Notre offre d'abonnement
au magazine

Accueil > Articles parus > Essais > Peugeot 508 PSE, Le monde d’après

Peugeot 508 PSE, Le monde d’après

mardi 13 avril 2021, par Christophe Bourgeois

Peut-on marier fiscalité et plaisir ? C’est ce qu’ont tenté les ingénieurs de chez Peugeot en proposant la 508 PSE, déclinaison hybride rechargeable de 360 ch de la routière sochalienne.


Lorsque Peugeot met sur le marché une berline qui affiche 360 ch, vous pouvez vous imaginer, qu’ici, à la rédaction de KMS Entreprise, notre cœur s’emballe. Car cette 508 PSE (Peugeot Sport Engineered) est en effet la voiture de série la plus puissante produite par le Lion. Et accessoirement, la plus chère (67 100 €). Dès lors, avec un tel pedigree, nous n’avons qu’une seule idée : vérifier les dires des caciques de la marque qui, avec cet engin, ambitionnent d’aller titiller les constructeurs allemands sur leur propre terrain. À ce jeu, ils n’hésitent pas d’ailleurs à citer pêle-mêle l’Audi S4 (334 ch - 76 160 €), la BMW M340i (374 ch – 68 150 €) ou la Mercedes Classe C 43 AMG (390 ch – 74 650 €). Si la puissance est ici assez comparable, l’esprit est tout autre. Peugeot a en effet choisi un 4-cylindres essence de 1.6 tombé à 200 ch (225 ch sur la version Hybrid4), auquel il a ajouté deux blocs électriques de 110 et 113 ch alors que les allemands ne voient que par du 6-cylindres, qu’il soit essence ou diesel comme c’est le cas de l’Audi.
On commence par un rapide coup d’œil à l’extérieur. Peugeot ne propose qu’une palette très limitée de couleurs. Blanc, gris, noir et c’est tout. Lorsque l’on sait que le luxe dans l’automobile, c’est de pouvoir personnaliser sa voiture à l’envie, c’est un choix discutable. Quant aux appendices aéro qui habillent la carrosserie, on vous laisse juge de leur discrétion, mais sachez qu’ils ne servent physiquement à rien, ils sont juste là en décoration. L’intérieur est identique à celui d’une 508 « normale », si ce n’est les touches vertes (ou jaunes) dissimulées dans l’habitacle, signatures de la griffe PSE.

Prendre son – petit – volant est une expérience particulière. Comme toute hybride, elle démarre en mode électrique. Sur un parcours urbain, la 508 PSE se montre docile et très confortable malgré des grandes roues de 20 jantes et des pneus taille basse qui ne se laissent pas avoir par les dos d’âne pernicieux. Il faut dire que la suspension pilotée y fait pour beaucoup. Question autonomie en 100 % électrique, il sera difficile de faire plus de 30 km malgré les 42 km WLTP annoncés.
Cinq modes sont disponibles (Electric, Confort, Hybride, Sport et 4WD). Et avec 360 ch, c’est forcément le mode Sport qui nous intéresse. Sont-ils là ? Oui. Mais pas longtemps. Car l’autonomie fond comme neige au soleil et on se retrouve très vite avec une voiture qui doit trimballer à vide 1 850 kg. Les relances sont également bien là, tout comme les 520 Nm de couple, qui ont néanmoins du mal parfois à être encaissés par la BVA8, mais la frustration guette. La 508 PSE n’offre ni le coup de pied aux fesses d’un modèle 100 % électrique avec un couple qui jaillit à la moindre pression de l’accélérateur, ni le côté rageur et sonore d’un V6 entrain de se gaver. Certes, la 508 PSE pousse sans perte d’adhérence ni réaction incongrue dans la direction. Certes, la 508 PSE affiche un comportement en adéquation avec ce que l’on attend d’une Peugeot grâce à des réglages de châssis optimisés, une direction précise et informative et à une monte Michelin adaptée aux ambitions de la voiture. Mais son criant manque de charisme, sa personnalité feutrée font de cette PSE une auto de la demi-mesure. Sommes-nous trop attachés à la réactivité et surtout à la polyvalence d’un moteur thermique à la cylindrée digne de ce nom ? Peut-être.

Reste son énorme avantage, à savoir sa fiscalité qui est au final sa raison d’être. Rouler avec une voiture de 360 ch, même s’ils ne sont pas disponibles tout le temps, sans se faire assassiner au niveau du malus, ni trucider concernant la TVS, personne ne le propose sur le marché si ce n’est la Volvo V60 recharge T6 (340 ch) qui est dans la réalité sa seule rivale. Zéro malus alors que sa concurrence visée par Peugeot fait frémir d’horreur n’importe quel directeur financier est dès lors un sacré atout qui pourrait lui offrir quelques débouchées.

Christophe Bourgeois

Un curseur à placer

Il faut prendre la 508 PSE pour ce qu’elle est réellement, à savoir une berline agréable à conduire, offrant un bon comportement routier et dotée d’une fiscalité intéressante, destinée à ceux qui feront peu de kilomètres et non pas pour ce que les gens du marketing voudraient qu’elle soit. Cela évitera les déceptions. Car la 508 PSE n’est pas une sportive, pas plus qu’une GT. Annonce-t-elle les prémices du monde d’après ? Probablement. Mais nous, nous aimerions rester dans le monde d’avant.

Fiche technique

-* Moteur : 4 cylindres turbo essence, 1 598 cm3 + 2 moteurs électriques
-* Puissance therm. / élec. : 200 ch à 6 000 tr/min / 110 ch (AV) – 113 ch (ARR)
-* Couple : 300 Nm à 3 000 tr/min / 320 Nm (AV) – 166 Nm (ARR)
-* Puissance / Couple combinés : 360 ch / 520 Nm
-* Vitesse maxi : 250 km/h
-* Autonomie : 42 km
-* Boîte de vitesse : BVA8
-* Émissions de CO2 : 46 g/km
-* Malus : 0 €
-* TVS : 37 €/an
-* Prix : 67 100 €

Répondre à cet article



Kilomètres Entreprise Contacts | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | Briag.com Briag.com
KILOMETRES ENTREPRISE est édité par la SARL de presse KMS édition 33, avenue du Général Leclerc 75014 Paris - Tél. + 33 1 40 64 11 30 - Fax + 33 1 40 64 15 80