’aux augures vaticanes, nous enjoignent de ne point considérer la voiture comme un objet de vanité personnelle, ni comme un lieu de pêché…

On se plaît à penser, comme l’Ennemonde de Giono, qui déplaçait ses cent trente kilos avec une agilité surprenante, que ”la notion
de pêché est en complet désaccord avec la rose des vents” !

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