Publié le 28 janvier 2015 | par Antoine de Viveiros

Lexus débarque enfin sur le segment porteur des SUV compacts prémium. Pour s’imposer, la marque nipponne mise sur sa technologie « full hybride », un style dynamique et des tarifs ajustés. Est-ce suffisant pour convaincre les entreprises ?

On se souvient du Lexus RX 400h apparu en 2005, pionnier en matière de SUV hybride avec une puissance cumulée essence/électrique de 272 ch. Doué d’excellentes performances par rapport à sa consommation de carburant, il marquera les esprits ainsi qu’un franc succès commercial. Moins spectaculaire, son successeur RX 450h (4,77 mètres de long) est toujours disponible au catalogue. Pour élargir l’offre en matière de SUV hybride, technologie chère à la marque, le petit frère NX 300h (4,63 mètres de long) s’attaque directement aux Audi Q5, BMW X3, Mercedes GLK et Volvo XC60. Sachant que l’unique concurrent essence/électrique de la catégorie demeure le Q5 hybrid (60 500 €), le NX 300h se distingue d’emblée par un tarif nettement plus agressif (à partir de 39 590 €).

Lexus_NX_01_coffre.jpg

Lexus prévoit d’écouler 1 800 exemplaires en France en 2015, soit 45 % de ses ventes annuelles. Cédric Danière, Directeur de Lexus France, indique que : « Les entreprises représentent 44 % des acheteurs du marché premium et des SUV. La technologie hybride permet en outre la gratuité de la carte grise et une TVS réduite, ce qui porte l’avantage total à près de 6 700 € sur trois ans, soit 186 € par mois. » Nous relativiserons ces chiffres en précisant que le NX 300h fonctionne au sans plomb, un carburant non assujettis à la récupération de la TVA.

Profilé, mais pratique !

L’esthétique jouant un rôle déterminent dans l’achat d’un véhicule, les designers Lexus s’en sont donnés à cœur joie avec une silhouette affutée, des flancs travaillés et une calandre agressive soulignée de feux à LED en forme de virgule. On retrouve ce même dynamisme dans l’habitacle avec une planche de bord à la fois anguleuse et épurée. L’association de différents matériaux tels que le cuir et les plastiques moussés offre une belle qualité perçue. Plus dans le détail, on remarque que les parties basses et certaines commandes moins fignolées ne lui permettent pas d’atteindre le niveau de finition d’un Audi Q5.

L’ergonomie est également entachée par un nombre de boutons trop important et maîtriser toutes les fonctionnalités de ce Lexus réclame un petit temps d’adaptation. Si l’on pouvait craindre une habitabilité sacrifiée sur l’autel du design, il n’en est rien : même les grands gabarits trouveront leurs aises à l’avant comme à l’arrière. Son empattement généreux (2,66 mètres) autorise également un espace aux genoux satisfaisant. Quant au volume du coffre, il se paye le luxe de supplanter la catégorie avec 555 litres (430 litres avec le plancher de coffre). Les batteries logées sous la banquette arrière et l’absence de roue de secours maximisent en effet l’espace de chargement. Dommage que le seuil soit aussi haut !

Deux… ou trois moteurs

Techniquement, le NX 300h reprend la technologie hybride essence/électrique observée sur la berline IS 300h. Sauf qu’ici, deux types transissions sont proposés : traction avant ou intégrale « E-Four » moyennant 1 300 € de plus. En version traction, le moteur électrique de 143 ch permet d’emmener le véhicule jusqu’à 30 km/h pendant 2 à 3 km et de recharger les batteries. Le moteur thermique atmosphérique de 2,5 litres de cylindrée et fort de 155 ch prend le relais lors des accélérations franches ou lorsque la batterie est déchargée. En quatre roues motrices, on trouve un deuxième moteur électrique, d’une puissance de 68 ch, placé sur l’essieu arrière ayant pour but d’améliorer la motricité en cas de patinage des roues avant.

Lexus_NX_01_lateral.jpg

Notez que cette source de couple supplémentaire n’augmente pas la puissance totale cumulée (le NX développe toujours 197 ch) puisque l’énergie provenant des batteries est partiellement redistribuée vers le moteur arrière. La puissance maximale, initialement prévue pour l’essieu avant, transite par l’intermédiaire d’une boîte à variation continue CVT. Le bilan énergétique annoncé est intéressant avec une consommation moyenne de 5 à 5,4 l/100 km et 116 à 123 g/km de CO2 en fonction des jantes (17 ou 18 pouces) et de la transmission choisies.

