Publié le 25 octobre 2007 | par Rédaction

l’essentiel en 5 points :
– La durée moyenne des locations est en diminution. Vous renouvelez plus régulièrement vos véhicules utilitaires.
– Les équipements standards améliorent la valeur résiduelle des VUL et vous permettent de négocier au mieux les loyers.
– Les frais de restitution sont généralement moins élevés sur les VU que sur les VP.
– Il est fondamental que vous répertoriez bien vos besoins réels pour ne pas payer pour des services inutiles.
– La taille du loueur devrait, de préférence, être proportionnelle à celle de votre entreprise. Au minimum, vous devez avoir un interlocuteur privilégié et constant.

Comme nous le constations dans un dossier précédent sur la location longue durée, si elle a conquis les grandes entreprises, elle n’est pas entrée dans les moeurs des PME et encore moins dans celles des TPE.

Toutefois, les loueurs ne cessent de le répéter, c’est dans ces sociétés que sont les perspectives d’avenir et les intérêts réels de la formule en termes de service commencent à vous séduire. Ce mois-ci, nous allons nous pencher sur la location d’un produit particulier, le véhicule utilitaire.

En chiffres
Sur l’ensemble du marché, un peu moins d’un véhicule sur cinq est un utilitaire. Assez logiquement, la grande majorité des VUL sont vendus aux sociétés et aux administrations, même si le pourcentage de véhicules utilitaires acheté par les particuliers n’est pas négligeable et représente près de 15% des immatriculations.

Parallèlement, tous véhicules confondus, la LLD représente depuis quelques années environ 6% des immatriculations en France. Selon la même logique, comme les loueurs s’adressent plus aux entreprises qu’aux particuliers, le pourcentage de location de VUL est un peu plus important avec près de 8%.

Si l’on veut être plus précis et chercher à connaître le pourcentage de véhicules utilitaires loués par rapport à l’ensemble des locations, on s’aperçoit que les chiffres bruts ne suffisent pas à représenter une réalité contrastée.

Chez un spécialiste de la location de VUL comme Fraikin, le segment représente l’immense majorité des locations, alors que chez le loueur longue durée ALD les utilitaires représentent 45% des locations et seulement 30% chez le loueur longue durée Parcours.

Si les flottes sont de nature aussi distinctes, c’est bien sûr parce que les histoires des loueurs sont différentes et leurs cibles diverses, mais aussi parce que la définition même de ce qu’est un VUL est un peu floue.

On peut considérer que la gamme commence avec les petits “ludospaces” VU comme le Kangoo de Renault, le Partner de Peugeot ou le Berlingo de Citroën, ou bien, pour des raisons fiscales qu’elle débute avec les véhicules “commerciaux” dérivés de voitures particulières.

Ces dernières représentent la majorité des locations d’“utilitaires” chez Parcours, dont ce n’est clairement pas la spécialité, alors qu’à l’autre bout du spectre, Fraikin, qui s’est fait connaître en louant des camions et des utilitaires, loue toujours majoritairement des “gros” VUL de 3,5 t.

Les seuls chiffres qui semblent être assez comparables chez tous les loueurs concernent finalement la durée moyenne des locations, avec des fourchettes de 36 à 48 mois pour un kilométrage de 90 à 120.000 kilomètres, un peu plus pour les gros utilitaires. Pour des questions de coûts, les très gros rouleurs, dont les compteurs affichent plus de 80.000 km par an, s’orientent plutôt vers le crédit-bail.

Selon Jean-Loup Savigny , directeur commercial chez Arval France, les durées de location sont plutôt en diminution et les renouvellements plus fréquents : “Aujourd’hui, on ne change plus de véhicule parce qu’il est en fin de vie, mais pour bénéficier de nouveaux équipements ou pour le remplacer par un véhicule plus récent et donc moins gourmand : le prix de revient kilométrique évoluant vite.”

L’équipement

Les modalités d’installation et leurs types changent là encore fortement d’un loueur à l’autre. Chez Parcours, les VU équipés sont marginaux dans le parc, ils ne représentent que 5% de la flotte chez ALD, à peine 10% chez UCA Lease et Citroën Partenaire Entreprises, 15% chez Volkswagen mais 30% chez Arval et 40% chez Athlon.

