Publié le 17 septembre 2008 | par Rédaction

L’arrivée en 2004 de son premier diesel “maison”, le 2.2 i-DTEC, a ouvert à Honda les portes des entreprises. Prochain sésame : l’hybride “abordable” !

En France, jusqu’à un passé récent, Honda était peu présent dans les parcs des entreprises, essentiellement par défaut d’une offre véritablement attractive en diesel. Le premier déclic s’est produit en 2004 avec l’arrivée, d’abord sur l’Accord, du moteur 2.2 i-CTDi, premier diesel conçu, industrialisé et produit par Honda. Ce moteur, aussitôt salué pour son agrément et son efficacité, fut ensuite installé sur la plupart des modèles de la gamme, de la Civic au 4×4 CR-V en passant par le monospace FR-V. moyen_decultot_3.jpg La nouvelle Accord, commercialisée le 12 juin, reçoit la version i-DTEC de ce 2.2 diesel portée à 150 ch et déjà conforme à la norme Euro 5 comme l’ensemble des motorisations de la gamme Accord. Christophe Decultot, directeur général de Honda Automobiles France, compte naturellement sur cette nouveauté pour amplifier les positions de la marque dans les entreprises, mais aussi sur la sortie prochaine d’une petite hybride essence à prix “abordable” et fiscalité “favorable”. KME : En présentant la nouvelle Accord, vous avez défini la marque Honda comme “marque Premium non ostentatoire”. Comment situez-vous ce concept dans la segmentation du marché ? Et dans quel segment placez-vous la nouvelle Accord ? Christophe Decultot : Compte tenu de sa très forte dotation technologique, notamment en matière de sécurité, de sa qualité, de sa présentation, de sa motorisation, de son habitabilité, de son confort… la nouvelle Accord occupe un positionnement original. C’est déjà un haut de gamme, même s‘il sait rester relativement compact pour la maniabilité et pour le budget d’utilisation. KME : Depuis le début de la décennie le haut de gamme suivait plutôt une tendance inflationniste : toujours plus long, toujours plus cher. Ch. D. : Mais aujourd’hui personne ne peut ignorer le cours du baril, pas même le marché américain. Quant au client français, il ne s’est d’ailleurs jamais vraiment focalisé sur la longueur extérieure. Dans une berline haut de gamme, il recherche une habitabilité et un confort irréprochables pour quatre adultes (plus une cinquième place qui est souvent d’usage occasionnel) et un coffre capable moyen_decultot_2.jpg d’accueillir aisément leurs bagages. Qu’ensuite, ces exigences étant satisfaites, l’auto mesure 4,75 m ou de 4,85 m de pare-chocs à pare-chocs importe peu pour sa satisfaction d’usage, qui prend davantage en compte des critères de design, de technologie, de sécurité, de motorisation, d’équipement, de qualité de fabrication et de présentation… KME : Et d’image de marque ! Ch. D. : Laquelle découle directement des critères que je viens d’énoncer. Et j’en reviens à cette conception de marque Premium non ostentatoire. Avec une Honda, vous avez toutes les caractéristiques techniques et qualitatives d’une marque Premium, et avec une Accord vous avez une automobile luxueuse mais abordable. Honda joue davantage sur le registre du luxe discret. De plus, sur la nouvelle Accord, nous proposons un package sécurité vraiment nouveau et distinctif. Ce n’est pas “ostentatoire”, même si le design dynamique de l’Accord traduit imperceptiblement la capacité de la marque à innover. On est parfaitement en ligne avec la base-line de Honda “the power of dreams”, tout en conservant une tarification très compétitive. KME : Avec la motorisation diesel 2.2 i-DTEC, la nouvelle Accord arrive à 148 g de CO2, n’est-ce pas huit grammes de trop ? Ch. D. : En tant que contribuable français, je préfèrerais naturellement moins, mais il faut aussi considérer que ce type de voiture haut de gamme payait encore, il y a peu, une TVS de 2440 euros dans la catégorie 8 CV et plus. À 1480 euros, on enregistre donc une sensible modération. De plus, l’Accord a l’avantage d’anticiper les normes Euro V, ce qui, écologiquement, n’est pas négligeable et favorisera la valorisation lors de la revente. KME : Ce diesel a largement contribué à relancer Honda sur le marché français, mais c’est un 2.2 litres. Ne prévoyez-vous pas une plus petite cylindrée pour “diéséliser” toute la gamme ? Ch. D. : La stratégie mondiale d’Honda pour les modèles petits et moyens passera plutôt par l’hybride essence, une technologie que nous maîtrisons parfaitement et que nous commercialisons depuis dix ans. Nous en sommes à la troisième génération d’hybride. Début 2009, nous lancerons aussi sur le marché français un modèle compact, rationnel et déjà très compétitif par son tarif, sans présager des avantages fiscaux liés à la technologie hybride et à sa consommation très basse. KME : Sera-t-il aussi rechargeable sur secteur ? Ch. D. : Non. Nous privilégions l’autonomie et nous voulons garantir à ce modèle toutes les fonctionnalités d’une automobile classique. Nous lancerons ensuite un coupé sportif dans la lignée du précédent CR-Z et, enfin, une nouvelle Jazz. Notre objectif est d’arriver à une offre hybride très large, simplissime d’utilisation et d’une fiabilité exemplaire. Notre système électronique bénéficiera d’ailleurs d’une garantie très sécurisante… probablement de huit ans ! moyen_decultot_1.jpg KME : Cette gamme hybride pourrait vous ouvrir une nouvelle tranche du marché des entreprises. Le réseau est-il structuré et formé pour conseiller les entreprises et suffisamment dense pour assurer le service de proximité que ce marché exige ? Ch. D. : Depuis que nous avons une offre diesel plus large et très performante, notre réseau a déjà su établir des liens solides avec les PME et les TPE. Nous sommes parfaitement opérationnels pour accompagner les entreprises et leur proposer toutes les solutions de financement adaptées à leurs besoins et à l’optimisation fiscale de leur parc. Nous avons fait en sorte que 100% des concessions et des équipes soient formées aux spécificités de ce marché. Certes, en France, nous n’occupons pas, ou pas encore… des positions commerciales aussi solides qu’en Espagne et surtout en Grande-Bretagne où Honda vend plus de 40% de ses automobiles aux entreprises, mais le savoir-faire est parfaitement validé dans le réseau et, au besoin, toute l’assistance est disponible au siège si des exigences très particulières le nécessitaient. Dès à présent, il n’y a pas sur le territoire de grande agglomération sans une concession Honda. Notre réseau compte plus de 90 points de vente et notre objectif est de porter ce chiffre à 130 pour renforcer le maillage de proximité. D’ailleurs, nous avons quelques clients qui ont déjà équipé l’ensemble de leur parc automobile chez Honda. Ils ne sont pas encore très nombreux et leur parc ne se compte pas en centaines de véhicules, mais cela traduit bien une tendance. Propos recueillis par Louis Daubin et jean-pierre durand

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