Notre offre d'abonnement
au magazine

Accueil > Articles parus > Rencontre > Stéphane Ficarelli, Directeur Général Délégué IVECO France

Stéphane Ficarelli, Directeur Général Délégué IVECO France

jeudi 30 juin 2011, par Guillaume GENESTE

A la tête d’Iveco France depuis une dizaine d’années, Stéphane Ficarelli dispose de 35 ans d’expérience au sein du groupe italien fabricant des utilitaires et des poids lourds. Témoin des nombreuses mutations ayant affecté le monde du transport et des utilitaires ces dernières années, il porte un regard avisé sur le marché VUL français.


Kilomètres Entreprise : Cela fait dix ans que vous dirigez Iveco France.Quels sont les principaux changements auxquels vous avez assisté ?

Stéphane Ficarelli : Il y a une profonde mutation dans les métiers du transport et de la livraison des marchandises. Nous avons assisté à la montée en puissance de certains clients de plus en plus gros et à la disparition des petits transporteurs. Il se vend environ 42 000 véhicules de plus de 6 tonnes en France, soit dix fois moins que nos voisins européens.Ce sont désormais les plus gros clients qui font le prix de marché en France, le plus bas en Europe pour les tracteurs. La situation est différente sur le marché des utilitaires où même les clients qui achètent des véhicules dans des quantités intéressantes permettent à tout le monde de gagner de l’argent.

K. E. : Justement, quelles sont vos performances sur le marché des utilitaires légers ?

S. F. : D’une façon générale, nous vendons entre 17 000 et 19 000 Daily par an avec des pointes à 20 000 unités.Nous sommes assez peu présents sur le segment des 2,7 tonnes. Notre métier, c’est le 3,5 tonnes, le Daily disposant de solides atouts comme une grande facilité à être carrossé, des roues jumelées et une robustesse largement reconnue.

K. E. : Le Daily est-il apprécié par les PME ?

S. F. : L’Iveco Daily est présent dans les entreprises quelles que soient leurs tailles. Ce modèle est utilisé dans de nombreuses variantes de carrosseries. Là où nous devons encore progresser, c’est sur le segment des fourgons tôlés classiques. Le Daily se vend principalement en châssis-cabine. Nous devons d’ailleurs trouver des solutions pour défendre nos positions face à une concurrence de plus en plus forte. A titre d’exemple, nous travaillons à améliorer le confort et la sécurité du Daily depuis de nombreuses années.

K.E. : Auprès de quels corps de métiers êtes-vous le mieux implanté ?

S. F. : Incontestablement auprès des utilisateurs de véhicules bennes. Nous avons volontairement développé le Daily avec un châssis digne d’un camion pour ce type d’usage. Nous enregistrons aussi de bons résultats auprès des entreprises ayant besoin de véhicules frigorifiques. En fait, toutes les professions devant charger beaucoup sont adeptes du Daily. Sachant que, de ce point de vue, les choses ont grandement changé avec la multiplication des contrôles ambulants des charges des véhicules par

K.E. : Comment appréhendez-vous la décision de la CNAM d’aider financièrement à l’achat de VUL plus sûrs et des aménagements de fourgons ?

S. F. : Il s’agit d’un signal fort que nous devrons d’ailleurs relayer au travers de notre réseau de 40 distributeurs et 270 points d’entretien. Cela aura sans aucun doute un impact positif sur le marché des utilitaires légers et permettra d’améliorer la sécurité de tous ce qui représente un progrès pour tous les usagers de la route. Cela étant, il ne s’agira certainement pas d’un raz-de-marée et nous ne devrions pas enregistrer de fortes accélérations du niveau des ventes compte tenu du volume que nous réalisons sur le marché.

