Publié le 10 mars 2008 | par Louis DAUBIN

Vous appréciez l’expérience avec la compétence qui en découle. Vous aimez que vos collaborateurs soient performants et fassent preuve d’une capacité d’adaptation et d’évolution constante. Vous êtes fidèle et appréciez qu’on le soit. Vous savourez l’élégance, mais n’appréciez pas l’ostentation. Vous voulez rester un homme libre, même et surtout sur la route. Alors, il est possible que vous soyez l’homme d’une Porsche 911.

Une Idée du chemin parcouru

La 911 a dépassé les quarante ans. À cet âge, dans l’automobile, pour être encore en fabrication, il faut soit être la voiture de production d’une dictature socialiste, ou bien faire l’objet d’une telle évolution constante que les clients qui l’achètent associent toujours votre automobile au futur plus encore qu’au passé.

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Il y a, il est vrai, peu de rapport entre la première 911 et la Carrera 4S d’aujourd’hui. La 911 à l’essai appartient à la sixième génération de cette voiture maintenant connue sous ce nom générique par tous.

En presque une moitié de siècle, la 911 est passée en vitesse de 200 à plus de 300 km/h.

Si vous vouliez comparer au train, comparez les performances des motrices “BB” des trains de nuit de notre enfance, avec le TGV. Ou bien encore les performances d’une Renault Dauphine avec celle d’une Renault Laguna 3.

Vous aurez ainsi une idée du chemin parcouru par la Porsche 911 pour être aujourd’hui la sportive de référence d’un grand nombre d’amateurs sur la planète.

Je me souviens des papiers d’André Costa sur la 911 dans L’Auto journal au milieu des années 60. J’avais cinq ans et je dévorais sa prose de la première à la dernière ligne. J’en ai acquis une certaine méfiance envers la 911 pour son comportement routier mâtiné d’un respect pour la qualité du moteur et un amusement narquois pour les choix techniques “absurdes” du Docteur Porsche.

Cela me laissait à penser que la DS 21 de mon père aurait eu tôt fait de proprement déposer une 911 sur une départementale de nuit sous la pluie. Je le crois encore.

se dépasser, la seule course qui ne s’arrête jamais…

Aujourd’hui, je ne lancerai pas le défi depuis le volant de la Citroën C6 à une 911 Carrera 4S. C’est là que se trouve le fossé avec le reste de la production automobile. En quarante ans, il est devenu abîme ! Et l’idée même de cette proposition paraîtrait grotesque.

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Porsche a travaillé, constamment, continuellement, à améliorer ce qui faisait les défauts de cette voiture pour les effacer, comme à développer plus encore ses belles qualités originelles.

Nous voilà donc en présence non pas d’un aboutissement, mais d’un véhicule qui incarne ce que vous réalisez en tant que chef d’entreprise : l’effort constant vers l’amélioration de la performance.
“Se dépasser, la seule course qui ne s’arrête jamais”, telle était la légende des publicités de la marque il y a longtemps.

Allons maintenant voir s’il faut se dépasser pour conduire une 911.
Première évidence, il est difficile de savoir, pour le néophyte, si notre Porsche est une année modèle 2008, 2007 ou 2006 ou même d’avant. Un rétroviseur modifié, un léger et imperceptible remodelage de la face avant, des ailes arrière un peu plus gonflées ? On s’y perd et tant mieux.

La 911 évolue en profondeur, loin du côté “Bling, Bling” de la seule apparence qu’elle sait faire évoluer intelligemment au rythme du progrès technique.

Notre voiture couleur gris métal, avec un intérieur cuir noir, possède une “bouille” très repérable dans la circulation. Même si, en France, 60% des Porsche venduent en 2007 sont des 911, elles ne sont pas si nombreuses sur la route.

Cela vous offre deux possibilités de comportement social à son volant : le plaisir partagé en gardant le sourire et en n’hésitant pas à le faire partager avec ses collaborateurs comme avec les curieux, ou, faire la tête en s’enfermant derrière des vitres teintées noires pour s’isoler dans son univers.

Le plaisir paraît plus approprié à la 911. La position de conduite est excellente et, à notre grande surprise, le confort de roulement est tout bonnement stupéfiant.