Globalement, le marché des VUL aménagés est très porteur. Dans la plupart des cas, l’installation protège le véhicule et améliore sa valeur résiduelle. Ce qui est très important, puisque la valeur résiduelle conditionne largement le montant des loyers financiers pendant toute la durée de la location.

Chez certains loueurs, les aménagements sont réalisés par le locataire. C’est le cas chez Nissan, par exemple, mais dans la plupart des cas le bailleur s’occupe, soit de sous-traiter chez un installateur agréé, soit réalise lui-même les aménagements et livre le véhicule équipé. La différence n’est pas neutre, dans la mesure où en faisant réaliser les aménagements par le loueur vous pouvez intégrer l’installation dans votre financement.

En LLD, il s’agit généralement d’installations standards. La grande majorité des véhicules aménagés par ALD, par exemple, sont de deux types : les véhicules atelier avec des équipements en bois et l’équipement pour le Transport de Personnes à Mobilité Réduite (TPMR).

Deux types d’installation qui vont par excellence valoriser le véhicule et donc théoriquement vous permettre de négocier le loyer. Le prix d’un équipement très spécifique sera plus faiblement valorisé par le loueur, puisque la valeur de revente à l’issue de la location sera plus faible. Ces aménagements particuliers conduisent d’ailleurs plutôt les clients à choisir la LOA pour pouvoir éventuellement conserver le véhicule en fin de contrat.

Les services

Le premier service d’un loueur doit être celui du conseil. Il doit vous aider à cerner vos besoins. Mais pour les VUL comme pour les VP, ce sont généralement les services ultérieurs qui attirent les clients vers la LLD.

Dans le cas des véhicules utilitaires, et surtout dans des PME et des TPE pour lesquels le véhicule est directement lié à l’exploitation de l’entreprise, c’est d’autant plus vrai. Selon Eric Trelet , directeur commercial chez ALD, “la LLD se démocratise et les PME considèrent de plus en plus les véhicules comme des biens d’utilisation et externalisent plus facilement les services.”

Et, en effet, tous les chefs d’entreprise que nous rencontrons nous le répètent : leur préoccupation, c’est la mobilité réelle de leurs véhicules.

Ce qui tombe bien, l’assurance de mobilité, c’est exactement ce que vend la LLD. On ne sera donc pas surpris de constater que pratiquement tous les locataires choisissent une prestation entretien et qu’ils sont nombreux à opter pour le “full service” comprenant généralement au moins l’assistance et le renouvellement des pneumatiques.

Vous pouvez, selon les cas, ajouter à ces services les cartes carburant, le véhicule de remplacement, l’extension de garantie, l’assurance perte financière et même l’information fiscale chez Citroën Partenaire Entreprises.

Qu’en est-il réellement de cette mobilité promise ? Dans tous les cas, la LLD vous assure l’utilisation d’un véhicule récent, ce qui est une garantie de fiabilité en soi.

Mais en cas de problème, la réactivité ne peut, de toute évidence, pas être la même dans les très grands groupes et chez les concurrents plus petits. À la différence de la plupart des ses concurrents, Parcours garantit, par exemple, au moins douze heures par jour une réponse directe et donc une assistance de meilleure qualité.

En cas de panne ou d’accident Fraikin envoie, soit un camion atelier pour réparer immédiatement, soit un véhicule de remplacement de même gamme. Bien entendu, ces services se paient !

Les loueurs peuvent aussi vous proposer d’inclure l’assurance dans leurs prestations en mettant en avant leur expérience dans la gestion des sinistres. Eric Trelet constate d’ailleurs que “ce qui était habituel en Europe mais qui arrive maintenant en France, c’est que la demande d’assurance devient quasi automatique.” Mais ce qui est vrai pour les grands comptes ne l’est pas pour les PME et les TPE qui restent, elles, généralement fidèles à leurs assureurs.

La restitution

Dans la mesure où l’entretien et les pneus sont pratiquement toujours dans le contrat, les frais de remise en état ne concernent le plus souvent que la carrosserie.

