Publié le 17 mars 2011 | par Rédaction

Benoît Tiers a été nommé directeur d’Audi France le 1er juin. Il revenait alors d’Indes où il avait créé la filiale de la marque mais le nouveau « Managing Director » connaît bien les particularités du marché français. Avant cela il était en effet directeur commercial pour l’hexagone. Alors que Audi se place sur la première marche des marques premium en France, nous avons souhaité le rencontrer pour évoquer avec lui le marché des entreprises.

Kilomètres Entreprise : Comment se sont passé ces premiers mois à la tête d’Audi France ?

Benoît Tiers : Bien ! J’arrive dans une situation très confortable. Audi est fin 2010 première marque premium en France, sur une croissance à deux chiffres. C’est une très bonne base de travail pour développer la marque puisque notre ambition est bien sûr de confirmer notre place.

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KMS : Quelle est la part des ventes aux entreprises en 2010 ?

B.T. : On vend aujourd’hui un peu plus de 14 000 voitures aux sociétés soit 40% de notre marché. Un peu plus de la moitié va chez les loueurs longue durée. Le reste est vendu aux PME/PMI par le réseau. C’est la garantie pour le client d’un contact avec celui qui va entretenir la voiture.

KMS : Avez-vous une politique particulière vis-à-vis des petites entreprises ?

B.T. : Nous pensons avoir encore du potentiel de développement sur les PME et les PMI. Je pense que nous n’avons pas n’a pas travaillé ces cibles aussi profondément que nous le pourrions. L’attractivité de la marque Audi pour un chef d’entreprise est déjà importante du fait à la fois du positionnement haut de gamme de Audi qui est gratifiant et des valeurs résiduelles qui sont très fortes. Notre potentiel de développement auprès des PME est lié à notre capacité à faire connaître notre offre autour des produits : le financement avec notre filiale Audi banque et surtout les extensions de garantie et les packages d’entretien qu’on va développer cette année auprès de cette cible là.

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Ce sont des offres complexes. Nous pouvons probablement mieux appuyer notre réseau dans son rapport aux entreprises : apporter plus de formations et d’assistance, notamment quand dans la phase de négociation. Nous voulons apporter des outils plus précis et plus faciles à manœuvrer qui permettent aussi d’intégrer les offres d’assurance, de maintenance et à terme de gestion de flotte.

KMS : Comment prend la gamme business line ?

B.T. : C’est un grand succès. Pour vos lecteurs qui ne sauraient pas exactement de quoi il s’agit, c’est un niveau de finition avec un équipement adapté aux besoins des professionnels : taille de pneu, GPS, quitte main libre… Ces options sont packagées et coûtent environ 5% moins cher que si vous les preniez une par une. La gamme business line existe pour le moment sur A3 et A4 et nous la proposerons bientôt sur le Q5.

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On n’exclue pas de le proposer sur l’A6 un jour mais la cible est un peu différente. C’est une difficulté pour une marque premium de proposer une offre vraiment adaptée à la majorité des cas tout en conservant, notamment pour les chefs d’entreprise et le management supérieur, la possibilité de personnaliser les véhicules.

KMS : Comment une marque comme Audi est-elle impactée par les règlements de plus en plus drastiques concernant le CO2 ?

B.T. : Nous n’avons pas été trop concernés par le downsizing parce que nous sommes plutôt bien placés en termes d’émission de dioxydes de carbone. Cela dit, l’avenir est de toutes façons à la baisse des émissions de CO2. Pour arriver à ça, il y a plusieurs moyens : réduire la taille des moteurs et nous le faisons avec l’A1 par exemple qui est équipé de moteurs de petite cylindrée (1.4 litre ou 1.2 litre turbo FSI par exemple) qui développent une puissance importante et de faibles niveaux de dioxydes de carbone.

Ces moteurs sont plus performants à cylindrée moindre ! Mais surtout chez Audi, nous travaillons au développement des matériaux légers comme l’aluminium. On arrive à réduire les poids des voitures et donc les émissions et on est désormais capable d’avoir des véhicules très légers avec des équipements pléthoriques.

KMS : Sur l’ancienne A6, quelles motorisations étaient les plus recherchées dans les entreprises ?

B.T. : Le gros de nos ventes se faisaient sur deux moteurs : le 2 litres TDI et le 2.7 litres TDI. Sachant que si on segmente, dans la catégorie des patrons d’entreprises, on trouvait plutôt le 3 litres TDI…

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KMS : On a vu avec le N1 que les lois françaises ne sont pas très pérennes, qu’en pensez vous ?

B.T. : Nous sommes dans une phase de grande mutation technologique. Ca ne peut pas se faire intelligemment sans beaucoup de discussions et d’ouvertures. Les politiques doivent discuter avec l’ensemble du marché automobile pas seulement avec les locaux. Les marques comprennent les objectifs économiques et écologiques mais il nous faut du temps pour adapter notre outil industriel.

KMS : Que va proposer Audi dans les années à venir ?

B.T. : En 1987, Audi avait proposé une Audi 100 duo hybride diesel, personne n’y croyait, on a du arrêter. Mais on revient aujourd’hui à l’hybride avec le Q5 qui arrivera au deuxième semestre 2011 en business line. Après on pense proposer des modèles hybrides sur l’A6 puis l’A8. Mais la prochaine grande étape c’est l’électrique avec la technologie E-Tron qu’Audi a présenté au salon de Détroit.

Elle sera commercialisée dès 2012 en Europe sur un véhicule de sport conçue à la base pour être électrique, c’est-à-dire que tous les paramètres seront optimisés pour cette technologie. La stratégie n’est pas de lancer l’A1 électrique parce que cette technologie a un prix et que nous préférons commencer par le haut du segment pour ensuite le démocratiser. C’est une approche top down par le plaisir de conduire.

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KMS : Justement, est-ce que l’A1 est destinée aux entreprises ?

B.T. : C’est la petite voiture qui manquait peut-être à Audi. Mais avec ses trois portes, sa cible privilégiée reste le particulier. On l’a ouverte aux sociétés, on sait qu’elle plait beaucoup mais ce n’est pas celle qu’on va pousser le plus.

KMS : Quelles sont vos ambitions en France pour 2011 ?

B.T. : Notre ambition auprès des entreprises, c’est de garder le leadership sur le marché premium. En part absolue 40% de ventes ça me parait satisfaisant mais j’aimerais progresser en volume. On vise des ventes autour de soixante mille voitures l’année prochaine.

KMS : Avez-vous un message à faire passer auprès des chefs d’entreprise ?

B.T. : Une Audi est un très bon facteur de valorisation des collaborateurs. Nous avons à nouveau été élu marque préférée des Français. Quoi de mieux pour faire plaisir à un collaborateur que de le faire rouler dans la voiture dont il a envie ? C’est d’autant plus vrai qu’il existe un argument plus rationnel : grâce à la valeur résiduelle de nos voitures, sur trois ans c’est à peine plus cher voire un peu moins cher de rouler en Audi que dans une voiture généraliste !

Propos recueillis par Louis Daubin et Guillaume Roul

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