Publié le 18 octobre 2010 | par Rédaction

Issue du Meccano General Motors Europe, moteurs, plate-forme, suspensions, la nouvelle Saab 9-5 marque pourtant un tournant. Dotée d’une véritable identité stylistique, elle entend replacer la marque sur le marché du haut de gamme. Et avec une TVS à 700 euros par an.

Alors que l’on pouvait craindre que la Saab 9-5 ne soit qu’une simple Opel rhabillée, le nouveau haut de gamme de la marque de Trollhattan apporte plus que cette caricature moqueuse.

Cette nouvelle 9-5 repose largement sur l’architecture et les composants, moteurs, boîtes, suspension de l’Opel Insignia. Celle-ci est d’ailleurs l’Opel la plus réussie de ces dernières années, ce qui a facilité la tâche des ingénieurs de Saab Automobile. Ils se sont concentrés sur le développement d’une voiture la plus conforme possible à l’esprit Saab et le résultat est plutôt séduisant ; C’est d’ailleurs au moment même où General Motors se sépare de Saab qu’arrive sur le marché la meilleure Saab de ces vingt dernières années !

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Dans le domaine du style tout d’abord, la 9-5 frappe par son élégance. Ses montants avant noirs se fondent entre le pare-brise et les vitres latérales pour donner l’impression que le toit flotte au dessus de l’habitacle. Le profil arrière arrondi évoque les premières 900. L’ensemble masque élégamment des proportions solides, avec plus de 5 mètres de long, 1,86 mètre de large et 1,45 mètre de haut. Le style est plutôt réussi et c’est d’ailleurs le domaine de liberté le plus important que GM avait laissé à Saab ces dernières années.

Et cela n’avait guère coûté d’argent à GM : les montants à investir dans le domaine du design sont généralement faibles et une belle voiture se vend toujours plus aisément. Cette nouvelle 9-5 est donc une voiture à moteur transversal à traction avant pour ses versions d’entrée de gamme avec des déclinaisons quatre roues motrices en haut de gamme.

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Bien évidemment, les modèles à moteur diesel auront la préférence des entreprises. Au lancement, le seul diesel disponible est un quatre cylindres 2 litres 160 ch. Il sera épaulé au cours du millésime 2011 par une exécution 190 ch, disponible en deux et quatre roues motrices. Les boîtes automatiques ne seront disponibles qu’au cours de l’année-modèle 2012 avec le 190 ch uniquement.

6 vitesses pour l’autoroute

En attendant ces bonheurs futurs, nous avons mis la mais sur un diesel 160 ch avec une boîte manuelle six vitesses. Ce moteur souple, 350 Nm, s’accommode assez bien de la masse de cette grande voiture. La longueur du sixième rapport de la boîte, près de 1.700 tr/mn à 100 km/h, prédispose naturellement la voiture aux routes dégagées et aux autoroutes.

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Les routes plus sinueuses mettront en évidence un léger trou dans l’étagement de boîte entre la quatrième et la cinquième. Rien de dramatique, d’autant que le maniement de la boîte et de l’embrayage n’appellent aucune critique. Côté tenue de route, la direction s’avère suffisamment précise avec pourtant un flou, à peine perceptible, aux alentours du point milieu.

Rien d’alarmant pour la tenue de cap, excellente, qui bénéficie en plus du généreux empattement de 2,83 m. Ce dernier apporte également une grande stabilité de la voiture dans les enchaînements sinueux. La 9-5 y est neutre avec un léger sous-virage qui alerte le conducteur avant que le contrôle de stabilité ne sanctionne définitivement ces excès d’optimisme.

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Point fort traditionnel de Saab, le confort et la quiétude de marche sont au rendez-vous. Les vibrations du moteur sont bien filtrées. Peu de bruits aérodynamiques, une bonne filtration et une voiture qui « respire » sur ses suspensions en sont les clés. Les irrégularités de la route sont aisément effacées et bien gommées par des pneumatiques de taille acceptable, des Michelin Primacy HP en 225/55 sur des jantes de 17 pouces. L’on dispose là d’un bon compromis, loin des outrances en 18 ou en 19 pouces dont raffolent les constructeurs allemands. Et si ces Michelin font honneur à leur réputation de longévité, le choix s’avèrera excellent.

La 9-5 puise également dans son grand empattement une excellente habitabilité arrière. En largeur, trois personnes y trouveront leur place pour de courts trajets. Visuellement, les versions essayées début juin en Suède étaient uniformément dotées d’un habitacle noir peu chaleureux. Certains plastiques noirs, sur la console centrale notamment, sont de qualité moyenne.

Un moteur, deux finitions

La nouvelle 9-5 fera donc aisément oublier sa devancière conçue au milieu des années 90. En usage routier très calme, nous avons relevé une consommation de 5,3 l/100 à 73 km/h de moyenne. Autant dire que la moyenne courante du conducteur français ne devrait pas dépasser les 6,5 l/100km.

En ce qui concerne les niveaux d’équipement, la 9-5 2.0 TiD 160 ch est disponible en exécutions Linear et Vector. Pour 37.900 euros, la première nommée comprend déjà presque l’essentiel : l’ESP, la climatisation automatique bizone, le système audio CD avec neuf haut parleurs et les radars d’aide au parking avant et arrière.

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Il manque tout de même les commandes au volant, les rétroviseurs rabattables électriquement et le régulateur de vitesse, livrés en série sur la finition Vector ainsi que des sièges, confortables, en cuir. Il faudra donc ajouter 5.000 euros pour disposer d’une vraie grande routière suédoise. L’on s’accommodera de cette petite rallonge côté budget car la 9-5 sera économe en TVS en se situant juste sur la limite des 140 g, soit 700 euros par an.

Cette nouvelle Saab 9-5 peut elle concurrencer l’Audi A6 qui a servi de cible lors de son développement ? Objectivement oui. Plus confortable, plus habitable, plus exclusive. Mais, une Saab doit susciter une émotion, évoquer un univers différent. Imparfaite sur ce plan, cette 9-5 est néanmoins sur la bonne voie et mérite d’être encouragée.

Bertrand Gay

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