On vit à bord facilement pour autant que l’on occupe les places avant de ce coupé. Que ce soit dans les embouteillages parisiens ou sur départementales bosselées, la voiture nous a transportés agréablement et efficacement pour nos dos exigeants. La finition est remarquable, tout comme la liste des options. Cela vous laisse au moins le choix de composer votre voiture à volonté.

la puissance à la carte

Le moteur est un 6 cylindres de 3824 cm3 dorénavant refroidi par eau, et développant la puissance de 355 ch din à 6600 tr/mn avec un couple maxi de 400 NM.

Face à un poids très bien contenu de 1475 kg et un Cx remarquable de 0,29, on obtient de cette vraie voiture de sport une vitesse de pointe de 288 km/h avec un 0 à 100 en 4,8 s. Ces performances sont obtenues avec une consommation très raisonnable de l’ordre de 13/14 litres au 100 de moyenne au cours de l’essai. Si cette puissance vous semblait insuffisante, il vous reste l’option “kit moteur” proposant 381 ch et 296 km/h avant de passer à la 911 Turbo.

Nous avons pu apprécier la boîte mécanique 6 rapports. Parfaitement étagée, elle permet une exploitation et une jouissance optimale du moteur et semble plus logique qu’une boîte automatique “Tiptronic S” qu’on laissera aux simples contemplateurs de la fiche de performance de la 911.

À l’usage, comme nous l’avons vérifié au cours des 1500 kilomètres d’essai, la 911 Carrera 4S est une voiture facile à prendre en main et à conduire jusqu’à des vitesses élevées. Rapidement, on s’habitue à la franche poussée linéaire de la mécanique.

Le moteur ne s’essoufle pas, il enchaîne les rapports avec bonheur en produisant une musique rauque et mélodique, mais moins chantante que celle d’une Maserati ou d’une Ferrari.

La 911 Carrera 4S est une sportive allemande, sérieuse dans l’exercice du plaisir de conduire. Sérieuse et diablement efficace dans son comportement grâce à ses quatre roues motices.

La transmission intégrale est un plus évident pour qui n’est pas un spécialiste du contre-braquage en sortie de courbe humide sur route ouverte. Cela dit, au-delà d’une certaine vitesse, que nous qualifierons pudiquement de vitesse certaine, la 911 Carrera 4S réclamera une attention soutenue de son conducteur.

Les lois de la physique sont là, et la tendance étonnante au sous-virage de cette auto dans les longs appuis à proximité de la vitesse maximale nous a laissés quelques souvenirs. Ainsi que le délestage sensible du train avant et de la direction au cours de certains parcours routiers effectués à vive allure.

Tout cela reste parfaitement contrôlable, mais on n’emmène pas une 911 à fond, fusse-t-elle à transmission intégrale, sans un peu d’expérience de cette auto que nous n’avions peut-être pas encore.

Peu de clients français seront concernés par l’exploitation maximum des performances. Ces rares amateurs pourront compter sur un freinage puissant et particulièrement endurant.

Par ailleurs, Porsche a tout prévu avec les Porsche clubs, Driving experience et Driving School. Et quid de la maréchaussée ? Elle nous a regardés passer devant ses radars aux vitesses légales en nous ignorant. Normal, il est rare qu’un propriétaire de véhicule de ce type se livre à des facéties routières. Quant à la marge de sécurité passive et active de cette voiture à 90 et 130 km/h, elle est tout simplement “kolossale” !

une telle technologie protège

“Qui peut le plus peut le moins”. La 911 Carrera 4S illustre à la perfection ce propos. Peut-on l’utiliser dans un cadre professionnel ? Oui, absolument. Elle offre le meilleur des passeports vers vos clients, collaborateurs et prospects si vous savez partager votre plaisir et soulever l’évidence qu’une vraie (voiture) professionnelle, c’est quand même ce qu’il y a de mieux.

LOUIS DAUBIN

En chiffres
VERSION 911 Carrera 4S
PUISSANCE 355 ch à 6600 tr/min
POIDS A VIDE 1475 kg
V.MAX 288 km/h
CONSO NORM 17,5/8,5/11,8 euromix
CONSO ESSAI 14 l
EMISSIONS CO2 285 g
TVS (en euros) 5415
modèle essayé avec ses options
PRIX TTC (en euros) 112.000

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