Le ramage vaut-il le plumage ?

La conduite de ce Lexus NX 300h distille des sensations assez contradictoires. Typique des véhicules hybrides, le silence de cathédrale au démarrage et pendant les premiers tours de roues apporte pleinement satisfaction. Accélérations progressives, insonorisation soignée et sellerie confortable garantissent un bien-être cohérent. Mais lorsqu’il s’agit de hausser le rythme, le NX laisse quelque peu perplexe. Les dépassements tournent même à la punition : le moteur thermique se met à hurler de façon constante au régime maximal avec la désagréable sensation de « mouliner ». En effet, le glissement généré par la boîte CVT permet de limiter la charge du moteur thermique au profit de la recharge du moteur électrique. Problème : la consommation grimpe (plus de 9 l/100 km) et les performances se révèlent décevantes au regard du rapport poids/puissance (9,2 s au 0 à 100 km/h).

Lexus_NX_01_places_avant.jpg

A titre de comparaison, un X3 20d de 190 ch abat le 0 à 100 km/h en 8,1 s. Le NX n’apprécie guère d’être mené à la cravache, et le fait savoir : la relative fermeté des l’amortissement, même avec la suspension variable adaptative AVS (en finition F Sport et jantes de 18 pouces, à éviter), peine à contenir les mouvements de caisses sur les routes dégradées et le contrôle de stabilité freine le NX au moindre sous virage. Il est vrai que son poids élevé (1 785 kg) et son centre de gravité surélevé ne l’aident pas dans cette tâche. Dommage car la direction offre à la fois précision et consistance dans le guidage. Même sans le considérer comme sportif, sa fibre écologique semble prendre le pas sur le dynamisme. Son rapport performance/consommation n’est finalement appréciable qu’à condition d’adopter une conduite coulée.

Rapport prix/équipement avantageux

Sur les sept niveaux de finitions disponibles, deux sont destinées aux entreprises : le NX « Business » s’apparente au modèle de base avec le GPS (40 590 €) et offre déjà un écran central multifonction de 8’’ avec caméra de recul, ou encore la climatisation automatique. Le « Pack Business » à 43 590 € intègre en plus le chargeur sans fil pour smartphone, la sellerie simili cuir, les sièges avant chauffants, la banquette arrière électrique…

Une dotation très complète qui lui permet incontestablement de jouer les trouble-fêtes dans le segment des SUV premiums.


En chiffres…
Lexus NX 300h 2WD

Moteur thermique : 4 cylindres essence
Cylindrée : 2 494 cm3
Puissance : 155 ch à 5 700 tr/mn
Couple : 210 Nm à 4 200 tr/mn
Moteur électrique avant : 143 ch
Puissance totale : 197 ch
Vitesse maxi : 180 km/h
Accélérations : 0 à 100 km/h en 9,2 s.
Consommation mixte : 5,0 l/100 km
Emissions de CO2 : 116 g/km
TVS : 464 euros
Prix : à partir de 39 590 euros

Boris Ilic, Responsable des Ventes Sociétés d’Audi France : “Accompagner et fidéliser pour progresser”. Challenger émérite sur le segment Premium, Audi apporte sa pierre à la reconstruction très écologique du paysage…

Lire la suite
edito

Le covid 19 depuis plus de 2 ans, la crise des composants et semi-conducteurs, le conflit Russo/Ukrainien, le déficit d’approvisionnement gazier, pétrolier, et électrique, l’envolée des couts de ces énergies et matière …

Lire la suite
Les articles les plus lus

Toyota C-HR Hybride Business : Un crossover hybride

Parce que le segment du crossover est désormais incontournable dans la compétition commerciale, To...

Renault Kangoo Maxi : Le Kangoo dopé aux anabolisants

Après le Kangoo « normal » et la version Compact dédiée aux professionnels des villes, Renault ...

Augmentation de salaire vs voiture de fonction ?

Si l'automobile n'a plus le même pouvoir de séduction, la voiture de fonction conserve ses droits ...

Législation : ZFE-m : 33 supplémentaires en 2024 ?

La loi “Climat et Résilience” prévoit d’étendre les Zones à Faibles Émissions mobilité (...

« Il faut apprendre à lire et résister au politiquement correct » (Elisabeth Badinter)

En une phrase simple, madame Badinter aura résumé ce qui doit nous guider dans nos métiers. Lire ...