K. E. : Les bruits faisant état d’une future TVS européenne sur les utilitaires s’amplifient. Qu’en pensezvous ?

S. F. : La taxation des émissions de CO2 des véhicules utilitaires légers a un sens. Cela permettra de mettre davantage en valeur les grands efforts consentis par les constructeurs de poids lourds pour améliorer la consommation de carburant et qui ne sont pas suffisamment valorisés.

K. E. : Les entreprises sont-elles sensibles à l’argument environnemental ?

S. F. : De plus en plus d’entreprises s’intéressent à l’aspect environnemental de leur flotte de véhicules, mais la plupart ne sont pas prêtes à payer la technicité associée. Pour assurer le décollage des véhicules « propres », il faut parvenir à mettre le véhicule moins polluant au niveau du prix du modèle équivalent fonctionnant au gazole. Beaucoup d’entreprises se sont déclarées intéressées par notre Daily Electrique mais aucune n’a encore osé franchir le pas en France.

K. E. :Quelle sera, selon vous, le mode de propulsion du futur ?

S. F. : Le gaz naturel dispose de très nombreux atouts qui permettent d’en faire le carburant de demain pour le transport et la livraison. Il ne pollue pas, est très silencieux, dispose d’une autonomie satisfaisante pour tous les corps de métiers et son entretien est connu et maîtrisé. Tous les techniciens du réseau sont d’ailleurs déjà formés pour intervenir sur des véhicules fonctionnant au gaz naturel. Quant à l’électrique, c’est une technologie qui pourra être intéressante dans le futur à condition d’adopter d’autres technologies pour les batteries.

K. E. : Certains concessionnaires Iveco vendent la gamme de VUL Fiat Professionnal et inversement. Quel regard portezvous sur cette expérience ?

S. F. : Actuellement onze de nos concessionnaires disposent du panneau Fiat Professionnal et vendent des VUL de chez nos cousins. Ces points de vente s’avèrent plutôt performants du fait de leur grand professionnalisme. Nous souhaitons naturellement continuer ce partenariat et même développer cette activité. A contrario, un seul distributeur Fiat Professionnal dispose du panneau Iveco et ses performances ne sont pas extraordinaires.

K. E. : Votre réseau d’entretien rapide Daily Service Chrono a-t-il vocation à être multimarque ?

S. F. : Nos distributeurs sont des professionnels de la réparation des utilitaires et des poids lourds. S’ils connaissent parfaitement les modèles Iveco, ils sont parfaitement capables d’assurer l’entretien de modèles d’autres marques. Cela étant, il ne faut pas que le multimarquisme après-vente se substitue aux manques des autres réseaux. Les réparations multimarques nous apportent du chiffre d’affaires mais cela ne doit pas non plus dépanner en permanence mes concurrents.

K. E. : Un nouveau Daily devrait apparaître d’ici la fin de l’année. S’agit-il d’un simple restylage ou d’un modèle qui évolue en profondeur ?

S. F. : Le nouveau Daily devrait effectivement sortir à la fin du second semestre de cette année. Tout en conservant l’esprit du Daily actuel, il bénéficiera de profondes modifications techniques et esthétiques, notamment à l’intérieur de la cabine de conduite. Nous avons aussi travaillé à l’allégement des fourgons de petite taille pour disposer d’un produit plus compétitif face à une concurrence de plus en plus importante sur ce segment de marché.

K.E. : Quel message souhaitez-vous faire passer aux chefs d’entreprise ?

S. F. : L’investissement Iveco est, pour l’entreprise, un investissement sûr, de père de famille. Nos produits sauront répondre à leurs attentes, ne sont pas compliqués à utiliser et dispose d’une revente aisée.

PROPOS RECUEILLIS PAR GUILLAUME GENESTE

Répondre à cet article



Kilomètres Entreprise Contacts | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | Briag.com Briag.com
KILOMETRES ENTREPRISE est édité par la SARL de presse KMS édition 33, avenue du Général Leclerc 75014 Paris - Tél. + 33 1 40 64 11 30 - Fax + 33 1 40 64 15 80