Publié le 12 septembre 2016 | par Rédaction

On a coutume de dire que l’explication d’un accident est toujours multifactorielle. On peut en dire autant des résultats de la sécurité routière. Selon ce que l’on veut démontrer, on peut mettre en avant tel ou tel paramètre. Ainsi les gouvernements successifs en France, qu’ils se disent socialistes ou républicains, mettent en avant depuis 2002 la politique sécuritaire pour expliquer la baisse de la mortalité.

Forcément, quand la courbe s’infléchit, la conclusion ne peut être que d’augmenter la surveillance. Il ne s’agit pas de nier que la multiplication des radars lié à une communication efficace ait eu un effet pédagogique expliquant pour une bonne part les bons résultats en France de 2002 à 2013. Mais ils n’expliquent pas tout, loin de là.

En effet, les pays de l’Union européenne ont tous connu une diminution régulière du nombre de personnes tuées sur la route depuis les années 1970 en axant leur politique essentiellement sur la vitesse, l’alcool et le port de la ceinture. À cette aune, les bons résultats français de la première décennie doivent d’ailleurs être relativisés, tant la France (136 morts pour un million) avait encore du retard sur l’Allemagne (93) et le Royaume-Uni (60) par exemple en 2000.

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Aucun facteur ne peut expliquer à lui tout seul des résultats très hétérogènes en Europe malgré des politiques convergentes. Tous les paramètres doivent être pris en compte : la densité de population, le climat et, le moins quantifiable de tous, le caractère des peuples. Toutes ces variables (la liste n’est pas exhaustive) se répondent de façon dynamique.

Mais le plus probant semble être le niveau de développement : l’état des équipements et celui du parc conditionnent sans doute plus que tout autre chose la sécurité sur les routes. De ce point de vue, et c’est à mettre pour une part au crédit des politiques, l’évolution des normes de sécurité de plus en plus drastiques imposées aux constructeurs a probablement plus contribué à la diminution de la mortalité que les radars.

Les mauvaises langues (64 % des Français en 2014 selon un sondage Harris Interactive) voient déjà dans la multiplication des radars, un impôt déguisé visant à remplir les caisses de l’État. Pour justifier la nouvelle intensification d’une politique déjà passablement orwellienne, le prétexte des dirigeants politiques est toujours le même, la sécurité. La multiplication des radars, la surveillance par drones se justifie par un objectif noble, au-dessus de toute critique, descendre en dessous des 2 000 personnes tuées sur les routes françaises en 2020.

On notera pourtant que malgré une politique particulièrement répressive sur les routes, la France se situe encore à peine dans la moyenne européenne et même un peu au-dessus en nombre de tués par million d’habitants. Selon les dernières statistiques de la Commission européenne parus en 2015, la moyenne continentale est de 51 alors que la France affiche un taux de 53, loin derrière les Pays-Bas ou le Royaume-Uni (28), derrière l’Espagne (36) qui comptait pourtant plus de tués que nous en 2000 et même derrière l’Allemagne (42) où l’on roule plutôt plus vite qu’en France. Que des pays qui, comme nous, utilisent le système du permis à points mais n’ont pas multipliés les radars fixes dans les mêmes proportions.

Ces résultats médiocres au sens propre n’empêchent pas le gouvernement français de promouvoir sa politique auprès de nos partenaires. On l’a vu, la 22e proposition du Comité interministériel de la sécurité routière qui vise à restaurer l’égalité de traitement entre conducteurs français et étrangers a entre autre pour but de fortement promouvoir au plan européen «  l’adoption d’une législation permettant la reconnaissance mutuelle entre États membres du retrait des points et des permis de conduire.  » Pourquoi pas, mais on pourrait penser que si le but est de faire baisser la mortalité sur les routes, ce serait surtout à nous de prendre exemple sur nos voisins les plus efficaces, non ?

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