Il est une fois de plus difficile de faire des généralités, mais l’on constate quand même que les frais de restitution sont paradoxalement moindres sur les VU que sur les VP. D’une part, la revente est plus facile : le marché semble loin d’être saturé et les clients sont sûrement moins regardants sur l’esthétique d’un utilitaire en deuxième main que sur celle d’une voiture d’occasion.

D’autre part, comme on l’a vu, les VU sont souvent équipés et les installations tendent à protéger le véhicule lui-même. En outre, beaucoup de sociétés se soucient de l’apparence de leurs véhicules qui contribuent à leur image de marque dans les rues. Les conducteurs sont donc tenus de faire particulièrement attention à la carrosserie, ce qui permet, au passage, des économies non négligeables à leur entreprise.

Car, pour certains artisans, les professionnels du BTP, ou ceux de la course urbaine comme Top Chrono, qui risquent plus que d’autres de froisser de la tôle, les frais de restitution peuvent être une mauvaise surprise. Les prix exceptionnels de certains contrats ne s’expliquent ainsi parfois qu’au moment de la restitution…

En supprimant les frais de remise en état, Fraikin fait encore exception à la règle. Le secret ? Leurs véhicules reviennent régulièrement dans les ateliers pour l’entretien et le loyer est réévalué au fur et à mesure. Chez un autre loueur longue durée “format PME”, Walther Spanghero, on joue la carte de la tolérance : l’entreprise propose ainsi une franchise kilométrique de 5000 km “offerts” dans les limites desquelles les kilomètres supplémentaires ne sont pas facturés.

La tolérance du loueur se porte aussi sur la durée, avec la possibilité, pour le locataire, d’une restitution anticipée du véhicule sans pénalité dans la limite d’un mois par année de location : pour un contrat de 24 mois, par exemple, le locataire peut rendre son véhicule dès le 22e mois sans sanction financière.

Conclusion

Pour les véhicules utilitaires plus encore que pour les VP, la location longue durée peut être une solution pour votre entreprise, à la fois en termes de financement et en termes de service.

Vos besoins seront très différents en fonction de la taille de votre entreprise et en tout cas du nombre de véhicules que nécessite votre activité. Si vous possédez presque une flotte, vous rechercherez peut-être prioritairement un produit financier très compétitif.

Les problèmes de service peuvent apparaître dans ce cas comme des questions relativement secondaires, le nombre même de vos véhicules rendant mathématiquement moins importante l’immobilisation d’un véhicule de temps en temps.

Vous serez alors sans doute tenté de négocier les prix les plus concurrentiels avec les gros loueurs, et pourrez pratiquement dédier un poste à la gestion du parc… et du loueur ! Si, en revanche, vous ne gérez que quelques véhicules, le moindre problème a toutes les chances d’avoir des conséquences immédiates sur votre activité.

Vous allez alors devoir partir à la recherche d’un loueur plus réactif, sans doute de plus petite taille, dont la valeur ajoutée est le service. Quelqu’un au fond qui a les mêmes problèmes que vous et avec qui le dialogue sera plus facile. Encore vous faudra-t-il en trouver un qui propose des services adaptés à vos besoins spécifiques.

Car, toute la difficulté est de trouver un loueur et surtout un contrat qui vous corresponde parfaitement. Vous n’avez sans doute pas besoin de tous les services et il n’y a aucune raison de payer pour une prestation inutile. Les options de renouvellement des pneumatiques, par exemple, ne sont très profitables que si vos véhiculent roulent chargés, sinon l’investissement est probablement douteux.

Enfin, les loueurs ont leurs personnalités et leurs spécialités. Si vous avez essentiellement besoin de VP et d’un seul VU, allez plutôt chez un loueur classique que chez un loueur spécialisé VUL. Mais si, inversement, vous avez surtout besoin de VU et d’un complément en VP, faites l’inverse.

Globalement, soyez attentifs aux offres qui vont fatalement vous être adressées. Les loueurs sont conscients que vos PME et vos TPE sont leurs relais de croissance. Tous cherchent à s’adapter à vos besoins.

Guillaume roul

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